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Articles avec #javier bardem

Everybody knows

Le début du film est surprenant et particulièrement réussi : on n'avait encore jamais vu Asghar Farhadi adopter un rythme si échevelé. Le montage est vif, les mouvements de caméra fluides et la direction d'acteurs exceptionnelle. On est véritablement immergé dans cette fête de mariage, et chaque personnage acquière rapidement une personnalité marquée.

La deuxième partie du film est beaucoup plus classique. Les ficelles scénaristiques sont bien plus grosses et plus visibles que dans films iraniens du réalisateur (A propos d'Elly, Une séparation, Le client). On attend vainement le changement de perspective qui va opérer un vrai basculement dans l'histoire. La résolution finale est un peu éventée.

L'impression globale est tout de même celle d'une grande maîtrise dans la mise en scène et d'une solide qualité dans la narration et les dialogues. Farhadi parvient ponctuellement à faire exprimer des sentiments très subtils à ses acteurs.

Si vous voulez suivre l'ensemble de mes aventures cannoise, il faut consulter mon Journal de Cannes.

 

2e

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Mother !

Mother ! commence et finit par des images d'une laideur abyssale. 

Entre les deux, il faut subir deux heures d'élucubrations fantastico-biblico-intellectuelles, qui brassent des pelletées de références en tout genre, de Polanski à Hitchcock, en passant par Stephen King.

Ce serait peu dire que les effets mis en place par Darren Aronofsky tombent à plat. C'est pire que cela : le film ne semble jamais devoir commencer. Il multiplie grossièrement les fausses pistes, les recettes éculées et les fautes de goût.

Pour couronner la catastrophe, il est beaucoup trop long, et il semble bégayer en répétant deux fois le même scénario d'un envahissement par des invités indésirables. Les deux acteurs principaux surjouent gaiement, la direction artistique est très moche, et le twist final fait complètement plaqué (on l'a trop vu pour qu'il fasse encore de l'effet).  

A éviter donc, vous l'aurez compris.

 

1e

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The last face

Oui, The last face est bien le pire film que j'ai vu dans mon existence de cinéphile.

Certains films sont mauvais, d'autres ratés, ou énervants parce que prétentieux. The last face est tout cela à la fois, et bien plus encore : il est haïssable.

Je ne sais pas trop par où commencer tellement le film multiplie les ignominies, alors je vais commencer par le début. 

Le carton introductif du film donne le ton (je cite de mémoire) : "pour un occidental, le meilleur moyen de suspendre les guerres est d'envisager l'impossible amour". OK, les habitants d'Alep apprécieront : quand Bardem batifole avec Charlize Theron, les horreurs sont moins horribles. Dégueulasse.

La façon esthétisante qu'à Sean Penn de filmer les ravages de la guerre en Afrique est à vomir : c'est non seulement une insulte au continent noir, mais aussi à l'intelligence du spectateur. Respecter la souffrance des peuples impliquerait de poser sa caméra et de regarder, plutôt que de se regarder (le nombril) comme le fait ce film immonde.

Un des sommets du ridicule est atteint quand sont envoyés dans les airs des dizaines de cylindres d'air chaud : on dirait une animation de GO du club Med dans un camp de réfugiés, c'est scandaleux.

L'histoire d'amour est plaquée, mal jouée, dans un style basé sur les ralentis et les clins d'oeil extatiques qui ressemblent à du Malick de pub pour shampoing. Mais le pire du pire est peut-être l'ahurissante médiocrité des seconds rôles : Adèle Exarchopoulos est nulle, et Jean Reno s'offre deux répliques ridicules dont le public se gausse immanquablement.

Je crois que c'est la première fois de ma vie que j'ai eu l'irrésistible envie de siffler le film pendant sa projection.

On devrait rembourser les spectateurs qui ont vu The last face, et leur verser une prime pour préjudice d'anxiété : le film est à la fois une insulte au bon goût et à la morale.

 

1e

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En chair et en os

Démarrage en douceur au festival espagnol 2011 avec un bon petit Almodovar.

C'est la première fois depuis longtemps que je revisite un film de Pedro en reculant aussi loin dans le temps (le film a 14 ans) ! Cela procure une étrange sensation, pas désagréable.

Almodovar apparaît clairement comme un cinéaste à la fois classique et majeur, à l'instar d'un Sirk, d'un Mankiewicz ou d'un Visconti. Sa mise en scène est brillante (voir cette scène d'ouverture époustouflante dans laquelle Penelope Cruz accouche dans un bus), sa direction d'acteur parfaite (tout le casting semble donner le meilleur de lui-même), son scénario retors (d'après Ruth Rendell), son montage réfléchi, ses tics déjà manifestes (sexe cru, intérieurs colorés, gros plans, musiques mélodramatiques).

Difficile de parler plus de Carne tremula (le titre original, difficilement traduisible - chair vacillante ? - est beaucoup plus beau que le titre français), sans en déflorer l'intrigue. Il s'agit de couples qui s'aiment - ou pas - et qui sur plus de 10 ans auront à faire avec la culpabilité, la jalousie, l'amour, le sexe, le handicap, la mort. C'est puissant, enlevé, rien à redire, c'est du mélo efficace servi par un Javier Bardem en fauteuil roulant, pivot malfaisant de l'histoire, impressionnant.

La soirée était dédiée à l'actrice Angela Molina, qui était présente et qui m'a fascinée : longs cheveux, silhouette magnifique, sourire solaire, nous gratifiant d'anecdotes croustillantes sur ces deux ans de vie nantaise, il y a 30 ans. Elle habitait près du château des Ducs et des oies la poursuivaient, elle et sa fille. Son premier mari est originaire des Sables-d'Olonne et elle nous a fait un beau récit de ces baignades dans l'Atlantique, elle qui ne connaissait que le liquide amniotique de la Méditerranée.

Une belle soirée.

 

3e

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Vicky Cristina Barcelona

Scarlett Johansson. Warner Bros. FranceAprès sa trilogie londonienne, Woody continue son tour d'Europe et nous emmène cette fois-ci en Catalogne.

Le film commence sur les chapeaux de roue. Voix off dessinant à grands traits les contours des personnages, puis arrivée en force de Javier Bardem, tout en virilité assumée, dans une scène excellente où il fait des propositions, disons, assez abruptes, à nos deux touristes américaines.

Les réactions contrastées, toutes en nuance, de la brune Vicky et de la blonde Cristina, puis le week end à Oviedo sont vraiment délicieux. Le marivaudage est drôle et profond à la fois.

De retour à Barcelone, le film se gâte. Il commence à tourner un peu en rond, il se traîne, Woody donne l'impression de prendre son temps, tout amoureux qu'il est de Scarlett Johansson. L'irruption de Penelope Cruz, n'arrange rien, car elle est beaucoup moins crédible que les deux autres actrices et en fait trop (un peu comme d'habitude). La venue du mari de Vicky ajoute dans la dernière partie du film un peu d'intérêt par le ridicule contraste qu'il forme avec Bardem, mais la morale qu'il dessine est un peu poussive : Allen=Europe=personnage de Bardem=créateur, alors que mari de Vicky=matérialisme=superficialité.

Le coup de feu final tombe un peu à plat.

On a dit que le film était très sensuel, mais Woody n'est sexuel qu'intellectuellement, et à vrai dire il ne sait pas trop comment filmer les scènes de sexe. Tantôt il ne les filme pas (les amants tombent hors champ), tantôt la prise de vue en très gros plan est un peu floue, tantôt un coin de table masque opportunément ce que tout le monde voudrait voir.

Même la scène entre Scarlett et Penelope, sensée être un summum de sensualité, laisse de marbre. Rien à voir avec le trouble sensuel extrême que procurait le baiser des deux héroïnes de Mulholand Drive (tiens, une brune et une blonde aussi).

Par moment, le film fait vraiment "Woody visite l'Europe", après Venise, Paris, Londres : Barcelone, et son parc Guell, sa Sagrada Familia, etc...

La bonne surprise du film est l'actrice Rebecca Hall, que je ne connaissais pas, et qui est très bien.

 

2e

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No country for old men

Paramount Pictures FranceBon, ce n'est pas facile de dire du mal d'un film des Coen quand on a adoré Arizona Junior, Blood Simple, Miller's Crossing ou Fargo.

Encore plus difficile quand la critique cannoise a dit beaucoup de bien du film, le présentant comme une Palme d'or potentielle, alors qu'à mon avis le seul rival de 4 mois, 3 semaines, 2 jours ne pouvait être finalement que Zodiac. Et que la presse en général va l'encenser la semaine prochaine.

Mais franchement, si les frères Coen ne figuraient pas au générique, qui s'intéresserait à ce film ?

Résumons nous : le rythme est lent, la véracité psychologique des personnages improbable (Javier Bardem est une caricature, les seconds rôles inexistants), et surtout la dramaturgie des scènes sensées être éprouvantes, ou au moins stressantes, est complètement ratée et on s'ennuie fermement. Le découpage est pitoyable, par exemple toute la fin avec les plans concernant Tommy Lee Jones est pédante, sans être prenante. En réalité on ne rentre jamais réellement dans le film. D'une certaine façon, je me disais dans la salle : ca y est, les frères Coen se regardent filmer, comme parfois Woody Allen s'est regardé filmer.

Alors qu'ils ont le même potentiel que lui, les frères Coen deviennent un Tarantino sous Prozac, ils devraient faire une cure d'amphétamines. Même la traduction du titre anglais en français, bizarrement accouplée au titre original, est grotesque.

Manque de rythme, d'émotions, d'innovations. Bref, à éviter. 

 

2e

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