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Christoblog

Articles avec #naomi kawase

Vers la lumière

J'éprouve toujours des scrupules à dire du mal d'un film de Naomi Kawase, tellement la personne m'est sympathique et ses intentions louables.

Le début de Vers la lumière est par exemple parfaitement brillant. L'idée de donner au personnage principal du film la profession d'audio-descriptice est un coup de maître. 

Cela donne des premières séquences délicieuses dans lesquelles la bande-son prend une saveur très particulière, et qui suscitent chez le spectateur de stimulantes réflexions sur le sens de l'image, les choix des créateurs et bien d'autres sujets.

Les premières bonnes idées du film s'essoufflent cependant rapidement. L'histoire entre l'héroïne et le photographe devenant aveugle n'échappe pas à la mièvrerie.  La subtilité du début disparaît au profit d'une succession de scènes irréaliste, de coïncidences incroyables (les rencontres fortuites des personnages, le paysage récurrent), d'élans très peu sensuels et de larmes creuses.

La médiocrité du film dans le film (la statue de sable) aggrave la sensation de déception et d'ennui qui grandit au fil de la projection. Comme parfois chez Kawase, on est triste de voir tant de sensibilité gâchée.

Naomi Kawase sur Christoblog : Still the water - 2014 (***) / Les délices de Tokyo - 2015 (****) 

 

2e

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Les délices de Tokyo

Certains pourront penser que la sélection du dernier Naomi Kawase dans la section Un certain regard du festival de Cannes s'apparente à une relégation en Ligue 2, pour elle qui fut plusieurs fois dans la sélection officielle (et reçut le Grand Prix en 2007 pour La forêt de Mogari).

Ce serait une faute de goût et une erreur d'appréciation : Les délices de Tokyo est certes un film moins ambitieux dans son propos que Still the water, par exemple, mais il en n'est pas moins délectable. 

Le panthéisme voilé de Kawase se teinte ici de colorations tendres qui font se rapprocher son style de celui de Hirokazu Kore-Eda.

Les éléments naturels (fleurs de cerisier, haricots rouges, lune) restent toujours les intercesseurs entre notre monde et l'autre, mais ce sont ici plus que jamais peut-être dans son cinéma les rapports entre êtres humains qui fascinent. Le plissement d'une lèvre, l'étonnement dans un oeil, un muscle de la joue qui se contracte, une larme qui fraie son chemin : les visages deviennent des reflets vivants de l'univers, et c'est magnifique. 

Tout cela paraitrait bien niais si la mise en scène somptueuse de Kawase ne venait pas transcender ce réseau de solitudes croisées pour en faire une sorte d'hymne à ... à quoi exactement ? Peut-être simplement au plaisir d'être au monde.

 

4e 

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Still the water

Le nouveau film de Naomi Kawase commence doucement. Des plans fixes, un garçon mutique. 

Pour tout dire, on peut craindre de s'ennuyer ferme à ce moment-là. Mais Still the water se diversifie progressivement en s'attachant à plusieurs personnages : la mère mourante, le père magnifique, l'autre mère toujours absente. On comprend tout doucement pourquoi le jeune garçon est si silencieux. Kawase filme d'une façon admirable les personnages féminins : la jeune fille est un miracle de calme détermination. 

Les critiques insistent beaucoup sur le caractère panthéiste du film (fonds marins, vagues, plage, forêt, mangrove, excellemment filmés) mais c'est surtout la façon dont la jeune fille contamine petit à petit le garçon qui en fait la valeur. La communion ultime dans l'océan est une des plus scènes de cinéma vue cette année.

Le film de Kawase, dense et poétique, présente bien d'autres intérêts : une superbe musique, un caractère quasi documentaire sur la spiritualité des habitants de cette île, une scène spectaculaire pendant un typhon.

Un film (encore un !) qui a fait honneur à la belle sélection officielle du dernier Festival de Cannes.

 

3e  

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