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Christoblog

Articles avec #j'aime

Les trois royaumes

 Lin Chi-Ling. Metropolitan FilmExportEn regardant Les trois royaumes, j'ai retrouvé des sensations que j'éprouvais petit le mardi soir en regardant les westerns sur la troisième chaîne.

Des bons, des méchants (mais des méchants classe, pas des idiots ou des brutes).

De la bravoure, du courage, de l'intelligence, de l'amitié, de l'amour, de l'astuce, de l'émotion. Une narration simple et limpide. Une beauté visuelle époustouflante.

Pour son retour au pays, John Woo n'a pas lésiné sur les moyens, les décors et les trucages sont à la hauteur des films hollywoodiens, voire au-delà. On reconnait la patte de maître Woo à l'extrême fluidité de sa caméra, au sens des mouvements originaux, aux tics récurrents (envol de colombes, scènes aux milliers de chandelles, ralentis appuyés).
 
Alors qu'il a pu s'égarer quelquefois aux US, ses talents trouvent ici une occasion de se déployer en pleine harmonie avec l'histoire et le style de son film.

Le cadre dans lequel se déroule la majeure partie du film est sidérant de beauté (le camp de la falaise rouge). Sa topographie très lisible est un des atouts majeures de l'histoire : cette partie reprend les codes de la tragédie antique dans un immense théâtre naturel. Comme dans les meilleurs westerns ce sont donc les grecs qui peuvent être convoqués en référence de cette belle histoire antique, en particulier Homère et ses héros tour à tour rusés et/ou courageux. Le film doit beaucoup aux acteurs, excellents, avec une mention spéciale pour le couple Tonny Leug / Takeshi Kaneshiro. L'actrice est aussi très émouvante.

Un bien beau divertissement.

 

3e

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Je vais bien, ne t'en fais pas

Mélanie Laurent. Mars DistributionEmoustillé par la vision de Welcome, je me procure le précédent film de Philippe Lioret.

Et..... je retrouve bien dans ce film, en germe, tout ce qui éclatera pleinement dans le film suivant par la grâce d'un sujet autrement plus politique (au bon sens du terme).

A savoir :

1 - un sens du casting épatant. Mélanie Laurent est parfaite. Kad Merad est profond. Tous les acteurs jouent juste, même les deuxièmes ou troisièmes rôles.
2 - un art de la mise en scène consommé (montage bien rythmé, alternance des plans larges et resserrés, utilisation des focales et des premiers/deuxièmes plans)
3 - une impression de réalité que le cinéma français peine généralement à nous donner

L'intrigue est certes un peu juste, mais les promesses d'un beau et grand cinéma français, réaliste et sentimental à la fois, sont là.

 

2e

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The chaser

Haut et CourtLe cinéma coréen a décidément le génie du film de genre : western, horreur, film de monstre, thriller, policier.

The Chaser est une variation habile sur le thème du serial killer comme l'était déjà l'excellent Memories of Murder, dont j'ai parlé récemment sur ce blog.

Ici, l'originalité est que le tueur est découvert dans les 5 premières minutes du film, exactement de la même façon que The Host donne à voir le monstre très rapidement. La conséquence est que le film commence par ce qui est bien souvent, dans d'autres oeuvres, la fin. C'est une façon de dire : bon voilà, ce gars est vraiment un sadique, il en a tué 9 ou 12, peu importe, maintenant voyons voir comment le film peut évoluer, et les personnages avec.

Le tueur emmène donc sa victime dans une maison qui n'est pas la sienne, est dérangé, doit sortir, puis par un concours de circonstances étranges est démasqué dans la rue. Mais la police n'a pas de preuves, ou pas assez. Commence donc un jeu du chat et de la souris totalement prenant et d'une violence rare, alors que la victime agonise doucement dans la pièce ensanglantée

Le film montre superbement les ruelles de Séoul, en particulier sous la pluie battante. Il est vif, bien monté. Les personnages comme souvent dans les films coréen sont très ... directs, voire vulgaires. Comme souvent aussi les autorités sont tournées en ridicule, ou du moins leur incompétence n'est pas dissimulée. Les deux personnages principaux sont bien joués, ils donnent tous les deux une noirceur profonde au film.

Petit défaut : certains effets sont trop marqués, mais c'est le premier film d'un tout jeune réalisateur, dont il parait qu'il n'a pas encore tout à fait fini ses études de cinéma. On ne lui en tiendra donc pas rigueur.

Un très beau coup d'essai, qui vient d'obtenir un prix au festival du film asiatique de Deauville. A voir, si vous pouvez supporter une certaine dose de violence et de tension.

 

3e

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Welcome

Firat Ayverdi. Guy FerrandisTrès agréable surprise.

Depuis quand n'avait-on pas vu un film français se coltiner avec un problème social contemporain, tout en étant un bel objet cinématographique ?

Depuis Ressources Humaines de Laurent cantet, peut-être... 

Evacuons tout de suite la polémique douteuse montée de toute pièce par Eric Besson à propos de la comparaison avec les méthodes utilisées envers les juifs lors de la shoah. C'est ridicule, et en plus ce qu'a dit Lioret n'était pas faux. Mais passons.

Ce que montre Welcome de la vie des migrants à Calais est remarquable. Plus encore, le rôle de la police, ce qu'encourent les habitants s'ils aident les clandestins : tous ces sujets sont très intéressant.

Le film parvient à dresser un tableau saisissant de la situation, non pas d'une façon didactique mais à travers deux prismes :

- celui du thriller autour de l'aventure d'un jeune kurde, thriller très percutant, d'abord dans le camion, puis dans la mer
- celui de l'évolution psychologique du personnage principal, remarquable Vincent Lindon, qui contre toute attente n'en fait pas trop, et dont l'anglais est délicieux

Il est très touchant de voir comment les liens se tissent entre lui et le jeune acteur (remarquable aussi), passant très rapidement d'un prétexte pour reconquérir sa femme à quelque chose de plus profond : l'amour de son prochain, la compassion, et ce faisant sa propre humanité. D'une certaine façon, le mécanisme à l'oeuvre chez Lindon est probablement celui qui conduisit les Justes à sauver des juifs pendant la seconde guerre mondiale, et c'est très beau de le voir à l'écran.

Philippe Lioret, d'une façon qui me surprend beaucoup, révèle un sens de la composition très sûr, dans les plans presque abstraits de la piscine, des athmosphères glauques, et l'épisode très réussi de la traversée, où les sensations éprouvées face aux tankers puis dans la tombée de la nuit sont très fortes. Le montage est excellent lui aussi, vif, alerte, signifiant (rapide passage de Sarkozy !).

Il y a certes un peu de sensiblerie ici ou là, quelques petits défauts que les autres se chargeront de noter. Mais quand les qualités d'émotions et de mise en scène sont là, pourquoi faire la fine bouche ?

 

4e

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Gran Torino

Clint Eastwood et Ahney Her. Warner Bros. FranceDifficile de parler de Gran Torino et de l'icône Eastwood en faisant abstraction de l'avalanche de louanges que critiques, spectateurs et blogueurs ont déjà déclenché dans un bel ensemble.

Le film se laisse regarder, mais comme souvent chez Eastwood, un certain nombre de points m'empêchent de crier au chef-d'oeuvre.

D'abord la mise en scène et le jeu des acteurs sont très académiques. Eastwood surjoue volontairement, mais un petit peu trop à mon goût. La progression de l'histoire, assez convenue, ne brille pas non plus par son originalité.

Là où le film est le plus convaincant et emporte la mise, c'est dans la description insolite de l'immersion du white american old school dans le milieu Hmong. "J'ai plus en commun avec ces gens qu'avec mes propres fils" dit Walt dans le film. La façon dont les deux parties s'apprivoisent et apprennent à se connaître est réellement bien vue (je pense notamment à la longue séquence du repas durant laquelle Walt erre avec aisance parmi les étrangers qu'il haïssait quelques heures auparavant). Le sens de l'humour qui plane doucement sur toute une partie du film est aussi très agréable. Par moment il vire même au burlesque d'une façon assez inhabituelle chez Eastwood ces derniers temps (les duels d'injures avec italiens et irlandais par exemple, ou la scène des offrandes).

Quant au débat "On s'attendait à Dirty Harry chez les bridés, et c'est tout à fait autre chose / c'est tout à fait ça" il paraît un peu vain, tant on peut défendre des points de vue opposés sur la question avec la même force. Le fait est que Eastwood sent la fin approcher et sait qu'il se met en scène peut-être pour une des dernières fois. Que le fantôme d'Harry traîne dans son esprit au moment où il se filme lui-même dans un cercueil est inévitable.

Une bonne soirée, sans que je comprenne toutefois l'enthousiasme délirant de l'accueil critique vis à vis d'un film tout de même assez formaté et prévisible. 

 

3e

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Tulpan

Le personnage principal de Tulpan est la steppe kazakhe.

Le paysage dans lequel se déroule le film est en effet fascinant : plus plat, je ne crois pas que ce soit possible.

La ligne d'horizon, parfaitement horizontale, sépare exactement deux mondes : celui d'en-bas, monotone, dans lequel une yourte apparaît de loin en loin, un cauchemar pour le chef opérateur, car rien n'accroche le cadre, et celui d'en haut, plus changeant, avec ses orages, ses nuages, ses tornades.

Asa est un jeune homme qui revient d'un séjour dans la marine pour habiter chez sa soeur, son beau-frère, et leurs 4 enfants. Pour s'installer il lui faut un troupeau, pour avoir un troupeau il lui faut une femme. La première disponible s'appelle Tulpan, elle habite avec ses vieux parents à une journée de tracteur. Hélas, les oreilles d'Asa ne plaisent pas à Tulpan...

Le film vaut plus par son ambiance que par son scénario. La façon dont les personnages sont isolés dans l'immensité est poignante, la puissance de la nature y est directement sensible, comme en mer. On se rend parfaitement compte de l'interdépendance des êtres humains entre eux, et de leur lien fusionnel avec les bêtes du troupeau.

Asa qui n'a ni yourte, ni femme, ni troupeau n'arrive pas trouver sa place. Dans l'intimité de la yourte familiale où chacun dort côte à côte, il gêne. Il n'est pas compétent en tant que berger. Dans cet environnement impitoyable l'inutilité sociale est elle tenable ? Asa partira-t'il à la ville, à 500 km de là ? restera-t'il ? Voilà en résumé l'enjeu de la deuxième partie d'un film intéressant, même si certaines de ses scènes auraient gagné à être légèrement raccourcies.

 

2e

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The wrestler

Mickey Rourke. Wild BunchEvidemment il y a toujours des grincheux que la vue de la réalité, en l'occurrence du corps, dérange, exaspère ou ennuie. Mon voisin lors de la projection de The Wrestler était de ceux là : une remarque désagréable à chaque vomissement ou blessures de Mickey Rourke, puis pour faire bonne mesure, un commentaire final bien senti envers ces incapables qui ont donné un Lion d'Or à un film comme celui là.

Oui, voir notre corps comme de la viande n'est pas si confortable, c'est vrai. Pour lui : viande tailladée, écrasée, poinçonnée, bourrées aux hormones, piquée, droguée, alcoolisée, brûlée aux UV, meurtrie. Pour elle : viande exhibée, percée, peinte, enveloppée dans le bon emballage, puis vendue. De la viande partout, à tel point que The Ram finit par en vendre, en frire, en trancher, et même au final couper la sienne propre avec l'outil destiné à couper celle du porc.

De la viande, oui, mais avec des sentiments dedans.

En osant un parallèle pas évident, je dirais que Hunger, magnifique film, montrait l'âme dans/en dépit du corps, et The Wrestler montre les sentiments dans/en dépit du corps. La viande s'appelle Robin, mais celui qui aime, et qui voudrait tant qu'on l'aime en retour, s'appelle Randy, et les deux cohabitent comme ils le peuvent. Le corps est fatigué, usé, les sens sont émoussés (lunettes et appareil auditif sont nécessaires), le coeur/viande est au bord de la rupture, mais à l'intérieur le coeur/sentiment est en pleine forme, il lui faut de l'amour, de l'amitié, n'importe quoi Marisa Tomei. Wild Bunchqui ressemble à un sentiment. Catcheurs, fille, amante potentielle, petit garçon qui joue à la Nintendo, public, Randy essaye toutes les pistes et toutes, ou presque, échouent.

Il fallait un drôle de cran pour tourner ce film au scénario minimaliste et quelques fois proche du mélodrame, du cran, et un acteur fabuleux. Rourke réussi une performance exceptionnelle, comme revenu d'entre les morts. La mise en scène est sobre, rugueuse comme la peau couturée du héros, caméra à l'épaule et gros grain. On dirait presque un film européen de ce point de vue. Les Dardenne ne sont pas loin.

Les décors (si on peut dire) sont gris, glauques, superbes, magnifiquement en phase avec l'histoire, comme la bande son, qui se finit dans le ton juste avec la belle chanson de Springsteen, l'enfant le plus célèbre du New Jersey où se déroule le film.

The Wrestler : l'amour, avec de la viande autour.


4e

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Memories of murder

Un coin de campagne en Corée, dans les années 1980.

Une jeune fille habillée de rouge est retrouvée violée puis étranglée. Puis une deuxième.

Les deux flics du coin, une brute patibulaire qui croit reconnaître un coupable en le regardant dans les yeux, et un teigneux violent et obsédé, n'arrivent pas à gérer l'affaire.

Un jeune policier de Séoul, beau et malin, rompu aux méthodes plus modernes d'enquête, vient les épauler.

Un troisième corps est découvert grâce à lui.

A partir du schéma classique du serial killer, Bong Joon-Ho réussit un film très prenant et très beau.

Bien sûr, le développement de l'enquête qui ne ménage pas rebondissements et suspense, est captivant en soi. Je ne peux pas en dévoiler grand-chose sans gâcher votre plaisir de spectateur mais sachez qu'il faut toujours écouter les histoires que se racontent les jeunes filles dans les écoles, que la radio peut se révéler une aide précieuse dans ce type d'enquête, et que les hommes portant une culotte rose se réfugient dans les mines à ciel ouvert.

Au-delà du prétexte policier, déjà très agréable, Bong Joon-Ho nous offre une mise en scène raffinée, absolument étonnante chez un jeune réalisateur dont c'est le deuxième film. Les scènes de groupe démontrent par exemple un sens du cadre et de la composition remarquable (la scène du restaurant quand le commissaire vomit). L'alliance d'un réalisme très cru par moment (les cadavres) et d'un esthétisme discret mais très présent (le ralenti sous la pluie, la façon de filmer la nature, le brio des scènes d'action, l'atmosphère magique de la mine, l'épilogue élégiaque) donne au film une beauté plastique "qui fait sens". De ce point de vue Memories of Murder rappelle évidemment le style de David Fincher et préfigure d'une certaine façon Zodiac.

Percent également dans le film le sens de l'observation sociale qui sera le terreau de l'excellent The Host, et la finesse de l'étude psychologique avec des personnages qui évoluent beaucoup de ce point de vue tout au long du film. Tous les acteurs, Song Kang-Ho en tête, sont très bons.

A noter que l'intrigue se nourrit de faits réels, et fut tourné non loin du lieux des crimes.

Un classique en puissance.

 

4e

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Les plages d'Agnès

Agnès Varda. Les Films du LosangeAvec un peu de retard je vois Les plages d'Agnès.

Je passe un assez bon moment sans que le film ne bouleverse ma hiérarchie 2008 (ouf !).

Pour dire vrai, en inventant un nouveau concept, l'autodocumentaire, Agnès Varda se place un peu en dehors de toute compétition.

Son habile patchwork intéresse en montrant à la fois l'histoire d'une famille, la vie d'une artiste, des fragments d'histoire culturelle (Morrison, LA), des lieux géographiques emblématiques (Venice, Sète, Paris), des gens (le ferrovipathe !!), des installations de plasticienne pas inintéressantes (les pommes de terre, les photos de théatre, la maison faite de pellicules), et surtout, oui surtout, car c'est vraiment le moment ou le film devient film, une histoire d'amour et de mort (avec Jacques Demy).

Est ce un film ? Peut-être pas. Est ce du cinéma ? Oui, sûrement.

 

3e

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L'étrange histoire de Benjamin Button

Rarement un film m'aura inspiré des sentiments aussi partagés que celui-ci, pour finalement aboutir à une opinion résolument positive.

L'histoire est limpide bien qu'invraisemblable : un homme nait vieux et rajeunit au fil du temps.

A partir de cette trame ténue et fragile tirée d'une très courte nouvelle de FS Fitzgerald (25 pages) David Fincher tire un film fleuve de 2h44.

Ce qui est de remarquable et étrange dans le film est le rapport qu'il entretient aux temps : temps de la projection, long, pas ennuyeux, confortable comme de vieilles pantoufles, temps de la narration, 80 ans, à l'envers, ou à l'endroit suivant le point de vue, ou symétrique, ou même parallèle si on considère l'idée géniale d'installer le jeune vieux dans une maison de retraite, temps de l'appropriation, car les sentiments qu'inspirent le film ne sont pas les mêmes pendant la projection, en en sortant, et le lendemain.

Cette faculté exceptionnelle qu'à David Fincher de rendre sensible la fine trame du temps m'avait enthousiasmé dans Zodiac, son meilleur film à mon avis. Ici, elle est dévoilée avec moins de finesse, plus d'emphase. Mais probablement est-elle susceptible de rencontrer un plus large public.

Quant à la réalisation, d'une curieuse façon, elle résiste à l'analyse : elle est volontairement "old school" par moment (les coups de foudre, l'horloge) et à d'autres (le bateau, quelques paysages, une vision des docks, les scènes avec le pygmée...) on se demande si son aspect vieillot est assumé ou pas.

J'ai détesté le non-jeu de Brad Pitt sur le moment, puis à la réflexion je me dis qu'il était difficile de jouer le personnage autrement. Et puis toutes les manipulations numériques en "motion capture" peuvent expliquer le manque d'expressivité de l'acteur (ou de ce qu'il en reste).

Cate Blanchett m'a par contre émerveillé sur ses premiers plans (elle est d'une vivacité incroyable), puis m'a énervé quand elle "allume" Pitt dans une des scènes les plus lourde du film, puis m'a semblé exceptionnellement émouvante dans la dernière partie du film, où la mélancolie le dispute au vertige (voir Brad Pitt plus JEUNE qu'il n'est est encore plus troublant que de le voir plus vieux).

En somme, le film tiraille le spectateur entre des sentiments contradictoires, des sensations étranges, comme un grand fleuve boueux dont les tourbillons sont à la fois nettement dessinés et totalement incompréhensibles.

 

3e

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Espion(s)

Guillaume Canet et Géraldine Pailhas. Mars DistributionOui, bien sûr il ne s'agit que d'un thriller français qui veut faire dans le réalisme. Donc, forcément ça ne peut pas aller bien loin.

Cette petite pique étant lancée, Espion(s) n'est pas un mauvais film.

Il commence sur les chapeaux de roue avec une immersion anxyogène dans le monde des bagagistes de Roissy, s'enlise un peu dans les méandres d'une intrigue prévisible
et londonienne, ménage quelques beaux portraits : un Guillaume Canet mal dégrossi qui ressemble de plus en plus à Jean Gabin, une Géraldine Pailhas à son meilleur niveau qui rend crédible une histoire d'amour naissante et des douleurs anciennes, un H Girardot parfait en méchant froid et manipulateur.

Par une pirouette dont le cinéma a le secret il se trouve que les deux amants se retrouve dans une salle projetant le sublime film Veer Zaara dont vous trouverez la critique quelque part ci dessous, et en plus il s'agit de la scène absolument génialissime dite "de la danse de Lodi".

Quand on connaît l'histoire d'amour intense et tragique de ce film indien, difficile de ne pas y voir l'écho de celle vécue par les deux personnages d'Espion(s).

La mise en scène de Saada est épurée, agile, assez convaincante.

Pas un mauvais moment, pas un chef-d'oeuvre non plus.  

 

2e

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Veer Zaara

Bodega FilmsSi vous ne connaissez pas le cinéma de Bollywood, Veer Zaara peut constituer une bonne introduction à condition :

1 - que vous passiez au-delà de votre réaction de rejet lors des 10 premières minutes et que vous alliez jusqu'au bout

2 - que vous aimiez les mélos à la Douglas Sirk

3 - que vous vouliez voir un "vrai" Bollywood, faits par des indiens pour des indiens

Moyennant ces conditions vous aurez droit à du grand spectacle.

Au premier degré, Veer Zaara est une triste histoire d'amour rythmée par quelques chansons avec tout ce que Bollywood sait mettre de techniques, de couleurs, de mouvements de caméra grandioses.

Bien sûr, vous trouverez certainement que les acteurs surjouent, ce qui est normal pour un occidental. Les mimiques de Shah Rukh Khan, la mégastar indienne, vous énerveront au début, et puis vous verrez, on s'y fait. Preity Zinta a une pêche d'enfer, on dirait quand elle danse un robot animé.

Au deuxième degré, vous verrez des acteurs qui ne sont pas dupes de ce ce qu'ils font, s'arrêtant quelquefois au milieu d'une danse pour lever les yeux au ciel, ou plaisantant à moitié au milieu d'une scène tragique (Veer qui réalise qu'il devra disposer d'un tracteur pour promener Zaara et ses huit enfants). Vous apprécierez que le film aborde les relations indo-pakistanaise, ce qui est rudement osé (l'acteur principal, qui joue un sikh dans le film, est musulman). Vous regarderez les bonus et serez fascinés par l'exhumation de chansons vieilles de 30 ans pour ce film.

Au troisième degré, vous garderez le souvenir d'une ligne pure qui dessine la silhouette d'un amour infini comme peu d'oeuvre d'art ont su le montrer (on pense à Roméo et Juliette). La deuxième partie du film, excellente, parfait contrepoint du romantisme béat de la première partie, est somptueuse : rebondissements en tout genre, retournements de situation géants et ellipses improbables la rendent imprévisible. L'intensité des sentiments est telle que les acteurs n'ouvrent plus les lèvres pendant les chansons, c'est leur âme qu'on entend (?!).

"Sont ils humains ou sont ils des Dieux ?" demande un des personnages dans le film. Voilà qui résume bien l'extraordinaire histoire contée par Yash Chopra.

Si vous ne pleurez pas, c'est que vous avez un coeur de pierre.

 

3e

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Slumdog millionaire

Difficile de bouder son plaisir en regardant Slumdog Millionnaire. Un scénario bien travaillé, des acteurs qui ont la pêche, une mise en scène déjantée (un peu trop diront certains), une musique qui remue : que du bonheur.

Ouais, les cadrages de travers et les visages coupés en deux ne vous font pas un cinéaste, mais Danny Boyle n'est pas non plus Bergman, et on s'en fout en l'occurence. Slumdog millionaire, c'est pas les Fraises sauvages à Mumbai, c'est plutôt Trainspotting au pays de Bollywood, et ça déménage.

Pourquoi notre héros veut-il jouer (et gagner ?) à "Qui veut gagner des millions ?" : la réponse n'est pas si simple, et il faudra de nombreux flashbacks pour comprendre le pourquoi du comment. A part ça, on dirait par certains aspects du pur Bollywood (des sentiments qui débordent, des méchants vraiment - très - méchants, de l'amouuuuur !). Et le gentil est intelligent, bien que réservé.

Au final ce qui rend le film si plaisant, c'est l'Inde, évidemment 1000 fois plus réelle que dans A bord du Darjeeling Limited, et plus particulièrement Maximum Mumbai la ville de tous les délires. Ce qu'on voit de Bombay, surtout au début, dans la scène magistrale de la poursuite des enfants dans le bidonville, est absolument fascinant et Danny Boyle réussit parfaitement à rendre sensible la frénésie de cette ville.

Le générique de fin enfonce le clou bollywoodien pour notre plus grand plaisir. Foncez voir Slumdog Millionaire et embarquez dans un grand huit des sensations fortes, pas forcément très subtiles, mais bien relevées.

 

3e

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Bon alors, 2008 c'était comment ?

C'est l'heure des bilans, alors allons-y. Si vous avez des commentaires, faites les, ça me fera plaisir.

Meilleurs films

Les 5 premiers sont vraiment au dessus, après tout se tient + ou -.

1- Hunger

Becker Films International

Une expérience sensorielle qui dépasse le cinéma.  Le coeur, le cerveau, et les tripes sont touchés simultanément, un choc comme je n'en avais plus eu depuis longtemps au cinéma.

Peut être un chef-d'oeuvre.






2 - Into the wild
3 - Un conte de Noel
4 - La vie moderne
5 - Mesrine : l'instinct de mort

6 - La belle personne
7 - J'irai dormir à Hollywood
8 - Bons baisers de Bruges


Meilleure comédie de l'année.

Et de loin.







9 - Two lovers
10 - A bord du Darjeeling Limited
11 - Juno
12 - Paris
13 - Entre les murs
14 - Valse avec Bachir
15 - Les plages d'Agnès
16 - Burn after Reading 
 
Meilleurs acteurs / actrices
 
1 - Michael Fassbender dans Hunger
2 - Joaquin Phoenix dans Two lovers


Je n'aime pas Joaquin Phoenix.
La preuve que mon classement est objectif.








3 - Vincent Cassel dans les Mesrine
4 - Juliette Binoche dans Paris
5 - Emile Hirsh dans Into the wild
6 - Léa Seydoux dans La belle personne
7 - Colin Farrel dans Bons baisers de Bruges
8 - Mathieu Amalric dans Un conte de Noel 
9 - l'équipe d'Entre les murs
10 - les 3 frères d'A bord du Darjeeling et les 3 acteurs du Bon, la brute et le cinglé
 
Le film que je n'aime pas et je ne vais pas me faire de copains avec les lignes qui suivent
 
... No country for old men.

Ah, si la dégustation à l'aveugle existait en cinéma, je suis certain que plus de la moitié des gens qui encensent le film n'y aurait vu qu'un pâle produit B du cinéma américain. Franchement, et je veux bien le détailler plan par plan avec qui veut, comment peut on y voir autre chose qu'une succession de plans mal fichus, de succédanés de suspense, de personnages caricaturaux, de montage approximatif ? Les frères Coen sont les cinéates les plus sur-estimés du moment, comme le furent Woody Allen, puis Clint Eatswood. Il suffit que leur nom soient sur l'affiche pour que le bonhomme de Télérama rigole, sans avoir vu le film, et toute une partie du public avec.
Il se trouve que j'ai vu dans la même période Trois enterrements, qui a bien des points communs avec No country for old men et qui lui est un VRAI film.
 
Et puisque j'y pense :

La plus belle affiche : Wonderful Town













Les musiques les mieux utilisées (mais tout le monde s'en fout) : Wax Taylor dans Paris, Nick Drake dans La belle personne.

La meilleure bande-son : Hunger

La plus grosse déception : Quantum of solace

Le plus gros coup de gueule : I feel good

Les plus beaux seins : ceux de Léa Seydoux dans La belle personne et celui de Gwyneth Paltrow dans Two lovers.

Les films que je n'ai pas vu, et que je regrette de ne pas avoir vu : The dark knight, Home, L'un contre l'autre, Sur ta joue ennemie, Hellboy II, [REC], It's a free world, Smiley face, Wall E, Il divo.

On en fait tout un plat, mais c'était pas si bien : Le silence de Lorna, Soyez sympa, rembobinez, Gomorra, There will be blood, Cloverfield, Vicky Cristina Barcelona, La Zona, propriété privée, Be happy.

Les deux meilleurs films vus en DVD : Charlie et la chocolaterie et Le labyrinthe de Pan.

Enfin les deux films dont je ne saurais dire exactement si je les aime ou pas, mais qui m'ont beaucoup intéressé tous les deux  : Le premier venu et Sweeney Todd.


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Eve

Gary Merrill et Bette Davis. 20th Century FoxEve, dont le titre original est All about Eve (ce qui est plus conforme à l'intrigue principale du film) fut couvert d'honneurs à sa sortie, puisqu'il reçut une multitude de prix, et 2 Oscars en particulier.

C'est probablement le film le plus célèbre de son auteur.

Comme tous les Mankiewicz, ou presque, Eve brille par son intelligence. Le film peint avec beaucoup de justesse le milieu théâtral, la fuite des années et l'angoisse des actrices vieillissantes, l'ambition et l'hypocrisie des jeunes souhaitant réussir. La direction d'acteur est parfaite (je devrais dire d'actrices car les personnages masculins sont bien fades à part le remarquable George Sanders dans le rôle désabusé de De Witt). Bette Davies et Anne Baxter sont excellentes. Marilyn Monroe fait une apparition, dans un rôle de cruche pulpeuse qu'elle aura malheureusement du mal à quitter par la suite.

La construction, basée sur une imbrication de flash-backs et de récits à la première personne, est fluide et complexe.

Malgré ces énormes qualités, j'ai toutefois quelques scrupules à ranger Eve parmi les chefs-d'oeuvre absolus de Mankiewicz, au même titre que La comtesse aux pieds nus par exemple, qui réunit à peu près les mêmes qualités (portraits de femmes, complexité de l'architecture narrative, multiplicité des points de vue) mais avec une puissance supérieure.

L'intrigue de Eve, bien que brillante, est quelquefois un peu sèche. Il n'empêche que le film reste largement supérieur à la production moyenne de son temps (sans parler de la production actuelle, évidemment).

3e

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The game

Film de jeunesse de David Fincher, The game n'a pas le caractère sulfureux de Fight Club, ni l'ambition artistique du très beau Zodiac.

L'idée de départ du film est la suivante. Un homme (Sean Penn) offre comme cadeau d'anniversaire à son frère (Michael Douglas) une participation à un jeu grandeur nature dont le joueur ne connait pas les règles et qui doit l'amener à se surpasser lui-même au gré des aventures qu'il va vivre.

Ce pitch excitant donne une première partie de film très réussie dans laquelle la mise en scène épurée de David Fincher fait merveille. La prestation de Michael Douglas en businessman impitoyable est très convaincante.

Les péripéties s'accumulant, le suspense faiblit quelque peu. Le rôle manipulateur de Christine apparaît en effet très rapidement. Les ficelles sont un peu grosses et on se doute un peu (beaucoup) de la fin à partir de l'épisode mexicain, car à ce moment-là il devient évident que Van Orton n'est pas la cible de tueurs. Ainsi, dans la dernière partie, la scène du toit n'est que très prévisible.

Le twist final de la chute essaye de faire rebondir une dernière fois l'intrigue, malheureusement en l'entraînant dans l'invraisemblance la plus totale.

Une bonne réalisation et un moment pas déplaisant, malgré une intrigue claudiquante qui n'atteint pas, et de loin, la perfection millimétrique de celle structurant Fight Club.

 

2e

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Mia et le Migou

Gebeka FilmsUne chose est sûre, c'est que l'animation française est une des plus performantes du monde avec celles des USA et du Japon.

Entre les productions de Michel Ocelot (Kirikou, Azur et Asmar), celles de Sylvain Chomet (Les Triplettes de Belleville) et celles de Jacques Rémy Girerd (la Prophétie des Grenouilles, Mia), nous sommes vraiment bien dotés (et je pourrais ajouter U, Nocturna Magica la nuit magique, Persepolis et d'autres) . La qualité en plus est (souvent) là. Même notre Luc Besson national apporte sa pierre à l'édifice.

C'est agréable d'emmener voir ses enfants autres chose que les sempiternelles animations 3D américaines, même si celles-ci peuvent être très bien faites .

Mia et le Migou propose donc une esthétique résolument différente des productions numériques actuelles, puisqu'elle est basée sur de bonnes vieilles planches dessinées et peintes. On peut être plus ou moins sensible à la palette de couleurs utilisée. En ce qui me concerne je n'ai pas été séduit à 100%.

Le scénario est franchement orienté écologie et son aspect démonstratif nuit probablement au développement de l'intrigue, c'est sans conteste le point faible du film. Les personnages, à part Mia et le père d'Aldrin dans une certaine mesure, peinent à trouver une véritable épaisseur. Les rebondissements divers sont d'importance et de nature trop variables pour assurer un véritable rythme au film.
Par exemple, l'idée du message de l'opérateur téléphonique qui fait une proposition commerciale est une bonne idée, mais pourquoi l'insérer dans un des moments les plus dramatiques ? Du coup, l'idée ne fonctionne plus et l'intensité de la scène en est diminuée.

Les Migous ne sont qu'esquissés, dans tous les sens du terme. La juxtaposition de voix très typées (accents du 93, de Marseille, d'Amérique du Sud...) et souvent très reconnaissables (JP Coffe, D Boon) donne une impression curieuse.

Au final, ma fille de 6 ans à aimé. C'est le principal. Reste à voir si le film lui laissera les mêmes impressions durables que Kirikou oul'Age de Glace.

2e

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Le bon, la brute et le cinglé

On ne pourrait voir dans Le bon, la brute et le cinglé qu'un remake du dernier volet de la trilogie eastwoodienne de Sergio Leone : Le bon, la brute, le truand. En fait le film n'a pas grand chose à voir avec l'original. Il est beaucoup plus vif, déjanté, explosif.

Pour ceux qui ne le savent pas (et j'en étais il y a peu) la tradition du western coréen est très ancienne (au moins autant que celle du western italien, semble-t'il). Ce qui explique peut-être la grande maestria technique dont fait preuve Kim Jee-Won, décidément très à l'aise dans le film de genre puisque ces premiers films étaient un film fantastique (Deux Soeurs) et un thriller (A bittersweet life).

Le bon, la brute et le cinglé est délibérément cartoonesque et ne prétend ni à l'analyse psychologique, ni à la profondeur scénaristique. Si on le prend pour ce qu'il est, il atteint son but de divertissement pur centré sur l'action, souvent spectaculaire et violente, agrémentée d'une touche de burlesque bien amenée par le cinglé qui apporte son lot de situations cocasses (il conduit un side-car coiffé d'un casque d'aviateur, il glisse dans les escaliers au plus mauvais moment, il sodomise ses ennemis avec des bâtons sans le vouloir, il participe à un gunfight avec un casque de scaphandrier, etc...).

Le bon est lisse comme un bon, il a une Winchester et un stetson, et apporte donc la touche western classique qui convient. La brute a un look de rock star avec mèche de cheveux dissymétrique qui rappelle un peu Prince, ou les personnages de certains mangas. Le tout ne s'embarrasse pas de vraisemblance : l'action se déroule en théorie pendant les années 30, dans de superbes paysages mandchous, mais je suppose qu'un oeil exercé y découvrira de nombreux anachronismes.

La fusion occident orient a rarement été aussi forte dans l'interpénétration des styles, des psychés et des thèmes, ici sur un mode joyeusement foutraque qui n'est pas déplaisant. La toute fin est un peu ratée, comme si cela n'avait pas réellement d'importance, ce qui est le cas. 

A voir si vous avez un peu de temps, ou si vous êtes en manque de cinéma tarantinesque.


2e

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Two lovers

James Gray a du mal à réussir un film entièrement. La nuit nous appartient, son film précédent, un pur polar, était zébré d'éclairs de génie mais souffrait d'incohérences et d'invraisemblances rédhibitoires. La moindre n'était pas la prestation calamiteuse de Joaquin Phoenix, difficilement légitime en malfrat repenti.

Two lovers raconte une histoire d'amour triangulaire assez classique : Leonard a vécu une histoire d'amour malheureuse, il rencontre Sandra la brune, raisonnable et rassurante, et Michelle la blonde, un peu déjantée et surtout déjà prise. Il tombe amoureux fou de l'une, amoureux, un peu, de l'autre. Et le sentiment des 2 filles est inversement proportionnel au sien.

A partir de cette trame peu originale, Gray invente un suspense psychologique filmé comme un polar (les 3 premiers films de Gray en sont). Phoenix est bien dans son rôle d'adulte encore enfant (quelquefois ses pitreries en font une sorte de Louis Garrel américain) et les deux actrices, sans être outrageusement séduisantes comme peut l'être Scarlett Johansonn, sont très attachantes. Gwyneth Paltrow trouve probablement ici son meilleur rôle.

Toute la première partie est un miracle de mise en scène. Les 5 premiers plans sont magiques, la suite est filmée à la fois nerveusement et souplement. La naissance de l'amour a rarement été montré avec autant de sensualité et de finesse. Chaque scène recèle son lot d'informations, de sensations. Leonard nous inquiète, nous séduit, l'ombre de la folie plane sur lui et le suspense lié à sa maladie nous fait redouter le pire (la scène du métro). Le film atteint alors un point culminant dans la scène d'anthologie de la boite de nuit.

Sur la fin, le film devient un peu plus conventionnel dans son traitement mélodramatique, même s'il renoue avec la densité du début ponctuellement : par exemple, lorsque Leonard attend Michelle dans la cour pour partir et que nous savons qu'il sait ce qu'il va se passer.

Dans l'entrelacs des sentiments amoureux et familiaux, se dessine une histoire simple et complexe où les scènes se répondent et s'opposent avec brio (la blonde dans l'air glacial du toit, la brune dans la chaleur du lit).

L'art de Gray s'y expose encore un peu plus : le chef d'oeuvre attendu est peut-être pour bientôt.

 

3e

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Burn after reading

Brad Pitt. StudioCanalLes Coen ne sont jamais aussi bons que dans leurs films dits "mineurs".

Lorsqu'il veulent faire sérieux comme dans Barton Fink ou No country for old men , leur style s'alourdit et leur narration s'égare.

Burn after reading renoue avec la tradition burlesco-recherchée initiée par le mythique Arizona Junior. Les Coen retrouve ce rythme enjoué où ils excellent. Leur direction d'acteurs est parfaite.

Je craignais que Clooney en fasse trop : j'avais raison, mais ce n'est pas si désagréable. Brad Pitt est incroyable de stupidité. John Malkovitch excellent en aboyeur enervé. Tous les seconds rôles ont des textes ciselés.

Le scénario est bien enlevé, certes parfois un peu prévisible, et avec quelques temps morts, mais dans l'ensemble intéressant. Il y a dans ce film une certaine tradition du "léger, mais pas tant que ça si on y regarde à deux fois" qui fait l'honneur de la comédie américaine de Lubitsch à Allen en passant par Capra.

Derrière les situations comiques se devine une charge assez vive contre la CIA. Les scènes à Langley sont parfaites dans le genre, les agents étant ridiculisés avec un sérieux parfait et jouissif. "Qu'avons nous appris ?" dit à la fin le responsable de la CIA, et on a envie d'ajouter "après le 11 septembre...".

La morale du film est résolument noire, les travers de la nature humaine (sexuels et amoureux en particulier) y sont crument dénudés.

Tout cela fait de Burn after reading un divertissement tout à fait recommandable.

 

2e

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