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Christoblog

Articles avec #kristin scott thomas

Au bout des doigts

Au bout des doigts est un film très qualité française. J'entends par là qu'il a les qualités et les défauts classiques du cinéma français milieu de gamme :  une interprétation solide, un scénario charpenté mais vulgaire, des seconds rôles sacrifiés et une bonne utilisation des décors.

Deux éléments permettent au film de se distinguer. Tout d'abord une façon de filmer la musique classique exceptionnelle. On est vraiment absorbé par la force de la musique et l'implication de Jules Benchetrit (oui, c'est le fils de Samuel Benchetrit et Marie Trintignant). Sous cet angle il y a un petit peu de Whiplash dans le film de Ludovic Bernard. L'autre point fort d'Au bout des doigts, c'est Kristin Scott Thomas, comme toujours formidable.

Le dynamisme de la mise en scène et l'élan amoureux pour la musique classique qui traversent le film finissent par l'emporter (de peu) sur la gêne provoquée par les énormes ficelles du scénario.

Un respectable film de dimanche soir sur TF1.

 

2e

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Les heures sombres

Difficile de ne pas être intéressé par ce film si on aime l'Angleterre ou l'histoire. 

Les heures sombres retrace en effet une période de l'histoire anglaise palpitante : ces quelques jours durant lesquels on voit à la fois Lord Chamberlain démissionner, Churchill parvenir au pouvoir et Hitler envahir la France. 

Le film montre très bien, et c'est vraiment son principal intérêt, les hésitations de Churchill et l'extrême précarité de sa situation politique. A l'image de l'emblématique opération Dynamo, les décisions qu'il prend sont sur le moment assez folles, et le film montre bien que Churchill joue sa tête à de multiples reprises.

Le réalisateur Joe Wright rend une copie très propre, trop propre à mon goût. Il n'évite ni les tics maniéristes (la caméra qui s'élève à la verticale dans les airs jusqu'au ciel), ni les excès d'une direction artistique trop bien léchée (les décors et la photographie sont un peu tape-à-l'oeil). 

Le résultat, d'un point de vue visuel, donne une impression de reconstitution sortie du formol, impression renforcée par le jeu très marqué de Gary Oldman, méconnaissable sous les couches de maquillage.

La fin du film fait cependant basculer l'impression générale du côté positif : difficile de résister aux talents d'orateur de Churchill et à l'anecdote de sa visite dans le métro.

 

2e

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Dans la maison

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/17/25/20254556.jpgDans la maison n'est pas un film infâme. Il bénéficie d'un scénario intéressant, et la réalisation de François Ozon est comme toujours très maîtrisée, et même parfois brillante.

Il y a pourtant des éléments dans le film qui m'ont empêché d'y adhérer vraiment.

Je trouve d'abord que tous les personnages sont hyper-caricaturaux, rabaissés en quelque sorte à leur simple silhouette. Prenons la famille Rapha : le père est ridicule avec son goût pour le basket (il ne joue même pas correctement), la mère réduite à son tropisme pour la décoration et le fils à une vague entité quasi décérébrée. Le tout ne fonctionne tout simplement pas, à tel point que j'ai cru pendant toute une partie de film que toute cette famille allait s'avérer n'être qu'une oeuvre d'imagination.

Luchini est artificiel (pléonasme ?), Kristin Scott-Thomas l'est encore plus, les enseignants et proviseurs ne sont absolument pas réalistes, les jumelles jouées par Yolande Moreau n'existent par vraiment, etc... Même les décors semblent surjouer ! Quant au personnage de Claude, sensé être diabolique, il se résume tristement à un petit rictus qu'on ne qualifiera même pas de pervers.

L'univers usuellement fantaisiste d'Ozon, avec son côté dessiné à gros traits, s'adaptait bien aux trames de 8 femmes et de Potiche. Ici le mélange ne prend pas, par manque de réalisme. Pour que l'histoire fonctionne parfaitement, il faudrait que nous croyions à la vérité des situations, et ce n'est pas le cas.

Le film est enfin franchement mou du genou dans ses parti-pris : j'attendais plus de transgressions, plus d'audace, à la fois dans la matière narrative du film (on est loin des relations sulfureuses du modèle revendiqué, le Théorème de Pasolini), et aussi dans son jeu autour de l'imagination (les scènes rejouées pourraient être beaucoup plus stimulantes).

Dans la dernière partie, Ozon utilise carrément le bulldozer à symboles (Germain assommé par une lourde version du Voyage au bout de la nuit ?!?). Le film se finit en capilotade, accumulant raccourcis et ellipses improbables.

Prometteur sur le papier, Dans la maison accouche d'une souris en pleine cure de Xanax.

François Ozon sur Christoblog.

 

2e

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