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Articles avec #johnny depp

Dark shadows

Burton fait du Burton.

Il prend ses acteurs fétiches (Johnny Depp, Helena Bonham Carter) et leur fait faire les mimiques habituelles. Depp reprend donc sans efforts une partie de sa composition du Chapelier Fou dans le désastreux Alice. Le reste est à l'avenant, dans un registre qui flirte constamment avec l'auto-citation : gargouilles en carton pâte, fantômes transparents, plans de coupe sur les vagues déchaînées, enfance brisée et incomprise, filtres colorés, etc.

Le ton du film a la prétention d'être léger, il ne parvient qu'à être inconsistant.

Le contraste entre le XVIIIème siècle et les années 70 aurait pu être beaucoup plus habilement développé qu'il ne l'est ici, réduit tristement à des clichés et à un concert ....d'Alice Cooper (!?!).

Le scénario est flasque et personne n'y prêtera attention probablement. On vient maintenant dans les films de Burton un peu comme on visite la maison hantée de la fête du village : on ne sait pas trop pourquoi on y va (rire, avoir peur ?), on trouve ça de plus en plus kitsch en vieillissant, on est toujours déçu, mais on y retourne.

Le plus triste est le manque d'imagination qui semble avoir atteint Burton : aucune fulgurance, aucun éclat brillant d'imagination. La scène - très physique - d'amour entre Barnabas et Angélique n'exploite qu'une idée, en la répétant une vingtaine de fois. C'en est presque pitoyable.

Au final j'ai eu l'impression de voir un long clip paresseux. A éviter donc, même si une seule raison peut (peut-être) justifier de voir le film : les robes d'Eva Green (et surtout la rouge).

 

1e

 

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Alice au pays des merveilles

Tim Burton est il un auteur ?

On peut légitimement se poser la question à la vision d'Alice, comme d'ailleurs à celle de ses deux Batmans, ou de la Planète des singes. Les vrais auteurs arrivent toujours à imprimer leur style à n'importe quelle oeuvre, fut-elle de commande.

Or ici, l'effrayante machine Disney arrive à formater le film suivant les pires standards en vigueur. De la légèreté et du sens de l'absurde de l'oeuvre initiale il ne reste plus qu'une confrontation binaire, des combats formatés Seigneurs des Anneaux, des monstres sortis des pires moments d'Harry Potter et des bestioles échappées du monde de Narnia.

Les bons sont fades, les méchants ne font pas peur, la poésie est aux abonnés absents. Comment Burton at-il pu accepter une scène d'un aussi mauvais goût que la danse finale ?

La bande son est insupportable, Depp est inconsistant, Alice transparente. Il n'y a guère que les premières minutes qui sont à sauver (scène du thé comprise), et encore.

A vite oublier. Une catastrophe.

 

1e

 

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Charlie et la chocolaterie

A chaque fois qu'une nouvelle porte s'ouvre dans la chocolaterie magique de Willy Wonka, c'est tout un monde nouveau que nous pénétrons, un monde magique, crédible, qui n'a rien d'enfantin, mais qui est merveilleux, au sens premier du terme : qui suscite l'émerveillement, la sidération. 

Je suis souvent assez dur avec les cinéastes réputés (et que j'aime !) mais dans ce cas, je ne peux qu'avouer que la maestria de Tim Burton entre parfaitement en résonance avec l'histoire qu'il raconte. Que tout sonne juste. Que Johnny Depp est incroyable de naïveté et de détachement cruel.

Je ne sais pas ce qu'il y a de plus admirable dans le film. Les parties chantées des oompas-lumpas qui ponctuent chaque élimination d'enfant sont incroyables de dérision et d'énergie à la fois. La scène avec les écureuils est époustouflante (elle est pourrie de l'intérieur !).
Celle de la télévision est à la fois extrêmement émouvante (un jour viendra où ce type de téléportation sera possible, on le sent physiquement) et cinéphiliquement géniale (les hommages à Kubrick, Hitchcock, etc).

Les quatre grands-parents dans le même lit et la maison de guingois sont comme sortis d'un rêve, à la fois intensément familier et profondément étranges.

J'ai trouvé ce film génial, vous l'avez compris.
Parce qu'il place Tim Burton exactement où il doit être : à l'intersection parfaite de l'enfance (merveilleuse, douce, parfaitement méchante) et de l'art adulte (magique, caustique, visuellement parfait).

C'est du grand art.

 

4e 

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Sweeney Todd

Difficile de donner un avis sur Sweeney Todd sans évoquer d'abord le musical de Broadway dont il est l'adaptation.

N'allez pas voir ce film si vous n'aimez pas ce genre-là, avec ses morceaux chantés qui se ressemblent tous, leur orchestration grandiloquente, la minceur générale de l'intrigue et une certaine mièvrerie.

Ceci étant dit, je me suis fermement ennuyé durant toute la première heure. Au début tout est trop : trop de maquillage, trop de gris dans les décors, trop de cheveux hirsutes, trop de regards noirs de Johnny Depp, trop de noirceur quand c'est noir, trop de blondeur quand c'est blond, trop de méchanceté chez les méchants, trop de fleur bleue chez Johanna.

La deuxième heure est plus intéressante, à partir du moment où les deux comparses élaborent leur nouvelle recette de tourte.

A partir de là, la noirceur devient telle que le film redevient intéressant. On se rend compte que les gentils sont en faits plus méchants que les méchants. La virtuosité de Tim Burton s'exprime à plein, par exemple dans la séquence où Mrs Lovett rêve du bonheur en bord de mer. Le contraste avec la première partie fait l'intérêt du film, dommage qu'il faille bailler une heure pour en arriver là.

A chaque film de Tim Burton, je me demande s'il est un vrai grand cinéaste ou simplement un habile filmeur qui n'aime rien tant que transformer Johnny Depp en clone de Robert Smith.

Ce n'est encore pas avec Sweeney Todd que mes idées vont s'éclaircir.NB : si vous avez vu et aimé Borat, vous apprécierez le barbier italien !

 

2e

 

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