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Articles avec #james stewart

Les affameurs

Deuxième des cinq westerns ayant réuni James Stewart et Anthony Mann, Les affameurs est une réussite. 

Il faut tout d'abord signaler le formidable décor que constitue l'Oregon, dans lequel est tourné une majorité du film, et en particulier le mont Hood, autour duquel les protagonistes semblent tourner, comme s'il y avait un esprit tutélaire dans cette montagne à la silhouette très particulière de petit mont Fuji.

Le rôle de méchant, joué par l'excellent Arthur Kennedy, est l'autre point fort de ce western rigoureusement classique. Il présente la particularité d'être pendant toute la première moitié du film absolument adorable, alter ego séduisant du gentil joué comme d'habitude par le gracile James Stewart. Les points communs entre ces deux personnages "miroirs"  (un passé identique, un amour partagé, un courage équivalent) donne beaucoup d'intérêt au début du film, et l'intérêt dramatique de l'intrigue est renforcé par le fait qu'ils se sauvent la vie mutuellement plusieurs fois. 

Les affameurs a donc une structure de drame épuré : décors signifiants dans lesquels on sent viscéralement les difficultés rencontrées par le convoi de pionniers, personnages complexes qui finissent par s'opposer dans un conflit fratricide, mise en scène inspirée (quelle séquence époustouflante dans la ville en proie à la fièvre de la ruée vers l'or !).

La deuxième partie, plus conventionnelle, m'a un peu moins plu, même si la poursuite invisible qu'effectue le personnage joué par Stewart a un aspect résolument moderne, et presque fantastique.

Un beau western.


3e

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Sueurs froides

Comme beaucoup d'autres, ce classique d'Hitchcock mérite d'être revu.

Je gardais le souvenir d'une certaine lenteur, et c'est peu dire que toute la première heure est effectivement lente. On suit le personnage joué par le grand James Stewart (quelle classe !) à travers un San Francisco de carte postale, et il arrive qu'on s'ennuie autant que lui à tournicoter dans les rues en pente.

Bien sûr, me diront les thuriféraires hitchcockiens, ces errements préliminaires participent de la mise en place qui vise à nous prendre au piège d'une intrigue particulièrement biscornue.  Et j'admettrai alors que le voyage n'est pas si désagréable, même si les couleurs y sont parfois un peu trop vives, et le jeu de Kim Nowak trop maniéré.

Tout cette lumineuse matière énigmatique et en partie soporifique trouve évidemment sa justification dans la ténébreuse seconde partie, morceau de cinéma assez impressionnant, dans lequel les deux acteurs se livrent cette fois-ci sans retenue dans un pas de deux prenant, et souvent émouvant. Le film devient alors pesant, le destin semblant comme englué dans une sorte de mélancolie mortifère.

L'ensemble du film suinte de solitude, et apparaît encore aujourd'hui dans toute sa force comme une ode féroce et noire à l'amour impossible, aux émotions corrompues et aux occasions ratées.

L'efficacité de la mise en scène d'Hitchcock est redoutable, et la scène centrale du cauchemar garde encore aujourd'hui son efficacité psychédélique.

Un beau morceau de cinéma, très légèrement indigeste à certains moments, mais brillant à d'autres.

 

3e 

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L'homme qui tua Liberty Valance

Parfois, la vision d'un "vieux" film cause une profonde désillusion : le chef d'oeuvre dont on se souvient a mal vieilli, son image est baveuse, son intrigue moins subtile que dans son souvenir, la mise en scène est un peu lâche.

Rien de tel en revoyant ce qui fut la dernière collaboration des deux géants de l'Ouest, John Ford et John Wayne. Le film surprend en effet par ses qualités intemporelles. D'abord la photographie de William H. Clothier est une merveille de précision et de beauté plastique, à mi-chemin entre naturalisme et expressionnisme.

Le sujet du film ensuite est d'une incroyable modernité. Ford y dessine les fondements de l'Amérique éternelle avec une précision d'horloger : le mal pragmatique (Lee Marvin, terrifiant de froide brutalité), la bonté violente et casanière (Wayne et son éternel sourire en coin), le politique malgré lui (James Stewart dans un de ses plus grand rôle) et la presse comme pivot de la démocratie.

L'ensemble est servi par une mise en scène d'un classicisme parfait, dans laquelle tout semble indispensable, et qui donnerait au film un aspect de tragédie grecque si la nostalgie solaire du début n'enveloppait l'ensemble dans une coque inimitable d'humanité triste et tendre.

Un chef d'oeuvre.

 

4e

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