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Mademoiselle

Quelle splendeur !

Visuellement, le nouveau film de Park Chan-Wook est une merveille. Perfection des mouvements de caméra, montage au cordeau, photographie admirable, virtuosité et précision dans tous les domaines, c'est du grand art.

Au niveau du scénario, le film est d'une complexité rare. Il est basé sur un effet Rashomon à étage : alors qu'habituellement, les films basés sur ce principe nous font voir des choses différentes à chaque version de la même histoire, on a ici l'impression que chacune des trois versions est la même que la précédente, mais complétée.

Le maître coréen nous promène donc de faux-semblants en tromperie, pour déboucher finalement sur une version qui fait étonnamment figure de brûlot féministe. Après avoir été martyrisées, humiliées et sous-estimées par toutes sortes de personnages masculins, les deux femmes du film sortent grandies de leur aventure.

Mademoiselle est ponctué de morceaux de bravoure ahurissants (comme les lectures érotiques par exemple). On pourra estimer qu'il est un peu froid pour être vraiment génial, à l'image des scènes de sexe qui ne sont pas d'une folle sensualité, mais le plaisir intellectuel et sensoriel que procure le film en fait un des grands moments cinématographiques de l'année.

 

4e   

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Stoker

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/46/80/20436782.jpgLa question était : Park Chan-wook, le délirant réalisateur coréen, allait-t-il perdre de sa superbe en tournant aux Etats-Unis ?

La réponse est non. Le style est toujours le même, flamboyant, du genre à avoir une idée par plan. On n'en finirait pas de lister les figures de styles plus ou moins novatrices qui parsèment le film. Deux moments seulement, magnifiques, qui sont deux exemples parfaits d'enchaînement de plans : celui où un oeuf apparaît en surimpression sur l'oeil de la jeune fille, et celui où cette dernière marche dans une rue, puis sur une route, dans la continuité.

Park Chan-wook, c'est un peu les montagnes russes de l'imagination derrière une caméra. Nul doute que certains pourront du coup ressentir une impression de trop-plein.

Le fond, lui, est fortement empreint de perversion, comme souvent chez Park Chan-wook. Bien plus que le triste pensum de Brian de Palma (Passion), c'est bien dans Stoker qu'on pourra voir un ultime hommage au cinéma de Hitchcock. L'intrigue, bien qu'un peu trop flottante pour faire réellement référence, rappelle assez certains films de sir Alfred. Nicole Kidman est aussi une héroïne hitckockienne en diable. Alors bien sûr, la virtuosité de Park lui fait assez souvent perdre de vue la vraisemblance de l'intrigue, mais on est toutefois dans un registre infiniment plus maîtrisé que celui du délirant Thirst.

Stoker est un film brillant, que certains trouveront trop superficiel pour être marquant, et que d'autres adoreront comme on peut se laisser entraîner par un feu d'artifice particulièrement réussi.

Park Chan-wook sur Christoblog : Thirst, ceci est mon sang

 

3e

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Thirst

Kim Ok-Bin. Le PacteA chaque vision d'un film de Park Chan-Wook (Old boy, Lady Vengeance, Je suis un cyborg...), je me fais la même réflexion : ce mec est fou.

Pas fou intelligent, ou gentiment folledingue, non, vraiment ravagé. Bien, sûr on songe à Cronenberg, mais ce dernier fait figure de sage séminariste à côté des excentricités de notre ami Park.

Thirst ne se satisfait pas d'un scénario complètement allumé (un prêtre qui teste un vaccin devient accidentellement un vampire), mais il lui faut accumuler les circonstances les plus abracadabrantes (la belle-mère qui devient paralysée et assiste impuissante à des tas d'horreurs, le noyé dont le corps réapparaît dans les moments les plus bizarres, y compris entre les deux amants en plein coït !!).

Les effets de décors (cet intérieur absolument blanc), le jeu des acteurs et la mise en scène sont absolument excentriques, et comment dire ... un peu too much. La démesure n'arrête donc pas le réalisateur : c'est parfois très réussi, souvent d'un mauvais goût tellement outrancier qu'on a peine à croire à ce qu'on voit, et presque tout le temps surprenant.

Si Song Kang-Ho (quel acteur !) joue son rôle avec une certaine mesure, l'actrice principale Ok-bin Kim est très ... expressive et, il faut le dire, assez craquante.

Au final, Thirst représente autant une expérience de vie qu'un film, tellement le tourbillon d'images, de sentiments et de réflexion qu'il entraîne échappe à l'analyse conventionnelle.

Les vampires sur Christoblog c'est aussi : l'excellent True blood et le sublime Morse.


3e

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