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Christoblog

Articles avec #paolo virzi

Folles de joie

Il y a dans le cinéma de Paolo Virzi un allant et un élan, une générosité, qui pour ma part m'enthousiasment.

Certains (probablement les Cahiers du Cinéma par exemple) trouveront peut-être que les actrices en font trop, que le scénario n'hésite pas à utiliser de grosses ficelles, et que la mise en scène est pleine d'effets de petit malin. 

Toute cela est vrai en partie, et contribue au charme du film. Votre ressenti dans la salle de cinéma dépendra de la façon dont le jeu outré de Valeria Bruni Tedeschi va vous happer, vous emporter, ou non. Son débit de moulin à parole sous amphétamine et son décolleté abyssal ne génèrent pas une confiance immédiate, et peut même susciter, on le comprend, une forme de rejet.

L'art de Virzi est de maintenir le film dans un état d'équilibre précaire : on hésite pendant tout le film à qualifier les deux héroïnes de folles, certaines de leurs élucubrations s'avérant finalement vraies.

Folles de Joie oscille donc entre deux pôles : un mauvais goût hystérique et plaisant, et un sentimentalisme tire-larme à l'italienne. A ne conseiller qu'aux coeurs d'artichaut, orientation latine, dont je pense faire partie.

Paolo Virzi sur Christoblog : La prima bella cosa - 2010 (***) / Les opportunistes - 2013 (**)

 

3e  

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Les opportunistes

Le grand succès italien de l'année (7 Donatello, l'équivalent de nos Césars, le film a battu La grande belleza) arrive une fois n'est pas coutume sur les écrans français. 

Le film est basé sur l'effet que j'appelle habituellement "Rashomon" (car le film de Kurosawa en est la plus belle expression) : une même histoire racontée suivant trois points de vue différents. Ce procédé est toujours excitant : les mêmes scène revues sous un angle différent provoquent la curiosité, on est captivé par les jeux de résonance d'une séquence à l'autre, découvrant tout à coup le pourquoi du comportement bizarre d'un personnage ou faisant le lien entre plusieurs éléments disparates.

L'utilisation de l'effet "Rashomon", très efficace intrinsèquement, n'est parfois qu'un cache-misère. C'est presque le cas ici. La trame de fond est ici en effet archi-rebattue : il s'agit du thème très à la mode ces dernières années du conducteur d'un véhicule qui s'enfuit après avoir renversé un cycliste. 

Les opportunistes veut embrasser autour de ce sujet une collection de thèmes survolés mais de bon aloi : la dénonciation d'un capitalisme inhumain qui parie sur la crise, le racisme ordinaire d'italiens moyens, le mépris de la bourgeoisie vis à vis de la culture...

Tout cela est bel et bon, mais un peu creux, et il faut une palette d'interprétation hors norme pour sauver le film d'une médiocrité annoncée. Valéria Bruni Tedeschi est en particulier parfaite, dans un rôle d'ingénue sous domination au décolleté ravageur.

A voir éventuellement.

 

2e

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La prima cosa bella

Micaela Ramazzotti. Wild Bunch DistributionLes critiques sont globalement injustes vis à vis de La prima cosa bella. Certains lui reprochent d'être abusivement tire-larmes, d'autres comparent le film de Virzi à des chefs-d'oeuvre du cinéma italien, en particulier à Nous nous sommes tant aimés de Scola. Or le film est effectivement un mélo, ce qui n'est pas en soi un défaut, et le comparer à des films des années 70 parce qu'il se passe en partie dans les années 70 n'a pas beaucoup de sens.

Anna présente la double caractéristique d'avoir un corps superbe, tout en étant nunuche et optimiste. Cela en fait, aux yeux de certains, une femme volage, ce qui à mon avis est une preuve de strabisme critique. Le film est en effet beaucoup plus subtil dans sa façon d'analyser les rapports entre la mère et son environnement, dont font partie ses deux enfants : Bruno et Valeria. Le scénario alterne les séquences au présent montrant Anna en train de mourir (joyeusement), et les flashbacks reconstituant sa vie. J'admets que le procédé n'est pas d'une originalité folle, mais il fonctionne, avec des variantes plaisantes (le pharmacien).

Le film est servi par une brochette d'acteurs et actrices époustouflants (l'acteur et l'actrice principaux ont emporté chacun un Donatello, équivalent de nos Césars), en particulier Valerio Mastandrea qui joue un fils déprimé, ne s'assumant pas, et perpétuellement en recherche de drogues. Ce personnage de Droopy sous opiacés est vraiment craquant. J'ai également beaucoup aimé le moulin à parole qu'est le mari de Valeria. Je ne pense pas qu'il soit à l'écran sans parler (sauf à la fin bien sûr).

Comme dans tout bon mélo, le film ménage son lot de coup de théâtre : apparition d'un fils caché, mariage inattendu, séparation surprise. La mise en scène est relativement efficace, et parfois spectaculaire (à la limite du vulgaire, c'est vrai).

Un bon moment pour l'été, dans une atmosphère italienne à souhait, à savourer comme une gelato al limone.

 

3e

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