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Christoblog

Articles avec #j'aime

Camille redouble

Comme je le disais dans l'article consacré à The we and the I, la Quinzaine des Réalisateurs fut cette année la sélection de Cannes dans laquelle on a le plus ri. Alors que la sélection officielle s'engonçait dans une pose auteuriste, les cinéastes de la Quinzaine nous faisaient plaisir avec des films énergiques et brillants.

Cela faisait un bout de temps que Noémie Lvovsky n'avait pas réalisé (2007 avec Faut que ça danse). Pour son retour derrière la caméra, elle se fait radicalement plaisir avec un argument à la Peggy Sue got married (Coppola) : une femme mûre se retrouve projeté au temps de son adolescence.

Contrairement à la plupart des films traitant du sujet des voyages dans le temps, Camille redouble ne s'attarde pas trop sur les éternels paradoxes tournant autour de la possibilité de changer le destin. Son intérêt réside plus dans le décalage subtil entre le personnage de Camille, qui garde son corps d'adulte et sa maturité, et son environnement. Le dispositif est sur le papier totalement absurde, et pourtant on y croit à fond, tellement le sujet est bien traité au niveau des sentiments. Noémie Lvovsky réussit l'exploit de nous faire croire que ses copines de l'époque la voit jeune, alors que nous la voyons agée.

Ajoutons que ce film admirable parvient à nous faire passer de francs éclats de rire à de gros sanglots compulsifs en quelques secondes, par la grâce d'une approche qui est souvent tendre et poétique. Camille, qui sait quel jour et à quelle heure sa mère va mourir, enregistre sa voix pour s'en souvenir, et c'est tout simplement bouleversant.

Si je ne vous ai pas encore convaincu, je finirai par évoquer une nostalgie des années 80 délicieuse (ah, le vieux T-shirt des Clash !) et une pléiade d'acteurs assurant des seconds rôles à casser la baraque : Yolande Moreau, Jean Pierre Léaud, Mathieu Amalric (en prof pervers), Michel Vuillermoz, Denis Podalydes.

Camille redouble va rendre l'automne souriant et ensoleillé, profitez-en.

 

4e 

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Killer Joe

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/38/83/20161781.jpgLe dernier film de William Friedkin est à déconseiller aux âmes sensibles. Non pas qu'il soit outrageusement violent ou gore (à la Noé ou à la Refn par exemple) : il est simplement d'un noir absolu.

Nous pénétrons dès le début au sein d'une famille white trash du plus pur style : caravane, père d'une bêtise abyssale, belle-mère d'une vulgarité insondable, fils complètement raté échouant lamentablement dans toutes ses initiatives, fille sexy et bébête se réfugiant dans son monde secret. Tout ce laid petit monde vit en Louisiane et décide de concert de supprimer la mère (absente) pour toucher l'assurance vie. Pour cela entre en jeu un tueur glaçant, incarné par le formidable Matthew McConaughey.

Evidemment, l'histoire finira très mal.

Plus qu'un film violent, Killer Joe est une formidable machine a exposer la veulerie, la traitrise, l'imbécillité crasse, le vice et la perversion. C'est ce qui a valu au film une sortie des plus limitées aux USA.

Friedkin semble prendre un malin plaisir à torturer notre sens moral, en multipliant les scènes dérangeantes, telle celle de la fellation pratiquée sur un pilon de poulet, assez terrifiante de perversité voyeuriste - et immédiatement culte. L'innocence est maltraitée tout au long du film, puisque la jeune fille est donnée en caution au tueur qui en abuse immédiatement, avec une efficacité absolument redoutable et un brio qui rend Friedkin l'égal des plus grands maîtres du cinéma hollywoodien.

En tant que spectateur il faut bien avouer que le plaisir éprouvé à la vision de Killer Joe est un brin inavouable, mélange de sidération exaspérée et d'excitation coupable.

Pour ma part, un petit regret concernant le dernier plan : je n'aurais pas fini le film ainsi. Mais je ne suis pas Friedkin, Dieu merci.

 

3e

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La Vierge, les Coptes et moi

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/73/19/20140075.jpgIl y a parfois de petits miracles dans le système de distribution français. Qu'une fenêtre de sortie ait pu être trouvée pour un film aussi saugrenu que La Vierge, les Coptes et moi en est un.

J'avais entendu parler de ce film à Cannes : ceux qui l'avait vu dans le cadre de la souvent passionnante programmation ACID en parlaient avec un filet d'émotion dans la voix.

Le prétexte est insensé pour un premier film : le réalisateur Namir Abdel Messeh, Français d'origine copte égyptienne , décide de tourner un film sur les apparitions de la Vierge aux communautés coptes d'Egypte, intrigué par une K7 que lui montre sa mère. Il se rend en Egypte pour constater rapidement toutes les difficultés que présente ce projet : tracasseries administratives, contraintes de toutes sortes, mauvaise foi des témoins... à tel point que le film, assez intéressant et parfois burlesque dans son début, semble atteindre une sorte de cul-de-sac scénaristique vers son milieu.

C'est à ce moment que les idées géniales se succèdent : d'abord la décision de rendre visite à sa famille maternelle dans un petit village de haute Egypte, puis l'arrivée de sa mère pour aider à finir le film, et enfin la volonté de tourner un film dans ce petit village qui reconstitue une apparition de la Vierge. A partir de ce moment le film devient franchement hilarant (ah, le casting des villageoises pour le rôle de la Vierge) et sur la fin profondément touchant. Bien sûr l'allégorie sur la puissance du cinéma est un peu grosse, mais il faut dire que cela fonctionne parfaitement et qu'on est bouleversé par cette image des villageois qui regardent leur propre film avec la même sidération que s'ils regardaient une véritable apparition de la Vierge.

Si le film n'évite pas complètement quelques facilités (certaines sont très amusantes, comme les vrai-faux coups de fil du producteur), il gagne son pari osé en mélangeant un aspect bricolo de génie à la Gondry à une mise en abyme tendre et ironique à la Moretti.

Le film est enfin un chant d'amour envers ce petit peuple égyptien, toujours si prompt à s'amuser, à s'émerveiller et à faire preuve d'auto-dérision (on songe aux romans de Mahfouz et aux films de Nasrallah).

Vous l'avez compris, je recommande chaudement d'aller voir ce petit bijou qui vous regonflera le moral à bloc, si vous en avez besoin.

 

3e

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Du vent dans mes mollets

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/83/20/20148005.jpgDe certains films on a presque honte de dire du mal.

 

Ainsi, Du vent dans mes mollets, le dernier film de Carine Tardieu, est bien mignon, et pétri de bons sentiments. Les couples désunis s'y réunissent après un léger trauma, les troubles de l'enfance y sont montré avec sensibilité et le sentiment tragique de la vie y est exposé avec légéreté et un certain sens du rythme.

 

Bref, le film n'est pas mauvais, et il faudrait être bien cruel (ou alors de retour de vacances, et mal luné)  pour dire qu'il est aussi assez maladroit, qu'il manque totalement d'unité stylistique, que sa naïveté fait peine à voir et que le jeu des acteurs y est assez approximatif.

 

Comme ce n'est pas mon cas, je signalerai seulement que les petites filles sont extra, qu'Isabelle Carré est parfaite (mais peut-elle ne pas l'être ?), et qu'Agnès Jaoui a rudement grossi (...oups j'ai dérapé).

 

Allez, vous ne raterez pas un moment crucial de l'histoire du cinéma en allant à la pêche plutôt qu'en allant voir ce film, mais vous ne vendrez pas non plus votre âme de cinéphile exigeant en y allant.

 

2e

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Le jour où le cochon est tombé dans le puits

Curieux de découvrir les premiers films de Hong Sang-Soo, je me suis procuré le coffret regroupant les 3 oeuvres qui le firent découvrir en Occident, à la fin des années 90.

Le premier de ces trois films, Le jour où le cochon est tombé dans le puits, contient déjà une grande partie de l'univers que Hong Sang-Soo va développer pendant plus de vingt films : étrangeté du monde, incommunicabilité entre êtres humains, frustrations masculines, alcool et artistes ratés, découpage du film en plusieurs séquences bien distinctes, complexité des rapports entre hommes et femmes.

Comme c'est souvent le cas, on a l'impression que le réalisateur a choisi de mettre toutes ses idées dans son premier film, quitte à risquer le trop-plein. Ce premier opus, même s'il est extrêmement maîtrisé dans sa construction globale, part ponctuellement dans tous les sens, au risque de perdre son spectateur. HSS multiplie les scènes qu'on ne peut pas raccrocher facilement au reste de l'histoire, et on est rapidement perdu dans les péripéties que vivent les personnages. Pour bien profiter de la richesse du Cochon, il faut voir le film au moins trois fois.

Le film diffère de la suite de sa filmographie sur un point : la traditionnelle ironie légère et grinçante, que l'on associe habituellement au cinéaste coréen, est ici absente. On voit par exemple de nombreuse scènes de sexe tristes et explicites, ainsi qu'une scène de crime sanglante, ce qui n'est pas dans ses habitudes.

Le film est long et assez lent. C'est comme si Hong Sang-Soo allait dans la suite de sa carrière travailler à épurer sans répit son propos, à sculpter la matière brute dont il a rempli son premier film.

La vision de Le jour où le cochon est tombé dans le puits procurera une certaine satisfaction intellectuelle au fin connaisseur de HSS. Je le déconseille toutefois au spectateur qui souhaiterait s'initier à l'oeuvre du coréen, son aspect sombre et sa construction labyrinthique le rendant plutôt au premier abord rébarbatif.

A noter également que mon DVD est d'une qualité atroce : son inaudible, image tremblotante. Je ne sais dire s'il s'agit de mon exemplaire ou de la qualité standard du coffret TF1 Video.

 

2e

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A perdre la raison

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/56/97/20137392.jpgBelle soirée avant-hier soir au Katorza. Le film projeté en avant-première n'était pas d'une gaieté folle (nous y reviendrons), mais sa densité en fait une oeuvre remarquable, portée par un trio d'acteurs au sommet de leur art.

Alors d'abord, si vous voulez sortir votre copain (copine) pour une bonne soirée ciné, évitez de lui dire : "on va aller voir un film qui retrace l'histoire vraie d'une mère qui a tué ses 4 enfants de moins de 6 ans au couteau", dites plutôt : "on va aller voir un thriller psychologique, chronique d'un enfermement progressif dans une relation perverse, servie par une actrice en état de grâce". Parce que le sujet du film est bien plutôt la dissection des rapports humains entre 3 personnes (un jeune marocain, sa femme, son bienfaiteur riche et âgé) que la chronique malsaine d'un fait divers. D'ailleurs en exposant dans les quelques scènes d'ouverture la conclusion du drame (d'une bien délicate façon) Joachim Lafosse expose son projet : de suspens quant à l'issue il n'y aura pas, donc préoccupons nous du cheminement qui aboutira à cette situation de tragédie absolue, une femme tuant ses enfants, une Médée contemporaine.

Quand on passe 45 minutes après le film à discuter avec un réalisateur (exercice auquel Joachim Lafosse s'est prêté de bonne grâce alors qu'un perturbant problème à l'oeil l'handicapait), on ne sait plus trop ce qui résulte de sa propre appréciation du film et de ce que nous a expliqué le réalisateur. Ceci dit, je vais essayer d'exprimer un ressenti qui ne dévoile pas trop l'intrigue du film. D'abord, il faut saluer l'exceptionnelle prestation d'Emilie Dequenne, servie par deux acteurs au meilleur de leur forme : Niels Arestrup égal à lui-même (glaçant, capable d'énoncer une vacherie ou un compliment avec le même air de ne pas y toucher) et Tahar Rahim que j'ai trouvé personnellement exceptionnel, capable de faire passer 4 ou 5 émotions dans un même plan, tout en retenue low-fi. On ne pense pas un instant à leur duo d'Un prophète, c'est dire.

Le film peut se prêter à tout un paquet d'exégèses de différents niveaux : historique (et en particulier colonial), psychanalytique, mythologique, sentimental, sociologique, psychologique... c'est sa richesse. Même si la progression est lente, et que le moment du déclic fatal n'est pas discernable (mais peut-il l'être ?), Joachim Lafosse parvient à maintenir une sorte de tension perpétuelle, de suspens psychologique (le médecin cache-t-il quelque chose ? comment l'irréparable va-t-il survenir ?) qui assure au film une structure interne solide, et qui évite l'ennui. Il utilise superbement pour l'aider des morceaux de musique baroque qui contribuent à sacraliser la narration. 

A perdre la raison n'est pas un feel good movie endiablé, vous l'avez compris, mais si vous aimez les thrillers psychologiques profonds et travaillés, je vous le conseille.

 

3e

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Laurence anyways

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/80/49/20129801.jpgPeu de films peuvent prétendre laisser un souvenir qui s'améliore à ce point avec le temps.

Disons-le tout net, pendant la projection, ce sont surtout les défauts du film qui m'ont sauté aux yeux : quelques hésitations des acteurs, des scènes qui s'étirent sans justification, des kitscheries à répétition, une narration qui s'emberlificote, une BO et une bande-son souvent poseuse.

Et puis, à l'usage, le temps passant, il faut bien reconnaître qu'on ressort marqué par le film et impressionné par le souffle romanesque qui le traverse. Le mérite en revient à l'interprétation incroyable de Suzanne Clément (prix d'interprétation à Un certain Regard cette année). L'actrice est sublime, tour à tour forte, faible, brisée, reconstruite, en colère, amoureuse : elle utilise un spectre d'une variété incroyable, tout en maintenant une densité de jeu exceptionnelle. Monia Chokri (sa soeur) est également très bonne, tout comme Nathalie Baye qui campe une mère capable d'une cruauté effarante.

J'ai été beaucoup moins convaincu par la prestation de Melvil Poupaud, dont la greffe québécoise tarde à prendre dans le film. J'ai eu beaucoup de mal à croire en son histoire, et j'ai trouvé son jeu parfois approximatif. Le film se déroulant, cette impression s'est heureusement progressivement estompée, au fur et à mesure que le personnage prend de l'assurance dans sa nouvelle vie.

Quant à la mise en scène de Xavier Dolan, j'en viens à penser qu'il faut la prendre dans son ensemble et l'aimer telle qu'elle est, en entier, ou pas. Après trois films, force est de constater que les mêmes tics se reproduisent de films en films : personnages filmés de derrière, ralentis, gros plans (en particulier sur les visages), incrustations bizarres, scènes oniriques, montage cut sur une BO jouée très fort, pluie d'objets, etc.

Après réflexion, j'ai décidé d'aimer son style, qui ici sert en plus habilement un propos à forte charge émotionnelle. Dolan devra chercher dans l'avenir à s'entourer de professionnels en qui il pourra avoir confiance : un vrai monteur professionnel l'aurait probablement aidé à construire son film de façon plus efficace. Il semble pour l'instant s'enfermer dans la posture d'une jeune artiste complet, démiurge omnipotent régnant sur son grand oeuvre.

Mises à part ces quelques réserves, Laurence anyways constitue le premier jalon d'une importance significative dans la carrière du jeune québécois, qu'on sent irrésistible.

Xavier Dolan sur Christoblog : J'ai tué ma mère / Les amours imaginaires

 

3e

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Summertime

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/07/94/20128370.jpgAlors d'abord, parlons du titre, une fois n'est pas coutume. Traduire le titre original,The dynamiter, par Summertime, il faut oser. Ceci dit, et pour une fois, il me semble plus logique que le film s'appelle Summertime que The dynamiter. Le film baigne en effet plus dans une atmosphère évoquant un été sudiste que dans une ambiance explosive.

 

Robbie a 14 ans. Son père a disparu, sa mère est partie en Californie. Robbie est donc l'homme de la maison, veillant sur sa grand-mère impotente, son chien, et un demi-frère un peu grassouillet. L'ordre des choses est un peu bouleversé quand le frère aîné, Lucas, est de retour. Feignant, beau gosse, et même un peu gigolo, il va à la fois déniaiser son jeune frère et pousser sa patience à bout.

 

Ce beau film, très typé Sundance, évoque irrésistiblement les plus belles réussites du cinéma US indépendant récent : une sorte de Winter's bone estival, de Bellflower assagi, de Take Shelter naturaliste, de Martha Marcy May Marlene campagnard, de Blue Valentine fraternel. Nous n'allons pas nous plaindre de ce revival américain qui nous offre des films aussi délicatement tramé que Summertime.

 

Matthew Gordon parvient à distiller une sorte d'optimisme forcené à travers son héros obstinément volontariste, qui oppose aux vicissitudes d'une vie de quasi-orphelin la volonté farouche de (s'en) sortir. Ses relations balbutiantes à l'autre sexe, en contraste avec sa relative maturité, apparaissent comme particulièrement touchantes. 

 

Le film est une ode élégiaque à cet entre-deux âges où l'ado n'est pas encore un homme et déjà plus un enfant.

 

3e

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Les enfants de Belle Ville

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/58/31/20133714.jpgL'immense succès français d'Une séparation nous vaut aujourd'hui une ressortie estivale d'un des premiers films de son auteur, Asghar Farhadi.

Si ce premier jet est loin de valoir son illustre successeur (il est bien moins vif et moins dense), il permet de détecter les qualités qui font de Farhadi un auteur hors pair. Le point saillant est d'abord son habileté à tisser des scénarios machiavéliques, aux airs de thrillers métaphysiques, qui rappelle les plus grands explorateurs de l'âme humaine : Bergman, Mankiewicz, Kieslowski...

Ensuite une grande attention aux visages, à l'expression des sentiments, à la capture des moindres variations exprimées par les acteurs.

Et enfin une mise en scène solide, au service de la philosophie du film, qui prend des partis-pris résolus même s'ils sont discrets (des plans de face, une récurrence des plans à travers la fenêtre).

La mécanique de l'histoire développée par Les enfants de Belle Ville est redoutable (un jeune homme tente d'obtenir le pardon du père de la victime pour faire gracier son meilleur ami) et tient en haleine jusqu'au bout du film, dont la fin, surprenante, renverra chacun à ses propres réflexions.

Je conseille donc le film à ceux qui ont adoré Une séparation.

 

3e

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Gangs of Wasseypur

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/72/52/20160269.jpg

Parmi les expériences extrêmes de mon séjour à Cannes en 2012 (voir 5 films dans une journée, assister à la projection du dernier Miike de 0h30 à 3h du matin, voir des films à 8h30, aller au Cinéma de la Plage les doigts de pied dans le sable), les 6h de projection - avec entracte - du film indien Gangs of Wasseypur tient une place de choix.

Dans la file d’attente de la Quinzaine, je regarde avec circonspection mes coreligionnaires : ces gens sont-ils donc tous fous pour s’enfermer toute une après-midi au sous-sol de l’hôtel Mariott à regarder une sorte de Parrain indien, dont on ne sait rien ? Il semble bien que oui, même si ma voisine de file d’attente, une sympathique dame cannoise (c’est la première autochtone que je rencontre …) m’informe de sa stratégie : regarder la première partie de 2h40 le jour même, puis la seconde partie de 2h40 deux jours plus tard.

Toujours durant l’attente, l’équipe du film nous distribue de jolis foulards indiens rouges, frappés au titre du film, ainsi qu’un arbre généalogique des personnages, sur une feuille A4 photocopiée. Damned, ce volumineux éventail de plusieurs dizaines de personnages représentant 4 générations nous inquiète plus qu’il ne nous rassure.

Dans la salle, l’équipe du film, également pléthorique, occupe plusieurs rangs. Ils rigolent tous, visiblement ravis d’être à Cannes, et les filles sont habillées comme des princesses indiennes.

La projection commence enfin, avec un premier plan d’une redoutable efficacité : une scène bollywoodienne, qui s’avère être un leurre, issue d’une télé qui est subitement mitraillée sauvagement. S’en suit l’assaut pétaradant d’un immeuble dans lequel un parrain a trouvé refuge.

Suit un long flash-back de plusieurs heures retraçant la guerre de deux clans pour le contrôle des activités criminelles dans une région de l’Inde. Tard dans le film, on revivra cette introduction sous un autre angle, filmée avec la même efficacité.

A l’image de cet élément de scénario, le film est rudement malin, par moment extrêmement attachant, même si sur une telle durée on ne peut nier quelques passages un peu plus faibles.

S’il ne comporte aucun élément chanté proprement dit, le film présente par moment quelques relents bollywoodiens (tous les grands évènements familiaux du type mariage ou funérailles sont accompagnés par un incroyable chanteur payé par la famille) qui donne au film un caractère vif, coloré et plaisant. Les personnages ne sont pas binaires, les gentils s’avérant parfois plutôt méchants, et réciproquement. Ils sont sacrément attachants et on suit les péripéties de ces familles avec plaisir, dans une ambiance de violence larvée qui n’est pas sans rappeler d’illustres modèles : Scorsese, Coppola et Sergio Leone en particulier.

La belle découverte d’un cinéma indien mainstream, ambitieux et grand public à la fois.

 

2e

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To Rome with love

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/84/59/20104463.jpgLe manque de prétention me rend indulgent.

Je peux donc sans trop d'état d'âme déclarer que le dernier Woody Allen ne vise pas très haut, mais est assez agréable à regarder.

Woody est clairement en mode touriste, multipliant les vues de la Ville Eternelle, au demeurant fort bien filmée. Il entrecroise quatre histoires sans rapport entre elles (ce n'est donc pas un film choral, mais plutôt un film à sketchs entrelacés) et d'intérêt divers.

Celle que j'ai clairement préféré montre un quidam devenir très célèbre sans qu'il sache pourquoi. Roberto Benigni y est parfaitement convaincant et l'affaire prend un tour surréaliste assez amusant.

Parmi le casting il faut noter encore une Ellen Page coupable d'une grosse performance, en tête à claque haut de gamme, démasquée par un Alec Baldwin ectoplasmique. Penelope Cruz est plus chaude qu'il est possible de l'être et Jesse Eisenberg s'avère toujours tributaire du même type de personnage.

On a donc l'impresssion d'être chez soi, de rencontrer des personnages et des situations à la fois bien connus et assez originaux. Ce n'est pas du grand art, mais sûrement un bon moment assez bien rythmé.

Woody Allen sur Christoblog : Scoop / Vicky Cristina Barcelona / Whatever works / Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu / Minuit à Paris

 

2e

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Holy motors

Probablement vaut-il mieux ne rien savoir d'Holy motors avant de le voir.

Je vais donc résister à la tentation de vous décrire brièvement de quoi il est question (ce qui aurait constitué de toute façon une gageure) pour vous parler des émotions que le film peut susciter.

Pour commencer, le film offre un fil conducteur complètement fou, mais montré comme s'il s'agissait d'un documentaire très réaliste. Un peu comme si vous appreniez que Dieu existait, et qu'un réalisateur vous montre son travail au quotidien, ses petits succès, ses corvées, ses rendez-vous. Ce contraste saisissant entre le rêve et la contingence, l'illusion et la routine, génère une auréole de merveilleux naturaliste qui illumine le film.

Holy motors propose également un chapelet de scènes inoubliables. Dans le domaine de la perfection visuelle, vous verrez des animaux électroniques s'accoupler dans un plan d'une beauté sidérante. Phénomène inhabituel chez Carax, vous rirez à la vue du personnage Merde dévorant deux doigts d'une attachée de presse qui aime mimer les guillements avec l'index et le majeur de chaque main. Intrigué, vous verrez un homme en tuer un autre, et réciproquement. L'imagination de Carax est une merveilleuse fête foraine qui vous offrira aussi un homme qui meurt, un joueur d'accordéon déchaîné, un sexe en érection, Kylie Minogue qui pousse la chansonnette, Eva Mendes recouvert d'une burka et des conversations entre limousines.

Le film est enfin admirablement servi par un Denis Lavant plus que jamais double de Carax à l'écran, et par une merveilleuse Edith Scob. Il fourmille de référence au cinéma de Carax lui-même et à d'autres cinéastes, Franju en particulier (Edith Scob fut l'héroïne de son film Les yeux sans visage).

Holy motors est une rêverie poétique d'une sensibilité extrême, une oeuvre fluide d'une maîtrise totale et sans conteste le film qui aurait mérité la Palme d'Or 2012.

 

4e 

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La part des anges

La part des anges a été récompensé par le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes. De tout le palmarès, il me semble que c'est un des prix qui prête le moins à contestation. Au milieu d'une sélection très atone, ou très sombre lorsque les films étaient de qualité, le dernier Ken Loach se distingue en effet par sa cohérence stylistique, l'intelligence de son scénario et sa joie de vivre revendiquée. Ce fut la bouffée de bonne humeur du Festival et à ce titre le film méritait d'être distingué.

Loach démarre en trombe avec une scène hilarante dans une gare : un alcoolique titube sur la voie ferrée alors qu'un train arrive, peinant à remonter sur le quai, alors que le chef de gare l'invective par l'intermédiaire du haut parleur permettant de faire les annonces. C'est à la fois drôle à en mourir (si je puis dire), affligeant, et subtilement porteur de messages (l'autorité est bonhomme, mais distante et impuissante). 

Notre ami porté sur la boisson se retrouve dans une équipe de jeunes délinquants, réunie pour des travaux d'intérêt général. Nous allons suivre tout ce petit monde et un des personnages en particulier : Robbie, joué par un jeune acteur peu connu mais excellent, Paul Brannigan.

La grande habileté de Loach est de bâtir la première partie de son film comme un drame social à l'anglaise (genre dans lequel il excelle), avant de le transformer en aventure picaresque de Pieds Nickelés scottish. Il nous égare ainsi entre émotion, inquiétude, sourire et francs éclats de rire, avec un talent de conteur retrouvé. Il y a dans ce film un peu de ce qui faisait le charme de Looking for Eric, et aussi un air de comédie italienne (le mélange farce et tableau d'une noire réalité sociale).

Un bon moment de détente - et de cinéma - qui fleure bon le pur malt.

 

3e 

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The deep blue sea

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/87/37/55/20078814.jpgIncroyable film. Qu'on l'aime ou pas, il faut bien reconnaître la puissance du défi esthétique qu'il représente.

 

Terence Davies propose en effet une oeuvre qui semble d'un autre temps, à l'opposé de toute modernité, une oeuvre pour ainsi dire réactionnaire en terme de formalisme. Cela se traduit non seulement pas une certaine lenteur, des cadres très serrés, des décors qui sentent l'encaustique, mais aussi par un rythme à la fois fluide et pesant (?), une image sombre et légèrement ternie et une direction d'acteur qui semble inspirée par Balzac ou Maupassant.

 

L'histoire est celle d'une émancipation féminine : Hester quitte dans les années 50 son vieux mari, juge et haut personnage, pour un jeune homme qui a fait la guerre et qui la délaissera à son tour. Rien de bien extraordinaire donc dans le scénario, mais sous le pinceau ténébreux de Terence Davies, le propos devient tragique et on ne peut s'empêcher de songer constamment aux pièces classiques, alors que le film est tiré d'une oeuvre des années 50.

 

Le montage présente des caractéristiques virtuoses, avec des flashbacks imbriqués sur la base d'un rythme lancinant. La réalisation est étonnante, mélange de morceaux de bravoure et de poses un peu glaciales.

 

Si finalement je penche de justesse pour un avis positif, c'est principalement grâce à l'interprétation magistrale de Rachel Weisz, qui parvient parfaitement à donner corps à son personnage de femme luttant pour conquérir sa liberté.

 

L'aspect hyper-formel du film, certains de ses tics (les épouvantables violons du début), et l'ambiance réfrigérée et ralentie qui baigne toutes les scènes pourront aussi déplaire. Il subsiste toutefois après la vision du film l'impression étrange d'avoir assisté à un rêve éveillé.

 

A essayer.

 

2e

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Adieu Berthe

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/28/92/20089793.jpgIl est difficile de dire beaucoup de mal (ou de bien) du dernier film de Bruno Podalydès, tellement Adieu Berthe se situe en-dehors de son époque.

 

Sur les films de Mouret pas exemple, on peut gloser pratiquement à l'infini, rien qu'en évoquant la filiation rohmerienne passée à la moulinette contemporaine, et en particulier sexuellement triviale.

 

Ici, le film est résolument situé hors du temps. Les lieux paraissent choisis pour leur non-singularité, leur aspect étonnamment sans âge. Le lotissement dans lequel est situé la pharmacie est ainsi ni moche ni beau, ni pauvre ni riche, ni ancien ni récent. La nature est totalement quelconque, et rien ne rend les pelouses ou l'étang de la maison de retraite remarquables. Dans ces décors anodins Bruno Podalydès place des personnages quelconques : il joue lui-même un croque-mort confident au physique transparent, alors que son frère traîne une apparence assez peu à son avantage, cheveux en désordre et costard frippé, englué dans le piège de l'indécision.

 

Le film brille dans sa première partie, mettant en place des dispositifs assez amusants (le concept de rupture douce, l'accueil extraordinaire des Pompes Funèbres Définitif) bien servis pas des répliques légèrement décalées. Le personnage d'Armand, un peu lunaire, partagé entre deux amours (excellentes Valérie Lemercier et Isabelle Candelier), y déambule sur une trotinette électrique, glissant sans bruit et avec une certaine classe, comme le film.

 

Ces bonnes idées épuisées, Adieu Berthe revient sur un terrain beaucoup plus formaté (à partir de la nuit passée dans la maison de retraite), plus tourné vers le sentimentalisme, et même la mièvrerie.

 

C'est dommage, l'aspect bricoleur et gentiment déglingué du film, dressé contre une certaine suffisance du cinéma d'auteur français (Obsécool vs Définitif), était une veine à creuser, dans un style qui aurait pu être gondriesque, à l'image de cette tirade surréaliste sur l'inactivité des volcans depuis la mort de Haroun Taziouf (sic), de l'apparition de Noémie Lvovsky en pleureuse anonyme ou des funérailles elles-mêmes, burlesques et futuristes.

 

On préférera retenir de ces sentiments contradictoires l'impression que le tandem fraternel et décalé de Versailles rive gauche revient plutôt en forme.

 

2e

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La petite Venise

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/96/16/20017466.jpgUn pêcheur agé, seul et pauvre, rencontre une chinoise immigrée qui tente de faire venir en Italie son fils de 8 ans. Une amitié se noue entre eux.

 

Sur cette trame simple (simpliste ?), Andrea Sangre réussit un film honnête, construit sur une trame humaniste, mais sans trop de pathos.

 

Plus que le scénario, plutôt sommaire, c'est la mise en scène qui attire l'attention. Une image splendide, des mouvements de caméra amples et séduisants, un cadre parfait, un montage au cordeau : la forme du film est séduisante.

 

L'autre point à signaler, c'est l'utilisation optimale du décors, à la fois beau et étonnant, que constitue la lagune à Choggia, assez loin de Venise. L'acqua alta qui envahit les rues est admirablement filmée. L'interprétation des deux acteurs principaux est parfaite également.

 

Un film intéressant qui donne envie de suivre la carrière d'Andrea Sangre.

 

2e

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Une seconde femme

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/57/30/20103002.jpgBien qu'autrichien, Une seconde femme peut être inscrit dans une série de films allemands de qualité qui prennent pour sujet l'immigration turque : De l'autre côté, L'étrangère, Almanya...

Le sujet est ici hautement polémique : un homme d'un certain âge prend une seconde femme en Turquie, sur les conseils de sa première, atteinte d'un cancer, et la ramène en Autriche. Pour donner le change, la famille prétend que c'est le fils de la famille qui a pris femme.

A partir de cette idée plutôt osée, le réalisateur Umut Dag aurait pu filer une trame de style "drame social et sociétal", mais il préfère ici se cantoner à une stricte étude des comportements et réactions des membres de la famille. C'est ainsi que les relations entre la nouvelle femme et l'ancienne, ou entre la nouvelle et les enfants de la première, vont être disséqués, observés et admirablement rendus par une brochette d'actrices très inspirées.

On est ravi par la première partie du film, magnifique (photographie hors du commun, admirable lumière) et dont l'intrigue est plus retorse que le pitch ne le laisse supposer. Dag s'y révèle être un cinéaste très doué, disposant à la fois d'un beau sens de la narration et d'un don évident pour trouver le bon cadre.

Sur la fin, le récit devient plus prévisible et il m'a semblé que le style d'Umut Dag se faisait un peu trop pesant (les fondus au noir sont très beaux mais deviennent trop nombreux par exemple). Une seconde femme présente tout de même des qualités hors du commun (un art consommé de l'ellipse par exemple)

En ce mois de juin plutôt morose en terme de sortie, Une seconde femme peut être sans risque conseillé aux cinéphiles curieux.

 

3e

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L'amour et rien d'autre

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/61/57/19788233.jpg

Il y a bien des choses qui m'énervent dans L'amour et rien d'autre. Des seconds rôles qui jouent mal, une mise en scène (trop) sage et appliquée, des scènes franchement peu crédibles, une façon de s'attarder plus que nécessaire sur certaines péripéties.

 

Mais il y a aussi une performance assez incroyable de l'actrice Sandra Hüller, qui, avec son petit air buté et ses lèvres trop fines, se révèle être presque une figure mythologique.

 

Il y a en effet de l'Antigone dans sa résolution de ne pas laisser le destin l'accabler, dans sa farouche volonté de préférer l'Amour à l'être aimé.

 

Il m'est difficile de déflorer l'intrigue, sous peine de gâcher votre plaisir si vous n'avez pas encore vu le film, mais - à mots couverts - il me semble qu'un des handicaps du film est de vouloir ajouter l'improbable à l'exceptionnel. Ceux qui ont vu le film me comprendront, je pense.

 

Bref, un nouveau témoignage de la vitalité du cinéma allemand, après Barbara. Le réalisateur, Jan Shomburg, dont c'est le premier film, nous livre ici quelques éclairs prometteurs, comme le premier plan, absolument magique : le personnage principal écoute les yeux baissés une déclaration d'amour en anglais sans qu'on comprenne excatement de quoi il s'agit. Le plan est serré, et c'est magnifique.  

 

L'amour et rien d'autre fait partie de ces films qui vous trottent dans la tête plusieurs jours après la première vision.

 

2e

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Chercher le garçon

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/52/86/20052374.jpgChercher le garçon est un film assez déconcertant.

 

Vu sous un angle purement objectif il faut bien reconnaître qu'il apparaît plutôt comme une petite chose bricolée à la va-vite, sans moyen et aussi sans grande ambition. D'un format plus proche du moyen-métrage que du long (le film dure 1h10), Chercher le garçon est un objet non identifié, guilty pleasure de samedi soir, dont la vision est à la fois agréable et sans conséquence.

 

Le personnage principal, jouée par Sophie Cattani (la mère de la petite fille dans Tomboy), a 35 ans, et cherche l'homme de sa vie sur Meet Me. S'en suit une dizaine de rencontres qui réserveront chacune surprises ... et déceptions.

 

Les comédiens n'avaient aucune ligne de texte pour ces rencontres. Ils disposaient seulement de leur "profil" et ensuite devaient improviser, un peu comme lors d'une vraie rencontre. A l'écran, cette improvision se ressent nettement, avec des phrases qui se superposent, des regards vraiment étonnés, des mimiques de protection. C'est surprenant.

 

Le film gagne de cette façon une fraîcheur assez étonnante, bien servie par une utilisation optimale des décors naturels de Marseille et de ses environs, et de son folklore (Aurélie Vaneck, actrice dans Plus belle la vie, joue son propre rôle). La morale de l'histoire est un peu (beaucoup) bateau : finalement les deux rencontres que fait Emilie (un ami et un amoureux) seront dues au hasard et pas à Meet Me, évidemment !

 

Le film est toutefois à conseiller, pour ses airs de Rohmer méridional. A noter qu'Emmanuel Mouret est crédité au générique de fin, en rapport avec le scénario. Le film ne ressemble pourtant pas à du Mouret, sauf parfois par le côté incisif de certaines répliques.

 

2e

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Les femmes du bus 678

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/84/19/20069453.jpgQuel bonheur de voir enfin un film qui raconte une histoire complexe, et qui le fait bien. Quel plaisir de voir de bons acteurs qui émeuvent, un scénario malin et cohérent qui évite d'être simpliste, et un réalisateur qui utilise sa caméra au service de l'histoire qu'il raconte et non pour flatter son égo.

Ca fait du bien. Que ce bonheur nous vienne d'un des plus grands pays de cinéma au monde, l'Egypte, me ravit.

Les femmes du bus 678 sont trois. Fayza, Seba et Nelly ont toutes les trois subi des violences sexuelles. Elles sont issues de milieux très différents, mais vont être confrontées à des réactions terribles de la part de leurs proches : rejet du mari suite à un viol, pression pour ne pas porter plainte des parents, réactions négatives de l'opinion publique dans un pays où celle qui se fait harceler semble plus coupable que son agresseur...

Un tableau glaçant de la condition de la femme en Egypte, mais qui évite le manichéisme et présente une richesse narrative qui empêche le film d'être sèchement didactique.

Mohamed Diab parvient à nous passionner à travers les portraits qu'il dessine habilement, dont celui du commissaire de police, bonne pâte pagnolesque absolument délicieux. C'est fort, brillant, généreux, habile. Je pourrais trouver au film quelques menus défauts, mais pour une fois, je n'en ai pas envie.

Le cinéma égyptien sur Christoblog, c'est aussi l'excellent Femmes du Caire, dans lequel vous retrouverez la belle actrice qui joue Nelly dans Les femmes du bus 678, Nahed El Seba.

 

3e

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