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Sibyl

Qui trop embrasse mal étreint : voilà qui pourrait résumer Sibyl

Sur le papier tout est formidable : un scénario hitchcokien, une actrice au sommet, une réalisatrice en pleine phase ascendante. 

Pourtant, rien ne parvient à fonctionner à l'écran. Les tonalités tout le temps changeantes du film, le découpage inutilement compliqué, les commentaires en voix off qui alourdissent le film, les redites qui surlignent le propos : Sibyl croule finalement sous l'accumulation de ses intentions. 

Si Virginie Efira est magnifique et Sandra Hüller parfaite, les autres acteurs tournent un peu en mode automatique : Adèle Exarchopoulos excelle dans ce qu'elle sait le mieux faire (pleurer avec excrétion), Niels Schneider est joli à regarder et Gaspard Ulliel est très mauvais, comme d'habitude (un moment du film amène d'ailleurs d'une façon surréaliste  son personnage à dire ce qu'il est en réalité, une coquille vide).

En somme, le film aurait pu être bon, mais il patine, faute à une surabondance d'effets. On n'en voudra pas à Justine Triet, qui ne parvient jamais à nous intéresser vraiment à ces personnages, et on attendra l'essai suivant.

Justine Triet sur Christoblog : La bataille de Solférino - 2013 (**) / Victoria - 2016 (**)

 

2e

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Victoria

On aura rarement vu accroche plus mensongère que celle qui orne l'affiche de Victoria : "Super héroïne des temps moderne, une comédie hilarante".

Tout d'abord parce que Victoria n'a rien d'une super-héroïne : dépassée par les évènements, dépressive, dotée d'une sexualité plutôt défaillante, aveugle à l'amour... on a vu plus performant.

D'autre part, le film n'est pas du tout une comédie hilarante. Si on sourit un peu, surtout dans la première partie, la plus réussie, on est à mille lieues de se fendre la poire à chaque réplique.

Victoria, à l'instar du premier film de Justine Triet, La bataille de Solférino, est un objet difficile à qualifier et à apprécier. Trop drôle pour être pris au sérieux, pas assez rythmé pour être une vraie comédie, pas assez romantique pour toucher les coeurs de midinettes, trop bargeot pour plaire au grand public, trop gentil pour séduire les cinéphiles.

Le film est assez inégal, présentant de vraies bonnes idées (la scène du mariage, le témoignage du chien) et des aspects beaucoup plus faibles (des plans de coupe sur TGV qui font vraiment remplissage, un rythme inégal). Le résultat, bien que foutraque, est globalement sympathique sans être génial. 

Le film ne serait pas grand-chose sans l'abattage exceptionnel de Virgine Efira, qui irradie le film de sa présence, alors que Vincent Lacoste, que je n'aime toujours pas, trouve ici son moins mauvais rôle (ce n'est pas difficile).

Un film notoirement surestimé par la critique, qui a toutefois le mérite d'inventer un nouveau genre : la comédie romantique d'auteur.

Justine Triet sur Christoblog : La bataille de Solfrino - 2013 (***)

 

2e

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La bataille de Solférino

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/059/21005928_20130515104818045.jpgLa bataille de Solférino est un film bien imparfait, mais contrairement au flop pas chic de  Tip top, il a le mérite de vouloir bien faire.

Le système que met en place la réalisatrice Justine Triet est diabolique : tourner un film dans la rue, lors d'un événement mémorable (l'élection de François Hollande). On voit la difficulté de la chose : toutes les scènes prévues dans le script pour ce jour-là doivent être tournées ce jour-là, quoiqu'il arrive.

D'où évidemment une pression maximale ce 6 mai 2012, avec un nombre de caméra impressionnant et un nombre d'heures de tournage excédant probablement les limites du droit du travail (mais comme il ne s'agit pas de Kechiche, on ne dira rien). Le concept permet en plus de bénéficier de la puissance de 10000 figurants ... gratuitement !

Les scènes d'extérieur sont donc sidérantes, et le fait d'avoir choisi le métier de journaliste pour l'actrice principale est une idée géniale. Laetitia Dosch est tout à fait crédible dans ce rôle.

Le film ne se résumerait qu'à une prouesse technique s'il ne séduisait pas également par son intrigue intelligemment agencée : un père dont on comprend qu'il a des problèmes psys tente de revoir ses enfants, mais son ex-femme l'en empêche par des moyens qui font douter de sa propre santé mentale (par exemple les emmener dans le tohu-bohu de Solférino).

Les scènes d'intérieurs sont étonnantes, jouées sur le fil par des acteurs inspirés dont on dirait qu'ils improvisent leurs répliques. C'est parfois drôle, souvent intéressant, mais la répétition de certaines phrases pourront aussi énerver ("Je sens une spirale d'angoisse, là"). La fin du film lui donne une dimension supplémentaire (le juriste, le copain, quelques silences qui paraissent assourdissants après les logorrhées de Macaigne).

A Cannes 2013 on peut dire que si le cinéma français a ouvert quelques fenêtres et fait souffler un vent frais dans les salles, c'est en grande partie grâce à Justine Triet.

 

3e

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