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Christoblog

Articles avec #j'aime

L'équipier

Il y a plusieurs films dans L'équipier.

Le premier, une plongée dans l'enfer du dopage sur le tour du France 98, est le plus intéressant. Le montage nerveux et l'énergie communicative de l'acteur / cycliste Louis Talpe rendent cette plongée dans le monde cycliste édifiante et accessible à tous.

Le deuxième est une romance à l'eau de rose, agréable mais totalement anecdotique, qui se greffe un peu artificiellement sur le propos quasi documentaire du film.

Le troisième met assez classiquement en scène des scènes de courses avec le lot habituel de suspense et d'exploits qui ponctue le genre. Cet aspect est pour moi un des points faibles du film : on ne croit pas beaucoup à ces séquences assez pauvrement réalisées et qui ressemblent plus à une course amateur entre copains qu'à une étape du Tour de France. Il y manque, certainement par manque de moyens, la démesure (et notamment la foule) qui accompagne une véritable étape de la Grande Boucle.

Le réalisateur Kieron J Walsh signe ici une oeuvre imparfaite mais plaisante, dynamisée par une bande-son euphorisante.

 

2e

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Decision to leave

Dans ce dernier opus de Park Chan-Wook, tout est beau. La mise en scène est brillante, le scénario retors à souhait (pour peu qu'on arrive à suivre ses méandres jusqu'à la fin du film), l'image sublime, les acteurs et actrices formidables.

Et pourtant, par une sorte d'effet de magie noire, le film n'est pas exceptionnel, sans que l'on puisse bien comprendre ce qui manque : l'étincelle de l'émotion, un supplément d'âme ? Le vertige amoureux et sensuel qui m'avait saisi lors de la vision de Mademoiselle est ici totalement absent.

Mais malgré ces réserves, il faut quand même encourager les spectateurs à aller voir la dernière livraison du réalisateur de Old boy, car on y voit des effets et des idées qu'on a jamais vus ailleurs. Un exemple saisissant : le monde vu de l'intérieur d'un smartphone. C'est tout bête, mais l'effet est immédiatement surprenant. Le coréen est ainsi : il invente et survole son art, quitte à laisser parfois les enjeux narratifs de son film au bord du chemin.

Park Chan-Wook sur Christoblog : Thirst - 2009 (***) / Stoker - 2012 (***) / Mademoiselle - 2016 (****)

 

2e

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Buzz l'éclair

Au rayon des points positifs de ce spin off de la série Toy story : une perfection technique impressionnante, quelques jolies idées (les voyages dans l'espace qui changent l'écoulement du temps), un certain courage (un chaste bisou gay qui vaut une interdiction dans 14 pays musulmans) et un Buzz dont la personnalité est assez conforme au jouet qui porte son nom dans les films (un optimisme forcené associé à une efficace naïveté).

Pour le reste, le film d'Angus MacLane est un peu décevant. Après un début plutôt intéressant du point de vue scénario, il devient dans sa deuxième partie une partie de tirs lasers qui regarde vers la monotonie redondante des premiers Star Wars, sorte de space opera qui ne décollerait jamais (toute l'action se passe sur une seule planète). 

Le mode de narration Pixar reste toutefois assez efficace, maniant second degré agréable et délicats moments de surprise. 

A vous de voir, je suis partagé !

 

2e

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Je tremble, ô matador

Je tremble, ô matador représente pour moi ce que le cinéma peut produire de meilleur : une histoire intéressante et émouvante, servie par des acteurs au top et une mise en scène intelligente.

Tout est bon dans le film du chilien Rodrigo Sepulveda. L'histoire est captivante : un travesti sur le déclin, la candidature Pinochet, un révolutionnaire idéaliste beau comme un Dieu. Les ingrédients sont explosifs, les péripéties du film surprenantes.

La mise en scène est formidable, et notamment la photographie, que j'ai trouvé somptueuse. Le film est d'une beauté plastique confondante, avec en plus une sensation de plongée dans les années 80 d'un réalisme absolu.

Enfin, last not but not least, la prestation de l'acteur Alfredo Castro, dont on ne dira jamais assez qu'il est l'un des meilleurs acteurs vivants au niveau mondial, est au-delà de tous les qualificatifs : émouvant sans être larmoyant, profond sans être lourd.

Une réussite sur tous les plans, un grand moment de cinéma.

 

4e

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Don Juan

Pari osé que cette vraie fausse comédie musicale, dans laquelle l'intrigue lacunaire ne se dévoile que très progressivement.

Don Juan, pas vraiment défendu par la critique et détesté par le public, présente de nombreux aspects perturbants : une narration froide et distanciée, une composition très apprêtée, un jeu d'acteur qui penche souvent vers une sèche artificialité.

Il est donc étonnant, alors que j'ai détesté les précédents films de Serge Bozon, que je me sois laissé intriguer par cette histoire à double détente (Don Juan est follement amoureux d'une femme qui le repousse, alors que le fantôme de l'une de ses ex-victimes rôde dans les parages, sous la forme d'un père-commandeur chantonnant).

Je trouve que l'atmosphère du film vaut le détour, quelque part entre un Lynch nostalgique et un Demy éthéré. Tout n'y est pas parfait, loin de là, mais l'exercice m'a au final plu et touché. On y découvre un Tahar Rahim étonnamment à l'aise dans l'exercice du chant et un Alain Chamfort redoutablement séduisant. Quant à Virginie Efira, présente dans le film sous de multiples versions fort différentes, elle reste égale à la grande actrice qu'elle est progressivement devenue. 

Contre tous, j'ai aimé cette noire histoire d'amour.

 

2e

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Compétition officielle

Il y a en Espagne en ce moment une mode des comédies caustiques et cruelles ! Après le chef d'entreprise cynique de El buen patron, voici le clash d'egos d'une réalisatrice imbue d'elle-même (formidable Penelope Cruz), d'un acteur de type hollywoodien (Antonio Banderas au summum de superficialité bling-bling) et enfin d'un comédien de théâtre radical (Oscar Martinez très à l'aise dans son rôle de rabat-joie).

Le film enchaîne les scènettes plus ou moins amusantes avec une belle inventivité (la scène du baiser avec la figurante, celle du rocher, celle des prix). Au delà du plaisir vaudevillesque des aventures du trio, Compétition officielle propose une réflexion incidente sur la condition d'acteur, par forcément très profonde, mais la plupart du temps plaisante.

Distrayant, ne serait-ce que pour la prestation rayonnante de l'inoxydable Penelope Cruz, toujours au top.

 

2e

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Top gun : Maverick

Ce qu'il y a de remarquable dans Top gun : Maverick, c'est l'absence totale de second degré. 

Le film est d'une frontalité absolue : les sentiments qui y sont montrés sont beaux, les personnages sont magnifiques, la mise en scène impeccable, les couchers de soleil splendides. Pas de scories, pas de mauvais goût (ou quasiment pas), mais pas de méchants non plus. Et peu de suspense, car dans ce monde parfait, personne ne peut mourir.

On ne s'ennuie pourtant pas trop en regardant Tom Cruise revivre d'anciens traumas en multipliant les exploits aériens et en re-séduisant la pimpante Jennifer Connely. Joseph Kosinski fait ce qu'il faut pour que l'intérêt soit toujours maintenu à un niveau minimum, permettant de tenir à peu près éveillé les 2h11 du film. 

Donc si vous n'êtes pas réfractaire à la rhétorique du héros américain toujours en conflit avec sa hiérarchie (mais qui sauvera tout le monde à la fin), aux bons sentiments servis en pinte et aux cabrés-piqués filmés sur un bon rythme, le film vous plaira. Il représente finalement un genre en disparition : le blockbuster bien écrit et spectaculaire, dans lequel aucun super-héros ne vient pointer le bout de sa cape.

Avoir vu le premier opus (et en être nostalgique), ce qui n'est pas mon cas, représente probablement un plus.

Je vous laisse juge.

 

2e

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Clara sola

Handicap, désir sexuel et nature luxuriante forment le creuset de ce curieux film.

Clara est une femme de 40 ans qui vit avec sa mère et sa nièce dans une maison isolée, au milieu d'une forêt tropicale. Sa colonne vertébrale est de travers et son esprit ne fonctionne pas parfaitement. Mais Clara a des dons : elles peut guérir les maladies, prévoir la pluie et les animaux l'adorent. Clara se masturbe la nuit et sa mère lui trempe les doigts dans du piment frais, pour la dissuader.

A partir de cette trame pour le moins originale, la réalisatrice costaricaine Nathalie Alvarez Mesen réussit à produire un film plein, dense, dans lequel la sensualité affleure constamment, ménageant de superbes scènes. Je garderai longtemps en mémoire ces images qu'on pourrait croire échappées d'un roman de Gabriel Garcia Marquez.

A ne pas rater, si vous aimez le cinéma sud-américain et que vous n'êtes pas réfractaire à un naturalisme teinté de fantastique.

 

3e

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Coupez !

Coupez ! commence par une série Z de 30 minutes filmée en plan séquence. On se demande vraiment ce qu'on est en train de regarder. Plusieurs scènes sont complètement ratées, les dialogues sont nuls et les acteurs semblent souvent improviser maladroitement. Parfois un effet de style fait cinéma d'auteur (la caméra est fixe alors que les personnages sortent longuement du champ, ou reste par terre après être tombée, façon found footage).

Mais curieusement, l'action se poursuit cahin-caha, et le réalisateur (un Romain Duris survolté) parvient à toujours retomber toujours sur ses pieds en parvenant même parfois à nous emporter.

Après cette introduction, le film raconte la genèse de ce qu'on vient de voir : comment cette série Z a été préparée, puis tournée. Hazanavicius parvient alors à nous surprendre et à nous émouvoir. Beaucoup d'éléments inexplicables du film initial trouve alors une explication rationnelle, parfois hilarante.

Cette deuxième partie est une déclaration d'amour au cinéma et plus spécifiquement à la volonté de tourner coûte que coûte, même avec peu de moyens et en dépit des difficultés rencontrées. C'est souvent drôle, très bien rythmé et tous les seconds rôles sont formidables.

Ce remake d'un film japonais est une ouverture parfaite, pétillante et réjouissante, pour le Festival de Cannes 2022.

Suivez jour par jour le Festival 2022 : Mon journal de Cannes 2022

 

3e

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Karnawal

Ce joli film argentin présente un premier intérêt, c'est la découverte de la deuxième danse importante d'Argentine avec le tango, le malambo.

Les scènes de danse sont très impressionnantes, le malambo étant intrinsèquement spectaculaire, avec son jeu de claquette et une grande expressivité dans les torsions de cheville.

Pour le reste, ce premier film est assez classique, mêlant assez habilement différents genres (thriller, drame familial, road movie) autour de l'histoire d'un jeune homme préparant un concours de malambo, alors que son père sortant de prison rentre à la maison. L'intrigue n'est pas réellement captivante mais ce n'est pas vraiment important.

Autres intérêts de ce film très dépaysant : la prestation de l'immense acteur chilien Alfredo Castro, et les paysages magnifiques d'une région méconnue d'Argentine, la quemanda de Humahuaca, à la frontière bolivienne.

Une belle découverte.

 

2e

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Hit the road

Ce qui est remarquable dans Hit the road, c'est l'équilibre délicat que le film parvient à maintenir tout au long ce ces 93 minutes, entre circonstances dramatiques et distance humoristique.

Le père est taciturne et déverse son acidité placide sur tous et toutes. La mère est magnifique, pleine de force et de beauté intérieure. Le petit garçon, insupportable pipelette, est drolatique. L'autre fils, jeune adulte, ne dit rien, et on comprend rapidement que le sujet du film, c'est son avenir.

Tout cela est déjà vu, mais sublimé ici par une légèreté presque poétique, agrémentée d'un grain de folie et d'une bonne dose d'auto-dérision. C'est léger, filmé avec une grâce toute iranienne (les cinéastes iraniens n'ont pas d'équivalent quand il s'agit de développer toute une dramaturgie à l'intérieur d'une voiture). Ce beau road movie se déroule dans des paysages magnifiques, qui donnent au film une tonalité profonde et vitale.

Un bijou.

 

3e

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Nitram

Il existe des films puissants, pesants, désagréables et au final impressionnants : Nitram fait partie de ceux-ci.

L'idéal est de voir le film de Kurzel sans en connaître la teneur, mais je suppose qu'il sera bien difficile d'y parvenir ici tant la presse présente le film comme le portrait du jeune homme qui a commis l'irréparable.

Si on supporte donc la pesanteur inhérente au film, on ne peut qu'être bluffé par le jeu exceptionnellement sensible de l'acteur Caleb Landry Jones (justement récompensé par le prix d'interprétation à Cannes), la maîtrise de la mise en scène et l'habileté de l'écriture.

On sort rincé du film, perplexe sur la nature des sentiments éprouvés, entre admiration pour la construction du film, respect pour les performances et la pudeur de la caméra (les scènes de fin) et dégoûté par l'impression de gâchis et d'impuissance qui suinte de cette histoire montrée dans toute sa sèche vérité.

Du cinéma à l'os.

Justin Kurzel sur Christoblog : Macbeth - 2015 (**)

 

2e

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Les passagers de la nuit

Le cinéma de Mikhaël Hers est d'une délicatesse tellement grande qu'elle flirte souvent avec l'insipidité.

Lors que cette délicatesse rencontre une solide architecture narrative, cela donne un excellent résultat (Amanda), lorsqu'elle illustre une absence de propos, elle emplit l'écran de cinéma d'un vide cotonneux (Memory lane).

On est ici un peu entre les deux. L'écoulement du temps, le jeu convainquant de Charlotte Gainsbourg (qui semble s'améliorer de film en film), la finesse avec laquelle les émotions et états d'âme sont captés rendent le film très appréciable et attachant.

Mais ce qui est raconté n'est en réalité pas très intéressant. Une femme au foyer qui doit se réinventer après n'avoir connu qu'un seul homme, les émois adolescents, la collision de milieux sociaux très différents : autant de sujets déjà vus mille fois et qui n'ont d'intérêt ici que parce que la patine de la mise en scène les irise d'une tonalité douce-amère, mettant en valeur les sentiments d'empathie et de partage.  

Un film touchant, dans lequel l'émotion effleure parfois, et qui se regarde comme on feuilleterait un vieil album de famille. C'est à la fois beau, sensible, et un peu vain.

Michaël Hers sur Christoblog : Mikhaël Hers sur Christoblog : Memory Lane - 2010 (*) / Amanda - 2018 (***)

 

2e

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En corps

Il en va de Klapisch comme il en a été de Lelouch : on est surpris et bouleversé quand la recette utilisée (bons sentiments et confiance absolue en la puissance narrative du cinéma) fonctionne aussi bien !

En corps commence de façon très efficace : de superbes scènes de danse, un personnage qui impose immédiatement sa présence (formidable Marion Barbeau, une révélation), et une grande densité dramatique en une seule séquence.

Lancé sur ces très bons rails, le film enchaîne ensuite une alternance de morceaux de bravoure et de temps calmes consacrés au tableau d'une lente reconstruction faisant suite à un double deuil. Sans verser dans le sentimentalisme niais, Klapisch brasse de belles et profondes émotions qui font mouche. Une des forces du film est de situer une bonne partie de son action dans  un environnement dopé par la fougue des danseurs, et dans lequel trône une Muriel Robin impériale.  Pio Marmaï est renversant en cuisinier possédé, et le couple qu'il forme avec Souheila Yacoub est très drôle.

La troupe du chorégraphe Hofesh Schechter insuffle dans En corps un souffle puissant et bienfaisant, qui célèbre l'exultation des corps, et des âmes. C'est vraiment très beau.

Cédric Klapisch sur Christoblog : Un air de famille - 1996 (***) /  L'auberge espagnole - 2002 (**) / Les poupées russes - 2004 (***) / Paris - 2008 (***) / Ma part du gâteau - 2011 (***) / Casse-tête chinois - 2013 (**) / Ce qui nous lie - 2017 (**)

 

3e

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Cocktail molotov

Le deuxième film de Diane Kurys, qui suit l'incroyable succès du premier, Diabolo menthe, est très intéressant.

Il commence comme une ode à la jeunesse libertaire en rupture vis à vis de la famille. Cette première partie est rafraîchissante et rappelle les plus belles réussites en matière de portrait de la jeunesse (Doillon, Kechiche).

Lorsque notre trio part à Venise, puis en revient, le road trip se transforme petit à petit en récit à la fois triste et distancié, par la grâce de quelques scènes de toute beauté (le témoignage du gendarme par exemple). 

Si Cocktail molotov a si bien vieilli, c'est surtout grâce à la performance des acteurs. Elise Caron rayonne littéralement en archétype précoce de femme libérée. Mais c'est la toute première apparition de François Cluzet qui emporte le morceau : sa gouaille un peu distante (on pense à Vincent Lacoste, le cynisme en moins), la beauté de sa voix et son aplomb imperturbable forcent l'admiration.

Une expérience délicieuse.

 

3e

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The king's man : première mission

Sortie DVD

The king's man : première mission présente l'équilibre parfait qu'on attend d'un film d'action, entre scénario surprenant et fouillé, et scènes spectaculaires.

En ce qui concerne la narration, le troisième volet de la trilogie parvient à insérer dans son intrigue de nombreux personnages réels qui vivent leur vie "normale" : l'archiduc Ferdinand, lord Kitchener, Raspoutine, Lénine, Mata Hari. Cela donne au film une patine réaliste dans sa première partie que ne possède aucun film équivalent.

Dans la seconde partie, Matthew Vaughn parvient à se hisser en terme d'action à ce qui se fait de mieux dans le genre. Les scènes finales qui montrent les héros s'attaquer à la citadelle minérale du méchant boss sont impressionnantes.

Le film est une gourmandise sans prétention, qui souffre parfois de quelques baisses de rythme sans gravité, un peu moins drôle que les épisodes précédents, mais qui se regarde avec plaisir.

Kingsman sur Christoblog : Kingsman : services secrets - 2015 (***)

Le DVD sort le 6 mai en 4K UHD, Blu-Ray, DVD, Coffret trilogie Kingsman et en achat digital depuis le 28 avril chez 20th Century studios, site Internet, page Facebook et page Twitter. Voir aussi la fiche Cinetrafic du film.

 

2e

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Drôle

Drôle, la nouvelle série de Fanny Herrero (Dix pour cent) est-elle drôle ? Et bien, pas vraiment.

Mais elle présente l'intérêt de montrer l'univers du stand up de l'intérieur, et elle met en scène des personnages attachants, Aïssatou (Mariama Gueye) et Nezir (Younès Boucif) en tête. On souhaite à ces deux-là les destins de Laure Calamy, Camille Cotin, Nicolas Maury, ils en ont potentiellement l'étoffe.

Drôle est donc plutôt agréable à suivre, même si (et je me souviens que j'avais eu le même type de sentiments au début de Dix pour cent) l'écriture peut paraître parfois brouillonne et même vulgaire. La plupart des personnages sont stéréotypés sans finesse (la mère d'Apolline par exemple) et certaines scènes tombent à plat.

Malgré ces défauts, je dois avouer que j'ai tout de même dévoré les six épisodes, tant le talent de Fanny Herrero est grand pour tisser avec efficacité une progression dramatique certes un peu téléphonée, mais redoutablement efficace.

Je vais attendre la suite pour voir si l'amélioration qu'a connu Dix pour cent au fil des saisons (plus de densité, de profondeur, de subtilité, puis de noirceur) se retrouve ici.

Fanny Herrero sur Christoblog : Dix pour cent (***) 

 

2e

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A chiara

Jonas Carpignano poursuit ici son exploration, entre fiction et documentaire, de "sa ville" calabraise, Gioia Tauro.

Ce troisième film, après Mediterranea et A ciambra, nous emmène dans le milieu de la mafia. On suit le destin d'une jeune fille qui se rend progressivement compte à quinze ans que son père est un mafieux.

La façon de Carpignano fait ici merveille : mélange de réalisme brut (les scènes familiales du début, caméra à l'épaule, image à gros grain façon Kechiche) et d'onirisme égrené par petite touche (les rêves de Chiaria, la chambre en feu, le gouffre dans le salon).

Le film a une bande-son formidable, très travaillée et signifiante. La thématique du choix de vie, celui du passage à la condition d'adulte sont très bien traités. Mais ce qui emporte tout, c'est le visage et le corps rayonnants de Chiara, sa volonté de vivre, son exigence de comprendre.

Quelques scènes sont tout simplement géniales : la cache dans la brume, le passage du contrôle policier. Urgence, captation des sentiments les plus complexes au plus prêt, la vie semble ruisseler de l'écran dans les films de Carpignano.

Un formidable thriller psychologique mâtiné de documentaire brut.

Jonas Carpignano sur Christoblog : A ciambra - 2017 (****)

 

3e

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Et il y eut un matin

Ce joli film israélien présente beaucoup de qualités et constitue une très jolie découverte. 

L'idée de départ est très maline : un arabe qui habite Jérusalem et qui méprise son milieu d'origine reste bloqué dans son village natal où il est venu assister à un mariage, suite à un blocus inexpliqué mis en place par l'armée israélienne.

S'en suit une suite de mésaventures tour à tour comiques, émouvantes, tendres, et dramatiques. Notre personnage principal n'a plus accès à internet et va devoir communiquer avec sa famille, ses amis du passé et sa femme !

Le film est très composé (le scénario est remarquable) et riche en thématiques (la situation politique, les factions palestiniennes, les sans-papiers, le courage, la déliquescence d'un couple).

La mise en scène de Kolirin est intelligente et inspirée, à l'image de ses coeurs palestiniens qui chantent lorsque la ville est privée d'électricité. Et il y eut un matin est à la fois un beau film politique et une chronique délicate de nos lâchetés quotidienne : le film est à découvrir.

Eran Kolirin sur Christoblog : La visite de la fanfare - 2007 (***)

 

3e

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Ego

Sortie DVD

Grand vainqueur du Festival de Gérardmer 2022, ce film finlandais se place dans ce qui est en train de devenir une tendance lourde : l'épouvante nordique un peu barrée. Récemment, l'islandais (et poétique) Lamb, puis le norvégien (et alambiqué) Les innocents, ont montré le chemin d'un surnaturel profondément ancré dans le quotidien.

Ici, la réalisatrice Hanna Bergholm prend toutefois un chemin un petit peu différent en présentant la tableau d'une famille presque trop parfaite : la mère a un goût particulièrement kitsch en matière de décoration (du rose, du verre, des coeurs), elle tient un blog, et exerce une pression psychologique infernale sur sa fille de onze ans qui prépare un concours de gymnastique.

Evidemment ce monde parfait et sucré s'avère rapidement tordu : la mère a un amant et l'inconscient de la petite fille Tinja va revêtir plusieurs formes inquiétantes et assez réussies. Le film n'est pas avare de jumpscares, mais aussi de visions formelles d'une grande beauté, le tout assez concis et ramassé pour préserver l'intérêt de Ego jusqu'à la fin.

Je conseille donc plutôt ce film bien écrit (la dernière partie est assez surprenante), servi par l'interprétation impressionnante de la jeune Siiri Solalinna. J'ai pu voir le film en Blu-ray et apprécier encore plus la qualité de la belle photographie du film.

Le film sort directement en DVD et en Blu-Ray, édité par The Jokers Entertainment (site Internet de l'éditeur, sa page Facebook et sa page Twitter), en Blu-Ray et DVD le 27 avril, ainsi qu'en VOD. Fiche du film sur Cinetrafic : https://www.cinetrafic.fr/film/64620/ego

 

2e

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