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Christoblog

Articles avec #juno temple

Magic magic

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/030/21003037_2013050312174113.jpgCurieusement, certains considèrent Magic magic comme un film étrange, alors qu'il m'est apparu comme un bijou de limpidité et de réalisme. Bien sûr, ce qu'on voit à l'écran est parfois dépendant de l'état mental de son héroïne principale, mais tout film qui traite des altérations mentales comprendra une part de subjectivité (cf Psychose ou Vertigo) sans quoi il n'atteindrait pas son but.

Le prétexte est simple : une jeune américaine se retrouve isolée sur une île au sud du Chili en compagnie d'amis de sa meilleure amie, partie avorter à Santiago. Elle s'imagine (ou pas ?) être harcelée par les garçons et la fille qui l'entourent.

Le film excelle dans de nombreux domaines : des acteurs et actrices au top (magnifiques Juno Temple et Emily Browning, sidérant Michael Cera), des paysages admirablement filmés, une mise en scène au cordeau, un joli rythme, un sens aiguisé du décor et du cadre.

Magic magic parvient à distiller une atmosphère de film d'horreur à combustion lente, sans aucun effet horrifique. On a l'impression de comprendre parfaitement ce qui se passe, et tout à coup un élément nous fait douter (le coup de fil qu'on voit et qui n'a a priori pas eu lieu, l'hypnose feinte ou réelle...). Ce léger décalage se résoud dans un final parfaitement réaliste, et intraitable, bien q'un peu bancal.

L'attitude des jeunes gens, et en particulier de l'immonde Brink, fait l'objet d'une peinture extrêmement juste et pertinente.

Le genre de film qui vous fait sentir intelligent.

Sebastian Silva sur Christoblog : Les vieux chats

 

3e

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Kaboom

Thomas Dekker. Why Not ProductionsBien sûr, le parallèle avec Les amours imaginaires est inévitable.

Même intérêt pour le sexe (hétéro / gay) et l'amour chez les jeunes adultes 19/20 ans (Mc Kinsey est cité dans les deux films), même jusqu'au boutisme formel, même couleurs pétantes, même importance de la bande-son, mêmes gimmicks : séance de masturbation interrompue, mère nympho, père absent...

Autant le film du jeune Dolan m'a paru vieux et pompé, autant celui du vieux Araki me parait jeune et chtarbé.

Il faut dire que ça part à toute berzingue, et que ça ne ralentit jamais, jusqu'au bout. Ce serait un crime - en même temps qu'un casse-tête - que de raconter l'intrigue, mais sachez qu'en allant voir ce film vous allez passer par toutes les nuances de l'orgasme cinéphilique : la peur, le rire, l'excitation, la surprise, le plaisir visuel, l'admiration devant un art du montage épatant, la satisfaction de voir les pièces d'un puzzle s'assembler, le plaisir que procurent de très bons acteurs et surtout, surtout, cet élan primal qui bouscule tout sur son passage, sorte de taureau furieux qui renverse toutes les conventions, et le bon goût en premier, pour filer vers sa propre destruction. Le film est coloré, gai(y), libertaire dans sa forme et son propos. En plus, c'est anecdotique, mais on y rigole bien grâce à une dizaine de répliques imparables et délicates sur le thème pendant et après l'amour, du style "J'ai connu des frottis vaginaux qui duraient plus longtemps" ou "C'est un vagin, pas un plat de spaghetti".

Kaboom dynamite le teen movie de l'intérieur, mais sous l'extas(y)e une réflexion plus profonde rôde comme un fantôme : la mort à 20 ans, l'absence des parents, l'amitié, la nostalgie du monde avant sa fin, le sens de la vie. Il y du Lynch sous amphet dans cet Araki là.

Une bombe.

 

4e

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