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Articles avec #j'aime

A bord du Darjeeling limited

Je comprend qu'on puisse ne pas aimer les films de Wes Anderson. J'ai moi-même émis de sérieuses réserves sur La vie aquatique.

Son penchant adolescent qui n'arrive pas à devenir adulte, assumé et revendiqué, peut ne pas plaire à ceux qui préfère un cinéma plus mature, ou plus construit.

 

A l'inverse, ceux qui peuvent entrer dans la bulle du réalisateur trouveront dans ce film un joyeux fourre-tout sillonnant une Inde rêvée à bord d'un (trop ?) joli train bleu qui arrive à se perdre dans un désert. "Mais comment un train peut il se perdre, il est sur des rails, non ?" se demande fort justement l'excellent Jason Schwartzman, as de la litote et du silence qui tue.

Il est question de fratrie, comme si souvent au cinéma, et plus exactement de 3 frères mal remis du décès de leur père (dont il trainent les bagages, à la fois réellement et métaphoriquement), et en manque de mère, comme on le verra.

Leurs mésaventures indiennes sont pleines d'un humour décalé, d'un burlesque au ralenti et d'un sens aigu de la répartie imparable.

Les trois acteurs sont magnifiques, avec une mention spéciale à Adrien Brody. Les guest stars sont sublimes, Natalie Portman, toujours plus mince, dans un court métrage introductif et parisien à montrer dans toutes les écoles de cinéma tellement il est bien mis en scène, Bill Murray, excellent dans un Lost in Transportation décoiffant, Anjelica Huston, pleine de force et de vie.

Sur le fond l'ambiance indienne est bien restituée, sur la forme le pays est montré plus beau qu'il n'est et dans les scènes du village l'aspect hollywoodien en devient franchement gênant.

La deuxième partie, pleine de rebondissements - dont un tragique - et de fausses fins, est moins bonne que la première durant laquelle la finesse psychologique de la mise en place des trois caractères est délectable.

Un très bon moment si vous appréciez l'humour décalé ou connaissez l'Inde.


3e

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Be kind rewind

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/65/13/25/18897968.jpgIl y a dans ce film deux parties biens distinctes.

La première met bien en évidence les talents de Michel Gondry : une certaine poésie déjantée, une efficacité souple et racée dans la mise en scène. Cette partie est plaisante mais un peu anecdotique.

On retiendra surtout certaines performances de Jack Black par exemple quand il évacue sa radioactivité en pissant, ou le moment saisissant et un peu surréaliste ou les deux héros se transforment en caméléons sur fond de poste électrique.


La deuxième partie, pour moi moins convaincante, même si l'émotion est bien présente, tourne un peu au sentimentalisme style Cinéma Paradiso à la mode new yorkaise.
 
Restent la façon dont les films sont "suédés" et le résultat qui est souvent très drôle (Rush Hour 2) ou émouvant (Miss Daisy). Dans le générique de fin il est précisé qu'on peut voir les films suédés sur un site, mais je n'ai pas trouvé. Par contre beaucoup d'amateurs réalisent leur propres films suédés : Dailymotion organise même un concours. Est ce que les majors vont intervenir, comme dans le film ?


Probablement anecdotique dans la carrière de Michel Gondry, Be kind Rewind vient s'ajouter à la longue liste des films "qui montrent le tournage d'un film", ici dans une variante bricolage de génie.

Un bon moment.

2e

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Bienvenue chez les Ch'tis

Dany Boon et Kad Merad. Pathé DistributionBon, vous allez me dire, quelle drôle d'idée d'aller voir un film de Dany Boon.

Vous avez raison, mais j'étais à la neige, le cinéma local ne proposait rien de plus passionnant (en tout cas pas There will be blood, ni Redacted) et le cinéma français c'est aussi ça : une bonne comédie familiale avec un cinéma plein et un gars devant qui rigole fort, et pas au même moment que vous.

Au final le résultat est assez plaisant.

Dany Boon et surtout Kad arrivent à jouer des personnages attachants, sans surjouer, évitant le syndrôme De Funès. Boon arrive à ne pas être ridicule en n'apparaissant jamais complètement idiot, voir en maniant un second ou troisième degré (Ch'tivie Wonder...).

Pour ceux qui connaissent le Nord, le film est plein de souvenirs plus ou moins appuyés : les mots, la cuisine, l'alcoolisme, les baraques à frittes, le beffroi, les têtes de géant, le kop des Sang et Or du Racing Club de Lens, le char à voile sur les plages immenses, les maisons en briques....

Il faut bien l'avouer, si l'histoire ne vaut pas grand chose, on a bien rigolé, et sans se complaire dans la vulgarité. C'est déjà pas mal.

 

2e

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Paris

Je ne sais pas à quoi pensait Klapisch en tournant son film, mais le résultat est un film choral franchouillard.

Dans le genre film choral, De l'autre côté a donné récemment une forme brillante, proche de la tragédie grecque, dans lequel les personnages affrontaient leur destin.

Ici ils affrontent plutôt leurs petit tracas sur un fond de Paris de carte postale, mais le résultat n'est pas si mauvais.

Et les petits tracas, pour la première fois dans la filmographie de Klapisch, prennent la forme de la mort (Duris, le père de Luchini, l'accident de moto), sans qu'on y adhère à 100 %, je suis d'accord, mais cela produit son petit effet. De toute façon, je ne crois qu'il soit possible d'adhérer à 100 % à un film de Klapisch.

Au rayon des points forts : Juliette Binoche, plus elle est enlaidie, plus elle rayonne, comme un joyau, de l'intérieur. Son strip-tease devant un Albert Dupontel médusé est un grand moment de cinéma.

Comme toujours chez Klapisch, les acteurs sont très bien : Luchini se maintient juste sous le seuil du cabotinage (de justesse), Mélanie Laurent est hot (qui dira le contraire ?), Karin Viard impayable en boulangère raciste (accueil de la salle à Nantes pour sa tirade sur les bretonnes !), Cluzet est nul à souhait (il sait faire, mais le rêve en animation est assez bien vu), Dupontel est craquant, et Duris s'en sort bien dans un rôle chausse-trappe.

Dans les points forts aussi, des passages musicaux très beaux : la ritournelle envoutante de Wax Taylor teintée de nostalgie (quand Duris regarde les vieilles photos), Juliette qui se déchaine sur Louxor (j'adore) et le numéro exceptionnel de Luchini. Au rayon des points faibles : le reste, c'est à dire tout, ou presque (90 % du scénario, 80 % de la mise en scène), y compris des approximations coupables (l'itinéraire de l'africain, les top models aux halles...).

Klapisch est le Lelouch du XXIème siècle : films baclés, souvent horripilants, potentiellement géniaux, toujours à la limite.

Enfin est ce que Paris (le film) parle bien de Paris (la ville) ? Réponse : moins bien que Les chansons d'amour, bien sûr.

 

3e

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Juno

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/65/29/40/18868601.jpgLa publicité compare abusivement Juno à Little Miss Sunshine.

Ce dernier était plus drôle, plus déjanté, plus sombre et plus critique vis à vis de la société américaine que Juno. Les grands frères de Juno seraient plutôt les frères Farrelly, même si ces derniers sont beaucoup plus pipi caca et corrosifs.

Juno, elle, est vraiment craquante. Du haut de ses 16 ans, mal fringuée, toujours affublée de la même queue de cheval, elle marche comme un mec et a la langue bien pendue. Elle évolue au milieu de mondes décrits assez subtilement : celui petit bourgeois de son père et de sa belle mère, et celui bobo de la famille adoptant son futur bébé. Pratiquant allégrement l'auto-dérision, Juno séduit tout le monde par sa candeur crue et rapeuse sans jamais être obscène, et sa volonté de fer. Elle ne craquera qu'une fois, au bord de la route, alors qu'un train passe, dans une très jolie scène.

Un vrai vent de fraicheur souffle sur ce film à mille lieues de la comédie américaine formatée, qui confirme le talent tout à fait particulier de Jason Reitman, déjà remarqué pour Thank you for smoking.

 

3e

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Battle for Haditha

Surreal DistributionBataille pour Haditha prend le parti du tournage sur un mode quasi documentaire d’'un événement tragique qui vit les marines américains faire un carnage dans la population civile irakienne de la ville d'’Haditha.

Cet aspect documentaire est réellement très très bien réalisé : pour tout dire, on s’'y croirait et cela faisait longtemps que je n’'avais pas eu l'’impression d'’une immersion totale dans un milieu aussi typé qu'un conflit armé.

La vie quotidienne des irakiens et des marines est particulièrement bien montrée, et c'est le grand intérêt du film.

Le scénario, même s’'il lui arrive de manipuler quelques grosses ficelles, est assez habile au final et la tension croissante est prenante. On retient les messages que le réalisateur, dont c'’est le premier film non documentaire, voulait faire passer : le manque de professionnalisme effarant de l’'armée américaine, le dilemme terrible du civil irakien lambda coincé entre les américains et les extrémistes, le cynisme insoutenable et la redoutable efficacité des insurgés d'’Al Qaida, le traumatisme insurmontable des jeunes soldats.

Bataille pour Haditha forme un beau dyptique avec Dans la vallée d’'Elah, ce dernier montrant les conséquences sur le sol américain de ce que montre le premier. 

 

2e

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Lust, caution

Tony Leung Chiu Wai et Tang Wei. Focus FeaturesAng Lee est un cinéaste académique. Dans le Secret de Brokeback Mountain, cet académisme était transcendé par l'histoire d'un amour interdit, impossible, qui brillait comme un joyau étincelant. La nature était son écrin, et le film donnait la sensation du temps qui passe comme peu de films sont capables de le faire.

C'était académique, mais aussi simplement beau, comme John Ford pouvait l'être.

Dans Lust, caution les mêmes qualités se retrouvent. Le sujet est toujours tiré d'une courte nouvelle. La mise en scène est toujours très classique, sans effet spécifique. Il y a un amour compliqué. Le Shangai des années 40, magnifiquement reconstitué, très Lotus Bleu, est un écrin visuel superbe à une histoire complexe, qui s'étire sur plusieurs années.

Les mêmes qualités que dans Brokeback, mais à mon sens, avec un peu de moins de force. Le jeu des deux acteurs principaux est subtil, quelques scènes sont réellement émouvantes, mais d'autres sont un peu creuses (peut être à cause de l'inexpérience de Tang Wei, c'est son premier film) - et finalement, j'ai eu l'impression que quelque chose d'important filait entre mes doigts sans que je sache quoi exactement. Il me semble aussi que le groupe de jeunes révolutionnaires est décrit de façon trop superficielle.
Les scènes de sexes, sur lesquelles on a beaucoup glosé, sont crues : on se demande à quel point elle sont simulées, et les jeux de miroirs imbriqués (l'actrice/le vrai personnage/le personnage qui joue, et même peut-être qui joue à jouer) deviennent vertigineux.

Le titre originel "Se, Jie" résume encore mieux que le titre anglais la complexité des relations entre les personnages. "Se" veut dire à la fois la couleur, le charme, et le désir sexuel. "Jie" veut dire l'abstinence, la retenue, la prudence - et les deux termes veulent aussi dire rôle de théâtre, bague, encercler, donner l'alarme. Ceux qui ont vu le film comprendront la subtilité de ces allusions.

L'intérêt du contexte historique, la beauté visuelle du film, et la réflexion sur les rapports entre sexe et sentiments méritent au final que vous alliez voir le film.

 

3e

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Into the wild

Emile Hirsch. Paramount VantageInto the Wild est un film à qui je pourrais aussi bien mettre 1, 2, 3 ou 4 étoiles.

Il est par moment pompeux, apprété, grandiloquent.

Quelquefois aussi cul-cul, si américainement naïf. D'un autre côté il tente plein de chose et cela le rend profondément intéressant et touchant. Il faut essayer d'imaginer un Gus Van Sant, qui ne serait pas arty, mais plouc du Nébraska.

Le film ressemble beaucoup par certains aspects à Brokeback Mountain : même rôle joué par la nature, même attention aux sentiments des personnages, même pertinence dans la restitution du temps qui passe et des occasions ratées, même souffle romanesque. Mais Sean Penn n'a pas non plus la délicatesse d'Ang Lee, et sa mise en scène fait plus gros qui tâche que Chambolle Musigny.

Alors pourquoi 4e ? Parce que la générosité qui imprègne le film rend ses défauts attachants, parce que la bande-son est super, la nature américaine extraordinaire à regarder, les gros plans sur les visages magnifiques, le final éblouissant. Sean Penn est un vrai cinéaste physique qui filme à l'instinct et si cela implique des erreurs, cela génère aussi une connivence incomparable. Emile Hirsh (d'où il sort celui là ?) joue comme Leonardo Di Caprio dans Aviatior, avec une pointe de Titanic, il est impressionnant.

 

4e

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Les chansons d'amour

Ludivine Sagnier. Bac FilmsMon premier article 2008 sera consacré à la vision en DVD d'un des films qui m'a le plus marqué en 2007 : Les chansons d'amour.

Bon, je sais en ayant parcouru les blogs que les avis sont plus que partagés sur cette oeuvre, et .... c'est ce qui me plaît, car la cinéphilie déteste les tièdes.

Evidemment, si l'idée qu'une personne normalement constituée commence à pousser la chansonnette au moment d'avoir une relation homosexuelle avec un ado breton te semble peu naturelle, et t'empêche d'adhérer pleinement au film, c'est mal parti.

Mais sinon, la vérité est que ce film :

1 - est magnifiquement joué. Garrel est le digne héritier d'Antoine Doinel et tout son personnage est sous emprise truffaldienne (cabotine parfois, mais l'entendre dire "je suis très mélancolique" lors qu'il est complétement bourré est un grand moment). Les deux filles sont craquantes, tout en étant complètement dissemblables : la blonde, pleine et lumineuse, la brune, insaisisable et virevoltante. Chiara Mastroianni est bouleversante et même les seconds rôles sont parfaits (l'autre soeur, la mère) apportant chacun un personnage totalement consistant psychologiquement

2 - est doté d'un scénario résolument moderne et en phase avec son époque, en en reflétant toutes les subtilités et tous les antagonismes (engagement/détachement, plaisir/souvenir)

3 - est monté de façon magistrale. Ce qui marque le plus en revoyant le film est l'absence totale de plan inutile. La scène du jardin de la Pépinnière est exemplaire : un plan sur les enfants qui jouent puis sur Chiara qui chante (brièvement), un plan fixe sur une allée d'arbres nus (la mort) pointant vers un point de fuite indéfini (l'absence) : toute la tragédie du deuil est dite en quelques minutes

4 - montre Paris comme la ville n'a jamais été montrée, ses stations de métro, ses balayeurs, ses cafés, ses enseignes lumineuses, ses passants, ses gens qui téléphonent dans les cabines, ses ambulances, l'ange de la Bastille, les grilles des jardins, les bureaux de tabacs, les kiosques à journaux

5 - expose une mise en scène totalement virtuose : du balais des chaises à roulettes dans le premier plan à l'acrobatie en corniche sous observation du dernier plan, tout n'est que volte, arabesque, esquive et légèreté

Je sais que l'ombre de Demy plane sur le film (l'héroine s'appelle Pommeraye comme le nom du célèbre passage couvert nantais, la scène ou Julie semble flotter sur un tapis roulant etc...) mais il est bien plus que ça. Je pense qu'il est aussi plus que le film d'une époque comme Les nuits fauves ont pu l'être pour les années Sida. Il est simplement le premier film totalement abouti d'un cinéaste hyper doué qui pourrait être le plus grand réalisateur français sur la durée : Aime moi moins, mais aime moi longtemps.


4e

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De l'autre côté

Pyramide DistributionDe l’'autre côté est un grand film classique : scénario complexe, acteurs attachants, mise en scène efficace, discrète, très élégante.

Les trois parties s’'agencent remarquablement, les deux premières préparant le sommet de la troisième, dans laquelle Hanna Shygulla est époustouflante.

Fatih Akin confirme ici un talent exceptionnel. Les mouvements de caméra dans la rue, ou lors des déplacements en train, sont très fluides, très beaux, et me rappelle ce que disait –qui déjà (Godard ?) : le travelling est affaire de morale

2 heures très agréables avec des acteurs impeccables et une musique turque qui donne un indéfinissable vernis de mélancolie sereine à ce drame choral, qui n’'est pas sans rappeler le Short Cuts d’'Altman à la sauce germano-turc.

Fatih Akin est un futur très grand, c'est sûr. Le seul point qui me freine un petit peu dans ce film, c'est le trop plein de sens et d'intentions, mais c'est souvent le cas des oeuvres de première partie de carrière.

 

3e

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La graine et le mulet

Hafsia Herzi et Habib Boufares. Pathé DistributionJe n'avais pas été aussi enthousiaste en voyant L'Esquive que la plupart des critiques.

Je trouvais le film verbeux, brouillon, "pas fini". Les mêmes critiques peuvent s'appliquer à La graine et le mulet, bien que le film possède cette fois ci une puissance romanesque qui balaye presque les défauts cités ci dessus.

La galerie de personnages est exceptionnelle. C'est vraiment dommage que Kechiche n'ait pas resserré son film (il y a 30 minutes de trop) et n'ai pas non plus su le conclure (on ne saura jamais ou est parti Magyd...).

Les gros plans et les allers retours caméra à l'épaule fatiguent un peu aussi. Globalement une bonne surprise quand même et des scènes très, très émouvantes. Une jeune actrice craquante aussi. A voir.

 

3e

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4 mois, 3 semaines, 2 jours

Bac FilmsCertains films sont physiquement éprouvants.

4 mois 3 semaines 2 jours font partie de ceux là.

Mungiu propose un cinéma physique, sensoriel, dans lequel un plan peut-être un vrai coup de poing en pleine figure, un regard un coup de poignard dans le coeur.

Ici, la nuit est vraiment noire, les bruits de repas sont assourdissants, le temps s'écoule comme de la colle.

Le film approche la perfection sur tous les plans, et la mise en scène discrète et efficace rappelle un peu maître Kieslowski (une utilisation des décors et une science du cadre hors du commun). Les actrices et acteurs - Monsieur Bébé !! - sont magnifiques, le restitution de la vie quotidienne impressionnante.

Le film réussit ce qui en cinéma est une sorte de Graal : montrer l'indicible avec la plus grande économie de moyen. C'est Bresson, Hitchcock, Kubrick qu'il faut convoquer.

Une palme d'or méritée, cela faisait longtemps. A voir absolument.

 

4e

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La visite de la fanfare

Sophie Dulac DistributionCeux qui ont vu Prendre femme, le film réalisé et joué par Ronit Elkabetz, ne l'oublieront pas de sitôt tellement la prestation de l'actrice israélienne était époustouflante.

Ici, en simple actrice d'un premier film, elle est une nouvelle fois souveraine de sensualité impertinente et assumée.

Les autres acteurs sont tous quasiment parfaits à commencer par Sasson Gabai qui joue un Toufik a priori coincé et prude, mais qui réussit avec un simple haussement de sourcil à donner une profondeur psychologique insoupçonnée à son personnage.

 

Le film souffre de quelques (rares) imperfections de jeunesse, mais sinon, quel plaisir, quelle alternance de burlesque pur, d'émotion contenue, de fous rires (la boite à patins à roulettes !), et de vraies belles idées de mise en scène (la façon dont la caméra épouse le point de vue de la fausse mer, du faux jeu d'enfants, de la fausse pelouse dans le vrai faux parc).

Un vrai et bon moment de cinéma.

 

3e

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Les promesses de l'ombre

Naomi Watts. Metropolitan FilmExportCronenberg n’'a plus l'’insolence souveraine et malsaine de ses débuts.

Il garde par contre un art de la mise en scène tout en subtilité et en sobriété.

A ce titre, les dix premières minutes des Promesses de l’'ombre sont exceptionnelles : montage parfait, musique excellente, direction d’'acteurs exemplaires (je suis tombé cinématographiquement amoureux de Naomi Watts dans Mulholand Drive, et là rebelotte), mise en scène fluide et discrète.

Les trois acteurs sont vraiment incroyables. – Vincent Cassel impayable en gay refoulé, Viggo Mortensen aiguisé comme une lame de cutter dans un sauna, et Naomi… : j'’ai déjà dit. Progressivement le film perd son intérêt et je peine d'ailleurs à me souvenir précisément de son dénouement, mais peu importe, la petite musique Cronenbergienne fait son effet.

La scène dans le sauna est vraiment une scène d'anthologie. Vraiment.

 

3e

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La nuit nous appartient

Eva Mendes et Joaquin Phoenix. Wild Bunch DistributionComme tous les cinéastes rares, comme Terence Mallick, James Gray s'était mis une pression maximum en tardant tant à sortir son troisième film.

Et bien, c'est une déception, à la hauteur de l'attente. Jamais on entre véritablement dans le film qui est bourré d'incohérences et d'invraisemblances : comment imaginer qu'un magnat de la drogue fasse visiter son antre à un quasi inconnu sans avoir vérifier son pedigree et découvert que son père et frère sont flics ?

Et pourquoi dans le champ de blé le héros est il seul à chercher son ennemi ? Etc.

Joachim Phoenix est inexistant, Eva Mendes traverse le film sans qu'on comprenne son personnage et "l'amour" entre les deux frères est très très peu crédible. Le dernier plan est d'une mièvrerie à couper le souffle.

Restent pour les 2* quelques très belles scènes qui montrent que Gray peut être un GRAND cinéaste (la poursuite sous la pluie, l'attaque dans la cache). A revoir.

 

2e

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Dans la vallée d'Elah

Charlize Theron et Tommy Lee Jones. Warner Bros. FranceDès le début du film une froideur vous saisit. La lumière des premières scènes est blafarde, bleutée, glaciale.

Le jeu de Tommy Lee Jones et le visage de Charlize Theron sont figés, coupants comme des lames de rasoirs. Les pièces ou reposent les corps sont froides. Cette première partie est très réussie. Puis petit à petit le film se réchauffe.

 

Mais au fur et à mesure qu'il se réchauffe il s'essouffle. Les grosses ficelles scénaristiques se font voir : les vidéos du téléphone au compte goutte .

A la fin reste un polar pas désagréable, mais dont le rattachement à l'Iraq est anecdotique. Le même film à propos de la Bosnie, ou du Viet-Nam, fonctionnerait de la même façon. 

Paul Haggis peut sûrement beaucoup mieux faire.

 

2e

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This is England

Thomas Turgoose. Ad VitamLe point fort du film est le réalisme de sa description des années 80 en Angleterre.

En matière de vérisme social il n'y a vraiment pas mieux que les anglais, et pas seulement Mike Leigh !

A ce titre le premier tiers du film (générique compris) est vraiment plaisant.

Après, le rythme faiblit, les passages musicaux font un peu clip, le scénario s'essoufle (c'est quoi ce flirt avec Smell ?!).

Au final le film reste attachant grâce à ces acteurs, et au jeune héros en premier lieu, si intrinsèquement ... anglais.

 

2e

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Paranoid park

Gabriel Nevins. MK2 DiffusionPour ceux qui connaissent Elephant, on voit les mêmes effets dans ce film : travelling arrière dans un couloir de highschool, multiplication de ralentis, effet de flou, jeu avec la lumière, boucle temporelle, même scène vue plusieurs fois, bande son déstructurée, dialogues filmés en ne montrant qu'un des deux personnages, etc...

Mais alors que dans Elephant la forme s'accordait parfaitement au fond (le destin, la folie, le temps) ici elle tombe un peu à plat. Peut être parce que le sujet est trop anecdotique. Ou parce que l'acteur est moins charismatique que le groupe d'Elephant.

J'ai l'impression que Gus Van Sant a perdu la grâce, certaines scènes sont franchement gnan-gnan : la lettre dans le feu, l'arrivée des skaters au ralenti à la convocation du policier, façon 7 mercenaires, certaines musiques.... Cela étant dit, il y a de beaux moments, et on voit bien qu'il y a du talent là dedans, c'est dommage.

 

2e

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Un baiser s'il vous plait

Virginie Ledoyen et Emmanuel Mouret. Pascal Chantier / TFMExcellent.

Il est toujours jouissif de voir un réalisateur concevoir un projet original, le mettre en oeuvre avec détermination et le réussir de bout en bout.

 

Et c'est le cas ici. Emmanuel Mouret nous donne une comédie sentimentale extrêmement légère tout en étant profonde, dialoguée magnifiquement, intrigante et amusante.

Un bijou, aussi délicieux que ceux de Rohmer ou que certains de Woody Allen, en plus aérien, plus "XVIIIème". Un film parfaitement hors mode, et totalement anti conformiste, que je conseille 1000 fois pour se convaincre que la comédie française, ce n'est pas uniquement José Garcia ou Camping.

A voir de toute urgence pour passer une excellente soirée, en compagnie d'un Marivaux du XXIème siècle.

 

4e

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Secret sunshine

Jeon Do-Yeon. Diaphana FilmsSecret Sunshine est une belle manifestation du talent subtil de Lee Chang-dong, ancien ministre de la culture de son pays de 2002 à 2004.

Le film, tout en étant un mélo d'une noirceur abyssale, arrive à multiplier les changements de ton.

Comédie de moeurs d'abord, à travers le personnage du garagiste simplet interprété par l'extraordinaire Song Kang-ho, probablement le meilleur acteur coréen. Mais aussi critique de la société sud coréenne (excellente analyse de l'influence des sectes), tragédie classique (la rencontre en prison), thriller flou, drame psychologique, voire farce burlesque.

Le tout est sobre, rarement ennuyeux, mis en scène de façon classique mais élégante. Un film attachant, empreint d'une sourde tristesse, mais aussi d'une belle espérance. L'actrice est exceptionnelle et mérite 1000 fois son prix d'interprétation à Cannes.

Parfait pour découvrir un cinéma coréen hors des polars et thrillers.

 

3e

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