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Tunnel

L'intérêt principal de Tunnel ne tient finalement pas dans son aspect de film catastrophe. 

De ce côté-là on peut dire qu'il assure le strict minimum : les scènes d'écroulement, puis de claustration, sont certes efficaces, mais elle ne sont pas follement imaginatives. 

Le scénario du film est plutôt intéressant dans la première partie, mais il s'essouffle dans la seconde, et pour un film coréen dont on attend toujours plus de mauvais goût qu'un film US, il est relativement sage. De ce point de vue, Tunnel est clairement plus mainstream que la production coréenne habituelle, et c'est décevant, d'autant que le film précédent de Kim Seong-hun (Hard day) était un petit bijou d'inventivité.

L'intérêt du film, il faut aller le chercher dans le sous-texte sociétal de la situation : politiques froids et opportunistes, incompétence partout et corruption généralisée. Comme bien d'autres cinéastes coréens (presque tous en réalité), Kim Seong-hun apporte sa contribution au grand tableau critique de la société coréenne contemporaine. Il le fait avec un un sens du burlesque à froid qui est assez efficace, à l'image des dernières paroles prononcées par le héros.

Dernier point, malgré un sujet qui s'y prête à priori, l'émotion ne parvient pas vraiment à s'imposer dans ce curieux film, malgré la présence de la grande actrice Doona Bae, que j'ai par exemple nettement préféré dans l'admirable A girl at my door.

Kim Seong-hun sur Christoblog : Hard day - 2014 (**)

 

2e

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Hard day

Le chroniqueur paresseux aura vite fait de résumer ce nouveau thriller coréen déjanté à son pitch dévastateur : un quidam qui tue par accident un homme lors d'un accident de la route se débarrasse du cadavre en le glissant ... dans le cercueil de sa mère, qui vient de décéder.

Cela paraît dingue, mais le film fonctionne parfaitement bien sur ces bases carrément loufoques : le rythme est drôle, enlevé, prenant. On s'attache au personnage principal, un flic pourri (comme toujours dans le cinéma coréen), pourtant sensé être antipathique, et on observe fasciné la multiplication de scènes d'anthologie (le petit soldat qui avance dans le conduit d'air de la morgue par exemple).

Et puis, le vrai méchant survient, et le film perd alors un peu de sa morbidité rieuse, et devient plus traditionnellement un combat entre un gentil un peu faible et un bad guy indestructible (ô combien !). Si cette partie ne manque pas de panache et de trouvailles, elle est plus classique.

Le final renoue avec le rythme échevelé et millimétrique de la première partie du film, et on sort de la salle ravi d'avoir découvrir un nouveau venu : Kim Seong-Hun.

A voir absolument si on aime les films coréens et/ou les thrillers originaux.

 

3e

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