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Chronic

Le cinéma de Michel Franco est très pénible à regarder.

C'était déjà le cas avec la jeune fille martyrisée de Después de Lucia, ça l'est ici avec le personnage de David, aide-soignant qui s'occupe des malades en fin de vie à leur domicile - et les aide parfois à mourir.

Difficile de ne pas penser à Amour de Michael Haneke, tant Michel Franco, 36 ans, semble inscrire ses pas dans ceux de son illustre aîné autrichien : même capacité à regarder froidement les êtres humains se débattre dans leurs douleurs, même façon de jouer les démiurges en conduisant le film là où ils veulent bien le mener, et même aura de bienveillance auprès des ... jurys cannois !

Pour autant, le jeune mexicain est un ton en dessous de Haneke sur tous les domaines. Sa mise en scène est quelconque, son scénario bégaye et il finit son film de la pire des façons qui soient : par un fait divers. Sa direction d'acteur est également très pauvre, les personnages étant caricaturaux et très prévisibles.

Dans ce cinéma du systématisme et de la lourde démonstration, on cherchera en vain l'étincelle d'imagination qui le ferait échapper au ridicule.

A conseiller donc aux férus de cinéma de l'humiliation (tendance excréments et vomissements), qui ne souhaitent en aucun cas être surpris par le développement de l'intrigue.

 

1e

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Después de Lucia

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/22/12/20274207.jpg Avertissement : cette critique dévoile plusieurs éléments clé de l'intrigue du film.

Después de Lucia commence comme un film sur le deuil (on comprend dès les premières scènes que la mère est décédée dans un accident de voiture) et évolue rapidement vers le sujet du harcèlement chez les adoslescents.

Les deux sujets peuvent apparaître associés dans le même film d'une façon factice, mais en réalité les réactions d'Alejandra, et en particulier lors de la scène pivot où elle se laisse filmer pendant un rapport sexuel, s'expliquent probablement à la lumière du drame qu'elle vient de vivre.

Si elle semble forte et résolue au début du film, on comprend vite qu'elle compense le désespoir du père sans avoir elle-même effectué l'intégralité de son travail de deuil.

Le film est dur, mais il n'est curieusement pas très émouvant. On a en réalité envie de dire à la victime : mais bouge un peu, réagit, dénonce, ne sacrifie pas ton besoin de socialiser à ta dignité d'être humain (une impression déjà éprouvée récemment à la projection de Compliance). Evidemment, dans les cas de harcèlement, les choses sont très complexes et ma réaction est foncièrement injuste (j'en suis conscient), surtout si on ajoute la problématique du deuil - qui conduit peut-être à une espèce d'auto-punition, voire de masochisme.

En ce qui concerne la réalisation du jeune mexicain Michel Franco, on peut dire qu'elle est aussi glaciale que possible. Caméra fixe qui enregistre froidement des situations très cruelles, mutisme borné de certains peronnages, ellipses diverses, plans de coupe semblant sans rapport avec l'intrigue, décors signifiants filmés commes des états d'esprits : la manière évoque irrésistiblement Haneke. Je l'ai remarqué, et je pense que je ne serai pas le seul. Ceux qui suivent Christoblog savent à quel point le cinéma de l'autrichien m'indispose par son minimalisme outrancier et sa sourde complaisance, celui de Michel Franco me semble intellectuellement plus honnête, les effets y sont moins démonstratifs et le rythme mieux tenu.

Au global, je reste toutefois assez mitigé sur le résultat. Globalement je me suis plutôt ennuyé, mais au lendemain de la projection une trace tenace du film subsiste, notamment dûe à un dernier plan d'une précision et d'une cruauté assez effrayante, associé à un troisième sujet, la vengeance. Verdict : à voir par curiosité, et avec un moral plutôt au top.

Ce film a obtenu le Prix Un certain regard, à Cannes 2012.

 

2e

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