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Articles avec #lee daniels

Le majordome

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/293/21029367_20130820144736778.jpgPlus la filmographie de Lee Daniels se construit, et plus son cinéma s’assagit.

Son premier film, Precious, était une bombe d’énergie que beaucoup – mais pas moi – ont considéré comme too much. Son deuxième film, Paperboy, présenté en compétition officielle à Cannes en 2012, était un peu plus policé, mais se distinguait toujours par une sorte d’urgence à filmer, moite et pas toujours de bon goût. On se souvient de la scène où Nicole Kidman urine sur le visage juvénile de Zac Efron.

Pour son troisième film, Lee Daniels semble se plier encore plus aux canons hollywoodiens. Le majordome a en effet les airs d’un biopic sage et classique. A y regarder de plus près, le film est toutefois assez original.

D’abord par son propos : il raconte la période de lutte des Noirs américains pour leurs droits civiques, par le prisme du majordome de la Maison Blanche, symbole absolu de l’asservissement volontaire d’un homme, qui renie son propre fils, parti militer auprès de Martin Luther King, puis des Blacks Panthers.

Nous rendre sympathique un homme qui s'épanouit dans un travail ingrat, au détriment de sa propre famille : quel incroyable pied de nez au politiquement correct, lorsqu’y songe.

Cette performance n’est rendue possible que par l’interprétation de Forest Whitaker, impérial dans ce rôle d’homme humble, inoubliable avec un de ses yeux mi-clos et son visage qui semble pouvoir vieillir à volonté.

La façon de filmer de Lee Daniels reste par ailleurs remarquable à mes yeux, même si elle est de moins en moins tapageuse. Le réalisateur aime toujours les effets (parfois un peu faciles), place encore volontiers sa caméra en plongée ou contre-plongée, opte parfois pour un montage saccadé, mélangeant images d’archive et fiction. Sa virtuosité permet au film de filer à toute vitesse, alors qu’il dure 2h10.

Parmi les bizarreries attachantes du film, on pourra s’amuser à relever que les acteurs jouant les différents présidents ne représentent que de très loin à leurs modèles, et que le film offre par ailleurs un défilé inouï de guest stars, parfois dans de tout petit rôles : Robin Williams, Lenny Kravitz, Oprah Winfrey, Jane Fonda, John Cusak, Mariah Carey, Melissa Leo, Vanessa Redgrave...

La garantie d’une bonne soirée.

 

2e

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Paperboy

Dans la morosité de la sélection officielle cannoise 2012, le deuxième film de Lee Daniels (Precious) a apporté une touche de folie et de moiteur.

L'intrigue est tirée d'un roman de l'excellentissime Pete Dexter, dont je recommande les livres, et nous entraîne dans une sordide histoire de criminel défendu par une équipe constituée de journalistes en quête de succès et d'une nymphomane passionnée par les prisonniers.

Le premier plaisir que donne le film est celui d'un scénario complexe, non prévisible et centré sur les relations entre les personnages et les questions de société (le racisme surtout).

J'ai été complètement bluffé par la performance des acteurs. Nicole Kidman, vulgaire à en crever, bimbo nympho, est tout simplement brillante. C'est un plaisir (coupable) de la voir uriner sur le mignon Zac Efron, de mimer une fellation, de décroiser les jambes de façon suggestive et de mâcher son chewing-gum avec un air de bêtise insondable. Matthew McConaughey confirme être l'acteur le plus passionnant du moment. Quant à John Cusack, il joue avec une perversité diabolique le plus beau méchant vu récemment.

La réalisation de Lee Daniels est brillante, moite, vive, plus sage que dans Precious mais tout aussi dynamique. Le film est parsemé d'éclairs trash du plus bel effet.

Une réussite.

 

3e

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Precious

Ce que j'aime dans Precious, c'est le mauvais goût. Un peu comme dans The wrestler l'année dernière. Je me réjouis des moues dégoutées des bien-pensants et des esthètes.

Precious ne fait pas dans la demi-mesure, mais plutôt dans la démesure. Dès les premiers plans le ton est donné : scènes oniriques délirantes, dimensions corporelles hors normes de l'héroïne, viol incestueux, mère abusive, pieds de cochons en train de cuire : ouah, cela fait longtemps qu'un film ne m'avait pas happé dans son grand huit aussi brutalement.

La suite va nous entraîner dans cette histoire horrible de jeune fille que la vie accable en mêlant des scènes de drames, de comédie, de spectacles, de violence extrême. La mise en scène, hum, allez, fait un peu bric à brac, mais ça fonctionne (pour moi en tout cas), parce que son explosivité colle au sujet.

Une scène magnifique pour conclure : la confession de la mère de Precious à l'assistante sociale (une Mariah Carey méconnaissable), un grand moment de cinéma.

La prestation de l'actrice principale, Gabourey Sidibe, est exceptionnelle. Elle est comme un roc, un bloc pur d'énergie positive, hallucinante. Le contraste qu'elle forme avec la sculpturale Paula Patton est saisissant.

En ces temps de productions un peu trop aseptisées à mon goût, je conseille Precious à ceux qui aiment les plats relevés et le gros(!)-qui- tâche.

 

3e

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