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Articles avec #laurent lafitte

Nous finirons ensemble

Tout ce qu'on pouvait dire de mal à propos des Petits mouchoirs peut être ici redit avec autant de force.

En vrac, et sans être très original, on peut déplorer la pauvreté du scénario qui n'effleure que les drames profonds pour ne s'intéresser qu'aux coucheries de tous les personnages, l'aspect promo-clip du bassin d'Arcachon et cette fois-ci de l'initiation au saut en parachute, l'impression désagréable d'entre-soi chichiteux, les plans mièvres et/ou clichés (dont les couchers de soleil, mon Dieu !), le cabotinage de certains acteurs (Cluzet en fait trop et Garcia est insupportable), etc.

L'impression que donne au final le film, c'est que Guillaume Canet est un réalisateur enthousiaste et techniquement plutôt bon, qui ne peut malheureusement pas s'empêcher de commettre inévitablement d'énormes fautes de goût.

C'est d'autant plus dommage que le film commence beaucoup mieux qu'il ne finit. La première demi-heure est plutôt agréable, prodiguant une ambiance en demi-teinte d'ouverture de maison et de ressassements mélancoliques. Cotillard, Lelouch et surtout Lafitte sont alors tous plutôt convaincants.  

A voir éventuellement si vous avez vu le premier, pour vous faire une idée. Pour moi, c'est kif-kif.

Guillaume Canet sur Christoblog : Les petits mouchoirs - 2010 (**) / Blood ties - 2013 (*) / Rock'n roll - 2016 (**)

 

2e

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L'heure de la sortie

Le film part d'une bonne idée : le professeur d'une classe de surdoués se suicide. Son successeur (Laurent Lafitte, assez peu convaincant) enquête sur un groupe de six  jeunes, beaucoup trop lucides pour leur âge.

Le problème est que le réalisateur, Sébastien Marnier (on lui doit Irréprochable), lorgne dans beaucoup de directions sans en choisir vraiment une. Le film oscille donc entre une enquête fantastique à la mode de Stephen King, un thriller messianique façon Jeff Nichols et une chronique sociale ... à la française. 

L'heure de la sortie est au final une mayonnaise ratée : les effets fantastiques (les bêtes sauvages envahissent la ville, l'électricité varie mystérieusement d'intensité, les cafards sortent de l'évier) surnagent comme de l'huile au-dessus d'un magma informe qui comprend des seconds rôles ratés, une intrigue étirée à l'excès, un évident manque d'imagination et une scène finale très moche.

De bonnes intentions et une ambiance de mystère qui par instant fait mouche : voilà ce qui sauve le film de l'échec total.  

 

2e

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Au revoir là-haut

J'aimerais pouvoir dire beaucoup de bien de ce film : Albert Dupontel m'est sympathique (j'ai adoré 9 mois ferme), le casting est épatant et le scénario est sur le papier un des plus attrayant que le cinéma français a produit ces dernières années.

Mais curieusement, je ne suis jamais vraiment entré dans le film. La virtuosité un peu vaine de la caméra de Dupontel convient assez mal au caractère noir de l'histoire, comme d'ailleurs les décors ripolinés et la photographie bien léchée.

On n'est jamais loin de la caricature, ou a minima d'une sorte de BD dans laquelle les personnages seraient croqués à grand traits, dans un style un peu trop net pour être réellement intéressant. 

Quelques aspérités du livre sont gommées, à l'évidence dans le but de rendre le film à la fois plus spectaculaire et plus aimable : le fait que ces arrangements soient effectués avec la bénédiction de Pierre Lemaitre, qui a participé au scénario, ne les rend pas moins inutiles.

Ceci étant dit, le film se laisse regarder, un peu comme une série de samedi après-midi pluvieux : il ne prête guère le flan à la critique frontale, sauf peut-être pour les détracteurs de l'esthétique à la Jean Pierre Jeunet. Il y a en effet un peu du style de ce dernier dans Au revoir là-haut.

A vous de voir.

Albert Dupontel sur Christoblog : 9 mois ferme - 2012 (****) 

 

2e

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Elle

Cela faisait bien longtemps qu'un film ne m'avait pas autant captivé, de sa première image, un plan inoubliable sur le regard d'un chat, à la dernière. 

La grande réussite de Elle, c'est ce pouvoir, complètement perdu dans la plupart des films d'auteur aujourd'hui, de surprendre son spectateur de plusieurs façons différentes.

L'intrigue d'abord, particulièrement tordue, et dont je ne dévoilerai rien, qui multiplie les surprises et les coups de théâtre. Je ne parle pas ici de la principale ligne narrative, somme toute prévisible, mais de toutes les autres : la relation au père, les intrigues dans l'entreprise de jeux vidéo, l'évolution des relations entre les personnages, la relation au fils. 

Les réactions de Michèle, le personnage principal, constituent le deuxième facteur d'étonnement du film. J'ai été complètement bluffé par Isabelle Huppert, qui ici sublime son rôle dans un style qui lui colle à la peau : on ne sait jamais ce que cette diablesse va inventer. 

On aura rarement vu un personnage féminin plus décapant, plus intransigeant et plus désirant que celui-ci. Ce qu'elle dit est souvent en même temps plein de bon sens et profondément dérangeant. 

Verhoeven, par ses choix de montage et de mise en scène, accentue au maximum tous ces effets et dynamite littéralement une certaine qualité française dans son film : il coupe court des scènes qu'on s'attend à voir durer, il en invente d'autres qu'on se dit n'avoir jamais vu (le sang dans la mousse de la baignoire), il construit des rapprochements improbables. 

Elle est donc un film qui ne respecte rien, si ce n'est l'irréfragable liberté de son personnage principal. C'est jouissif.

 

4e   

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Tristesse club

Tristesse club cumule tous les poncifs du film d'auteur français récent : road movie provincial (merci le financement des régions), fratrie dissemblable réunie à l'occasion de la disparition de la figure paternelle, scènes décalées à la limite de l'irréel, masculinité défaillante.

Vincent Mariette ne parvient jamais à transcender son histoire improbable et ses stéréotypes marqués : Laurent Lafitte en super beauf (mais au fond, c'est un garçon si sensible), Ludivine Sagnier minaudant en femme-enfant fatale, Vincent Macaigne en cocker puceau énamouré.

Il résulte de cet embrouillamini lourdingue un ennui pesant et un intense sentiment de gâchis. Comment peut-on tourner des films aussi peu originaux, aussi auturo-nombrilistes que celui-ci ? On a presque honte de voir des comédiens qu'on aime se fourvoyer dans des inepties de ce genre. Présenté comme une comédie, le film n'est ni drôle, ni émouvant, ni tendre. Il est raté.

 

1e

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Les beaux jours

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/024/21002483_20130430154418519.jpgCertains films reposent uniquement sur leur actrice.

Lorsque celle-ci est juste moyenne, et que le reste est nul, cela donne Le temps de l'aventure. Lorsque l'actrice est impériale, comme Fanny Ardant ici, et que les seconds rôles sont corrects, cela donne un film acceptable.

Entendons nous bien, il ne s'agit pas de crier au génie, ne serait-ce que parce que le scénario est dramatiquement faible. Résumons-le brièvement : Caroline, jeune dentiste retraitée, se voit offrir par ses filles un chèque découverte dans un club de retraités. Et là, badaboum, passion torride pour un animateur, Julien, qui pourrait être son fils, joué par un étonnant Laurent Lafitte mi-homme objet, mi-tombeur raté, et un peu goujat. Le mari de Caroline, joué par le toujours délectable Patrick Chesnais, fait un cocu raisonnable attendrissant.

Donc, rien de bien original dans cette histoire de passion sur le tard et sans lendemain. C'est évidemment dans le jeu de Fanny Ardant que réside l'intérêt du film. Mutique et renfermée au début, son personnage s'éclaire et s'épanouit au fur et à mesure que sa relation se développe. Cette relation est de nature principalement sexuelle, car le pauvre Julien n'en a pas beaucoup dans le ciboulot, à l'inverse du mari.

Moi qui déteste habituellement Fanny Ardant et prend un malin plaisir à la descendre en flamme, je dois bien reconnaître qu'elle dégage dans ce film une classe incomparable et que son portrait de femme assumant sa sensualité à 60 ans est confondant.

La mise en scène de Marion Vernoux est pleine de délicatesse.

A voir éventuellement.

 

2e

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Les petits mouchoirs

Bon, je vais laisser à d'autres le soin d'éreinter le film de Canet.

Les raisons de le faire ne manquent certes pas : un côté bobo à Arcachon très mièvre, des surlignages musicaux d'un goût horrible, une fin ratée dans les grandes largeurs, le sentiment que ce genre de film de potes a été fait mille fois, du classique Mes meilleurs copains au récent et fade Coeur des hommes.

Et pourtant, par un tour de passe-passe assez étrange, et malgré ses défauts innombrables, je ne me suis pas ennuyé en regardant les 2h36 des Petits mouchoirs.

Peut-être le fait que Cluzet, l'acteur que j'aime détester, l'homme qui ne se départit jamais de son air "j'ai un balai dans le cul", trouve ici un rôle qui lui va comme un gant : maniaque obsessionnel de première bourre, ignoble et insupportable, cible des avances d'un Magimel très bien en gay refoulé.

On peut (peut-être) trouver une qualité au film : l'art d'établir un casting assez cohérent. Valérie Bonneton par exemple est extra, et Marion Cotillard très bonne aussi, par exemple dans une scène de bouée assez amusante.  Lafitte a des airs de Michel Leeb idiot (pléonasme ?). Gilles Lellouche s'en tire bien aussi, en clone de Jean Dujardin.

Canet possède un ego sur-dimensionné qui lui permet de faire passer une certaine énergie dans son film (public de jeunes femmes trentenaires en bande ce soir, qui ont applaudi à la fin du film, vous voyez le genre...). Il lui reste à trouver du talent. 

 

2e

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