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Articles avec #palmares

Palmarès du 75ème Festival de Cannes

Cette année, la compétition était très homogène. Aucun film n'a entraîné l'adhésion de la Croisette comme cela avait été le cas en 2019 avec Parasite par exemple. Mais aucun film n'a déchaîné non plus une tempête de critiques, comme The last face en 2016 ou Les filles du soleil en 2018.

Plus curieux encore, et fait vraiment exceptionnel, presque tous les 21 films en compétition ont figuré dans les palmarès idéaux des uns et des autres. Par exemple le palmarès de Libération ne comprend qu'un seul film en commun avec le palmarès définitif et en cumulant les deux on a quasiment l'ensemble des films !

Pour ma part, je trouve très étonnant que ne figure pas dans les films récompensés le très beau Armageddon time de James Gray (cela devient une humiliation pour ce grand cinéaste qui n'a jamais rien gagné à Cannes, qu'il adore pourtant). Etonnant aussi qu'il manque à l'appel le magnifique Leila's brothers, film iranien qui est ma Palme d'or personnelle et celle de nombreux festivaliers, ainsi que Les amandiers, de Valeria Bruni Tedeschi. Mes trois films préférés de la compétition 🙄 !

Le jury a réagi à cette homogénéité de la sélection en voulant récompenser le plus de films possibles (1 prix supplémentaire et deux prix ex-aequo) : 10 films sur les 21 présentés ont ainsi obtenu une récompense.

Palme d'or : Sans filtre (Triangle of sadness) de Ruben Ostlund

De la part du jury, c'est sûrement le choix le plus consensuel. Cette farce parfois potache, par moment hilarante, est sûrement l'oeuvre qui peut prétendre ramener le public le plus large possible vers les salles, tout en véhiculant un message anti-capitaliste qui a du plaire au président. Je trouve pour ma part le film agréable, mais un peu superficiel. C'est du cinéma de petit malin.

Grand prix ex-aequo : Close de Lukas Dhont et Stars at noon de Claire Denis

Close était la Palme d'or du coeur de beaucoup de festivaliers, le film ayant généré la plus longue standing ovation de la compétition (12 minutes). C'est un très beau film et à 31 ans Lukas Dhont est promis à un grand avenir : une sorte de Xavier Dolan européen, l'égo en moins. Le Claire Denis est de bonne facture mais ne mérite pas cette place : peut-être une façon de récompenser la réalisatrice pour sa carrière (et de s'assurer une présence féminine dans le palmarès ?).

Prix de la mise en scène : Park Chan-wook pour Decision to leave

Rien à dire, le nouveau film du réalisateur d'Old boy est presque trop brillant en terme de réalisation, on est parfois au bord du trop-plein d'idées.

Prix du scénario : Tarik Saleh pour Boy from heaven

Si le sujet du film est intéressant (un jeune pêcheur au coeur pur se trouve mêlé à une guerre de succession à la tête de l'université El Azhar du Caire), j'ai justement trouvé que le scénario souffrait de quelques carences ! Probablement une façon de trouver une petite place au film dans le palmarès.

Prix du jury ex-aequo : EO de Jerzy Skolimovski et Les huit montagnes de Felix van Groningen et Charlotte Vandermeersh

EO aurait pu se trouver plus haut dans le palmarès, c'est un film formidable et inventif. Quant aux Huit montagnes, il a souffert d'une campagne de dénigrement dans la presse que je trouve injuste : c'est un film grand public qui s'intéresse à des sujets rarement montrés au cinéma (l'amour de la montagne, l'amitié masculine comme ciment d'une vie)

Prix du 75ème : Tori et Lokita, des frères Dardenne

C'est un des plus faibles Dardenne, qui sont ici en service minimum. Il semblerait qu'il y ait eu des débats animés au sein du jury à son sujet : Lindon le voulant peut-être plus haut dans le palmarès. Un exemple que les plaidoyers moraux, s'il ne font pas de bons films, permettent d'obtenir des récompenses.

Prix d'interprétation féminine : Zar Amir Ebrahimi dans Holy spider (Les nuits de Mashhad)

Mérité ! Le film de Ali Abbasi, qui suit la trajectoire d'un tueur en série de femmes, est d'une violence crue, mais c'est un beau film nécessaire et toute l'équipe du film est désormais interdite de retour en Iran, ce qui représente quand on y pense une incroyable preuve d'amour envers le cinéma. L'actrice, qui vit en France depuis plusieurs années, campe une journaliste opiniâtre, obsédée par cette affaire.

Prix d'interprétation masculine : Song Kang-ho pour Les bonnes étoiles

Curieux que le jury ait choisi de récompenser l'acteur coréen pour ce rôle qui est presque un second rôle. Sûrement une façon de récompenser sa carrière entière et/ou de donner quelque chose au très beau film de Kore-Eda. Beaucoup pensait à l'italien Pierfrancisco Favino, pour son rôle dans Nostalgia.

Retrouvez mon avis sur 42 films présentés à Cannes dans Mon journal de Cannes 2022.

A l'année prochaine !

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