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Christoblog

Articles avec #joseph gordon-levitt

Les sept de Chicago

Les sept de Chicago est l'expression parfaite du génie d'Aaron Sorkin. Si tout est bon dans ce film, ce sont le scénario, la construction et les dialogues qui le portent véritablement vers les sommets.  

Commençons par le sujet, tout à fait intéressant. Je ne connaissais pas cette histoire des émeutes en marge du Congrès démocrate de 1968. Au-delà de l'aspect anecdotique de la situation, il est absolument passionnant de considérer Les sept de Chicago à l'aune de la situation américaine actuelle.

Le casting du film est lui aussi impressionnant. Il ne repose pas sur quelques stars comme c'est parfois le cas, mais sur la qualité globale d'une vingtaine de personnes, et sur une complémentarité formidable entre les différents protagonistes.

Les péripéties et les dialogues, comme je l'ai dit plus haut, sont captivants. On connaît les qualités immenses d'Aaron Sorkin sur ce point (The west wing, Steve Jobs, The social network, Le grand jeu), mais il atteint ici un point d'incandescence parfait, parvenant à équilibrer le légendaire aspect "mitraillette" de ses dialogues et des scènes plus posées, voire lentes.

Enfin, et ce n'est pas la moindre surprise de ce film, la réalisation au sens large, bien que sobre, est de grande qualité.

Je ne peux donc que vous conseiller cet excellent film de procès, modèle du genre. Pour moi la meilleure exclusivité Netflix vue à ce jour.

Aaron Sorkin sur Christoblog : The social network - 2010 (**) / Steve Jobs - 2015 (**) / Le grand jeu - 2017 (***)

 

4e

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50/50

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/69/18/19753639.jpgLe film de Jonathan Levine est un miracle d'understatement (Understatement is a form of speech which contains an expression of less strength than what would be expected).

En effet, tout dans le sujet (un jeune apprend qu'il est atteint d'un cancer et entame une lourde chimio) est potentiellement tire-larme, et au final, rien ne l'est.

C'est bien le tour de force que réussit ce film. Notre cancéreux se fait larguer par sa copine infâme (mais ne va pas jusqu'à consommer avec sa thérapeute, bien qu'à l'évidence l'envie soit réciproque), sa mère est envahissante (mais pas tant que ça, et malgré un père en plein Alzheimer), et son pote et un gros lourdaud (Seth Rogen, étonamment modéré). Bref, c'est l'horreur, et pourtant non.

Tout sonne justement juste, si je puis me permettre l'allitération, dans ce film : c'est ce qui fait son charme. Joseph Gordon-Levitt ne surjoue à aucun moment, et tous les acteurs sont parfaits.

Le propos du film est finalement assez original (j'ai quelque difficulté à me remérorer une entreprise comparable), et si la musique est franchement un peu TROP envahissante, l'impression finale est nettement positive.

 

3e

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Looper

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/22/96/20177081.jpgLe pitch de Looper n'est pas simple, comme souvent lorsqu'un film traite du sujet intrinséquement paradoxal des voyages dans le temps.

J'essaye quand même de vous expliquer en deux mots au moins le début : dans un avenir très lointain dans lequel il n'est plus possible de liquider tranquillement ses ennemis (la faute à cette satanée traçabilité), la Mafia contrôle les voyages dans le temps et expédie ses victimes dans le passé pour qu'elle soient dégommées illico par des tueurs qui les attendent à l'arrivée.

De temps en temps, ces coquins de mafiosi envoie le tueur lui-même dans le passé, et il doit alors se supprimer lui-même, fermant ainsi la boucle (Loop en anglais). Il touche alors une grosse somme d'argent et peut vivre à fond le temps qui lui reste, jusqu'au jour où on l'enverra dans le passé se faire tuer par ... lui-même.

Présenté comme cela, c'est limpide.

Les choses se compliquent un peu quand le tueur rate son propre assassinat. Vous imaginez le travail : deux versions du même gugus qui se balladent dans le présent ... ça peut devenir franchement rigolo, surtout si la version "vieux" décide par ses actions de changer le futur d'où il vient.

Le film est très agréable, car il est humblement rigoureux et efficace. Dans ce type de scénario alambiqué, le plus important est d'éviter les incohérences énormes et de s'en tenir à des lignes directrices dictées par la narration, et non par une propension à faire dans le philosophique ou l'onirique.

Looper réussit parfaitement cela, en construisant simplement de très beaux contrastes (enfant/monstre, ferme/ville, jeune/vieux) qu'il exploite à fond et sans sentimentalisme. Les rebondissements sont variés et cohérents, la psychologie des personnages est plus importante que les scènes d'action, pourtant parfaitement réussies par ailleurs.

Le réalisateur concepteur Rian Johnson évite aussi les effets de style trop appuyé au niveau de la mise en scène pour se concentrer sur la création d'ambiances épurées très efficaces : les dix premières minutes sont à ce titre superbement réussies.

Le film est plaisant parce qu'il réussit à nous surprendre sans esbrouffe.

 

2e

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