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Christoblog

Articles avec #peter greenaway

Que viva Eisenstein !

Le cinéma de Peter Greenaway a atteint un tel degré de sophistication qu'il devient inadéquat d'en parler comme d'un simple film.

Il faudrait plutôt évoquer une expérience visuelle, sensorielle et intellectuelle.

Un exemple : le film est construit comme un club sandwich. Le premier plan est une portière qui claque, le dernier aussi, le deuxième plan montre des mouches, l'avant-dernier aussi, etc. Pile au centre de ce palindrome propre à rendre le monteur du film complètement fou, figure une scène emblématique, dans laquelle l'amant de Eisentein enfonce dans l'anus de ce dernier un drapeau bolchévique.

Voilà à quoi ressemble ce qu'on ne peut plus appeler vraiment un film.

Si je n'ai plus suivi Greenaway dans ces dernières élucubrations, Que viva Eisenstein ! a réussi à capter mon attention par deux aspects.

D'abord le film offre un éclairage documentaire passionnant sur la personnalité et les voyages du réalisateur russe. Son passage aux Etats-Unis, ses rencontres diverses (avec Chaplin par exemple), forme un arrière-plan saisissant.

Le deuxième intérêt du film réside dans l'histoire d'amour d'Eisenstein avec son amant mexicain, et sa découverte d'une sexualité longtemps refoulée. Greenaway trouve ici une façon de capter la tendresse et la sensualité qui n'est pas si courante chez lui.

Pour apprécier ces points il faut cependant que le spectateur accepte les innombrables tics formels du réalisateur : montage épileptique, travellings circulaires qui donnent le tournis, split screen syncopé.

Un film excité du bocal.

Peter greenaway sur Christoblog : Goltzius et la compagnie du pélican (**)

 

2e 

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Goltzius et la compagnie du pélican

Peter Greenaway semble suivre le chemin inverse de celui de Steve McQueen (Hunger, Shame, 12 years a slave) : alors que ce dernier glisse progressivement de l'art contemporain vers le cinéma mainstream, son compatriote produit des oeuvres de plus en plus conceptuelles.

Ayant vu Goltzius il y a plusieurs mois au Festival Paris Cinéma, avec l'ami mymp, je dois avouer qu'il ne me reste presque aucun souvenir du scénario du film. La lecture du pitch ne m'éveille que de vagues réminiscences : un graveur d'oeuvres érotiques qui propose au Margrave d'Alsace* de financer ses travaux, moyennant des reconstitutions de scènes licencieuses tirées de la Bible.

Plus persistantes sont dans mon esprit les sensations purement visuelles que m'a laissé le film : des surimpressions d'écriture sur les visages, une caméra qui tournoie à l'infini autour de compositions formelles très bien éclairées, quelques scènes sidérantes de beauté (des cages suspendues), un décor étrange constitué d'éléments d'époque filmés dans un entrepôt moderne.

Le film pourrait aussi bien se déguster dans une biennale d'art contemporain, par petits extraits, que dans une salle de cinéma, dans laquelle ces deux heures de fantasmes costumés épuisent un peu.

* : Le titre de margrave (dont l'équivalent est marquis) a été créé par Charlemagne au profit de ses lieutenants dans les marches frontières.

 

2e

 

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