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Christoblog

Articles avec #j'aime

The king's man : première mission

Sortie DVD

The king's man : première mission présente l'équilibre parfait qu'on attend d'un film d'action, entre scénario surprenant et fouillé, et scènes spectaculaires.

En ce qui concerne la narration, le troisième volet de la trilogie parvient à insérer dans son intrigue de nombreux personnages réels qui vivent leur vie "normale" : l'archiduc Ferdinand, lord Kitchener, Raspoutine, Lénine, Mata Hari. Cela donne au film une patine réaliste dans sa première partie que ne possède aucun film équivalent.

Dans la seconde partie, Matthew Vaughn parvient à se hisser en terme d'action à ce qui se fait de mieux dans le genre. Les scènes finales qui montrent les héros s'attaquer à la citadelle minérale du méchant boss sont impressionnantes.

Le film est une gourmandise sans prétention, qui souffre parfois de quelques baisses de rythme sans gravité, un peu moins drôle que les épisodes précédents, mais qui se regarde avec plaisir.

Kingsman sur Christoblog : Kingsman : services secrets - 2015 (***)

Le DVD sort le 6 mai en 4K UHD, Blu-Ray, DVD, Coffret trilogie Kingsman et en achat digital depuis le 28 avril chez 20th Century studios, site Internet, page Facebook et page Twitter. Voir aussi la fiche Cinetrafic du film.

 

2e

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Drôle

Drôle, la nouvelle série de Fanny Herrero (Dix pour cent) est-elle drôle ? Et bien, pas vraiment.

Mais elle présente l'intérêt de montrer l'univers du stand up de l'intérieur, et elle met en scène des personnages attachants, Aïssatou (Mariama Gueye) et Nezir (Younès Boucif) en tête. On souhaite à ces deux-là les destins de Laure Calamy, Camille Cotin, Nicolas Maury, ils en ont potentiellement l'étoffe.

Drôle est donc plutôt agréable à suivre, même si (et je me souviens que j'avais eu le même type de sentiments au début de Dix pour cent) l'écriture peut paraître parfois brouillonne et même vulgaire. La plupart des personnages sont stéréotypés sans finesse (la mère d'Apolline par exemple) et certaines scènes tombent à plat.

Malgré ces défauts, je dois avouer que j'ai tout de même dévoré les six épisodes, tant le talent de Fanny Herrero est grand pour tisser avec efficacité une progression dramatique certes un peu téléphonée, mais redoutablement efficace.

Je vais attendre la suite pour voir si l'amélioration qu'a connu Dix pour cent au fil des saisons (plus de densité, de profondeur, de subtilité, puis de noirceur) se retrouve ici.

Fanny Herrero sur Christoblog : Dix pour cent (***) 

 

2e

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A chiara

Jonas Carpignano poursuit ici son exploration, entre fiction et documentaire, de "sa ville" calabraise, Gioia Tauro.

Ce troisième film, après Mediterranea et A ciambra, nous emmène dans le milieu de la mafia. On suit le destin d'une jeune fille qui se rend progressivement compte à quinze ans que son père est un mafieux.

La façon de Carpignano fait ici merveille : mélange de réalisme brut (les scènes familiales du début, caméra à l'épaule, image à gros grain façon Kechiche) et d'onirisme égrené par petite touche (les rêves de Chiaria, la chambre en feu, le gouffre dans le salon).

Le film a une bande-son formidable, très travaillée et signifiante. La thématique du choix de vie, celui du passage à la condition d'adulte sont très bien traités. Mais ce qui emporte tout, c'est le visage et le corps rayonnants de Chiara, sa volonté de vivre, son exigence de comprendre.

Quelques scènes sont tout simplement géniales : la cache dans la brume, le passage du contrôle policier. Urgence, captation des sentiments les plus complexes au plus prêt, la vie semble ruisseler de l'écran dans les films de Carpignano.

Un formidable thriller psychologique mâtiné de documentaire brut.

Jonas Carpignano sur Christoblog : A ciambra - 2017 (****)

 

3e

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Et il y eut un matin

Ce joli film israélien présente beaucoup de qualités et constitue une très jolie découverte. 

L'idée de départ est très maline : un arabe qui habite Jérusalem et qui méprise son milieu d'origine reste bloqué dans son village natal où il est venu assister à un mariage, suite à un blocus inexpliqué mis en place par l'armée israélienne.

S'en suit une suite de mésaventures tour à tour comiques, émouvantes, tendres, et dramatiques. Notre personnage principal n'a plus accès à internet et va devoir communiquer avec sa famille, ses amis du passé et sa femme !

Le film est très composé (le scénario est remarquable) et riche en thématiques (la situation politique, les factions palestiniennes, les sans-papiers, le courage, la déliquescence d'un couple).

La mise en scène de Kolirin est intelligente et inspirée, à l'image de ses coeurs palestiniens qui chantent lorsque la ville est privée d'électricité. Et il y eut un matin est à la fois un beau film politique et une chronique délicate de nos lâchetés quotidienne : le film est à découvrir.

Eran Kolirin sur Christoblog : La visite de la fanfare - 2007 (***)

 

3e

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Ego

Sortie DVD

Grand vainqueur du Festival de Gérardmer 2022, ce film finlandais se place dans ce qui est en train de devenir une tendance lourde : l'épouvante nordique un peu barrée. Récemment, l'islandais (et poétique) Lamb, puis le norvégien (et alambiqué) Les innocents, ont montré le chemin d'un surnaturel profondément ancré dans le quotidien.

Ici, la réalisatrice Hanna Bergholm prend toutefois un chemin un petit peu différent en présentant la tableau d'une famille presque trop parfaite : la mère a un goût particulièrement kitsch en matière de décoration (du rose, du verre, des coeurs), elle tient un blog, et exerce une pression psychologique infernale sur sa fille de onze ans qui prépare un concours de gymnastique.

Evidemment ce monde parfait et sucré s'avère rapidement tordu : la mère a un amant et l'inconscient de la petite fille Tinja va revêtir plusieurs formes inquiétantes et assez réussies. Le film n'est pas avare de jumpscares, mais aussi de visions formelles d'une grande beauté, le tout assez concis et ramassé pour préserver l'intérêt de Ego jusqu'à la fin.

Je conseille donc plutôt ce film bien écrit (la dernière partie est assez surprenante), servi par l'interprétation impressionnante de la jeune Siiri Solalinna. J'ai pu voir le film en Blu-ray et apprécier encore plus la qualité de la belle photographie du film.

Le film sort directement en DVD et en Blu-Ray, édité par The Jokers Entertainment (site Internet de l'éditeur, sa page Facebook et sa page Twitter), en Blu-Ray et DVD le 27 avril, ainsi qu'en VOD. Fiche du film sur Cinetrafic : https://www.cinetrafic.fr/film/64620/ego

 

2e

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Contes du hasard et autres fantaisies

De film en film, Ryusuke Hamaguchi s'affirme comme l'un des plus grands cinéastes en activité.

Si cet opus est un peu moins complet et profond que son chef-d'oeuvre Drive my car, il met en exergue deux de ses qualités principales : une direction d'acteur de haut niveau, qui permet une exploration en profondeur des sentiments humains, et des talents de dialoguistes hors pair.

De contes, il y en a trois. Le premier est d'une facture assez classique (une femme raconte à son amie son coup de foudre pour celui qui s'avère être l'ex de son amie). Le second est vertigineux et constitue une approche de la libido (en particulier féminine) assez peu courante dans le cinéma japonais contemporain.

Le troisième, qui raconte les retrouvailles de deux femmes plusieurs dizaines d'année après leur lycée, est profondément émouvant.  Dans cette dernière partie, Hamaguchi atteint des sommets en matière d'écriture : l'intrigue est surprenante, les fausses pistes nombreuses, les rebondissements psychologiques nombreux et la finesse d'interprétation atteint des sommets. C'est vraiment du grand art, d'autant plus que la mise en scène se met alors au diapason du scénario, multipliant les effets (symétries, transparences, angles) dans un huis clos d'une apparente simplicité. Magnifique.

Ryusuke Hamaguchi sur Christoblog : Passion - 2008 (***) / Senses - 2018 (***) / Asako I&II - 2019 (**) / Drive my car - 2021 (****)

 

3e

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A plein temps

A plein temps applique au quotidien d'une mère de famille élevant seule ses deux enfants les recettes des thrillers décrivant habituellement des situations exceptionnelles, ou des personnages hors la loi.

Il faut donc par exemple imaginer le torrent furieux de Uncut Gems, des frères Safdie, décrivant quelques jours de la vie de Julie, ballotée entre ses problèmes de boulot, une grève SNCF et la difficulté de faire garder ses deux enfants.

Le résultat est un exercice de style qui intéresse surtout par sa capacité à ne jamais faiblir dans son rythme, par la pure magie du montage et d'une caméra souvent portée à l'épaule. A plein temps peut aussi s'apprécier comme un documentaire consacré dans son intégralité à documenter les différentes transformations possible d'une Laure Calamy dont la profondeur de jeu s'affirme de film en film. C'est un spectacle extraordinaire de voir son visage traverser à peu près tout le spectre des émotions possibles (soumission, séduction, colère, amour, tristesse, détachement, concentration, etc).

A voir, au moins pour Laure Calamy.

Eric Gravel sur Christoblog : Crash test Aglaé - 2017 (**)

 

2e

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The leftovers

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, The leftovers est l'une des toutes meilleures séries que j'ai eu l'occasion de regarder, à placer aux côtés de Six feet under, The wire ou The sopranos.

Pour se faire une idée de son degré de qualité, il faut imaginer la magie disgressive de Lost (des personnes comme vous et moi plongées tout à coup dans un monde irrationnel, des surprises vertigineuses et des renversements complets de perspectives, une poésie diffuse), mais une magie qui serait maîtrisée, canalisée, organisée.

Damon Lindelof, scénariste de Lost et de The leftovers, semble ici tirer les enseignements de son expérience précédente en adaptant le roman de Tom Perrotta : trois saisons au lieu de six, un meilleur contrôle des digressions narratives, une fin beaucoup plus travaillée. 

La série commence par un événement incroyable : 2% de la population humaine disparait au même moment. Que sont ils devenus ? Et surtout comment le monde va réagir à cette évènement incroyable ? Et comment ceux qui ont perdu quelqu'un vont-ils (peuvent-ils) faire leur deuil ?

Les trois saisons nous font suivre les destinées de Kevin Garvey, policier, et de sa famille, de Nora et de son frère pasteur Matt, et de quelques autres protagonistes confrontés aux problématiques évoquées plus haut : tous ces personnages vont nous entraîner dans un fleuve de situations plus étranges les unes que les autres (on voyagera chez les morts, on partegera la vie d'une secte, on hésitera à suivre plusieurs messies) tout en gardant constamment ce qui fait la vraie valeur de la série : une analyse aigüe des sentiments humains.

La qualité des trois saisons (chacune étant centrée sur un lieu différent), s'améliore au fil de la série, ce qui est assez rare pour être noté. Certains épisodes sont parmi les plus impressionnants que j'ai pu voir, à la fois pour l'originalité de leur point de vue, la qualité de leur réalisation et la déflagration d'émotions qu'ils génèrent.

The leftovers est un torrent de sensations et d'intelligence, un voyage à la fois insensé et profondément crédible, un bijou comme il en apparaît qu'une ou deux fois par décennie. Un chef d'oeuvre.

 

4e

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Libertad

Présenté à la Semaine de la Critique 2021 et couronné par le Goya du meilleur premier film, Libertad est un joli film sensible.

Les thématiques abordées ne sont pas très originales : une amitié entre deux jeunes adolescentes de classe très différentes (l'une est la fille de la maîtresse de maison, l'autre de la domestique colombienne), la position ambigüe d'une employée de maison qui à la fois fait partie de la famille et peut en être exclue sans autre forme de procès (un classique du cinéma sud-américain - même si le film est ici espagnol), les premiers émois sensuels de jeunes adolescentes, la maladie d'Alzheimer qui s'abat sur la grand-mère. 

Rien de bien nouveau donc, mais une manière élégante, un scénario qui tisse habilement des liens entre les différents personnages, une mise en scène fluide et surtout des actrices formidables.

On est donc globalement séduit par cette chronique estivale assez classique qui ouvre la Quinzaine du cinéma espagnol et sud-américain de Chambéry, et on surveillera la carrière de la scénariste réalisatrice Clara Roquet, qui, nous a-t-elle dit ce soir, prépare un second long-métrage de fiction dont le sujet sera le polo en Argentine.

 

2e

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Mystic river

Dans la filmographie très inégale de Clint Eastwood, il faut apprécier les films comme celui-ci, dans lesquels le mauvais goût de l'américain s'efface devant une solide histoire.

C'est en effet avant tout au talent de Dennis Lehane que Mystic river doit sa belle tension intérieure : une intrigue d'abord tortueuse puis limpide, une plongée dans les méandres les plus noires de l'âme humaine et une sécheresse sans afféterie chez tous les protagonistes.

Eastwood n'ajoute presque rien de tape l'oeil dans la mise en scène (si ce n'est parfois un peu trop de musique, et une fin pas très heureuse). Il filme des acteurs formidables avec une élégance plaisante, parsemant le film de vues d'ensemble sur la ville ou la rivière, qui donnent une tonalité presque sacrée au drame qui se joue sous nos yeux.

Le film date de 2003. Il a très bien vieilli, et on peut se demander si aujourd'hui le cinéma américain de studio serait capable de produire un film aussi noir et aussi long (2h17). Sean Penn trouve ici peut-être le meilleur rôle de sa carrière, à la fois flippant et émouvant, mémorable à plusieurs reprises.

Un polar classique, de haute densité.

Clint Eastwood sur Christoblog : Gran Torino - 2008 (***) / Invictus - 2009 (**) / Au-delà - 2010 (*) / J. Edgar - 2011 (**) / American sniper - 2015 (**) / Sully - 2016 (***) / La mule - 2019 (**) / Le cas Richard Lewell - 2020 (**)

 

3e

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Normal people

A priori, rien de bien original dans cette histoire : deux ados de la même ville vivent une histoire d'amour contrariée, sur plusieurs années.

Comment alors expliquer le succès mondial de cette mini-série irlandaise (douze épisodes de 30 minutes) ?

Peut-être d'abord par la situation de départ : sa mère à lui est femme de ménage chez sa mère à elle. Quand les deux jeunes sortent ensemble, leur différence de milieu social les empêcheront de s'afficher, d'autant que lui est très populaire, et elle très sauvage. Dans l'époque suivante, à l'université, la situation s'inverse et c'est ce contraste qui fait tout le sel de la série : c'est son tour à elle d'être populaire, et à lui d'être isolé.

Ajoutons à ces éléments sociaux une actrice charismatique (Daisy Edgar-Jones), des particularités psychologiques très humaines et inhabituelles (elle a un penchant masochiste, lui traverse une dépression), des scènes de sexe extrêmement convaincantes, et nous avons ici une très jolie réussite à mettre de nouveau au crédit de la BBC.

Vous apprécierez d'autant plus la série si votre coeur d'artichaut est sensible aux histoires tristes et romantiques, ce qui est mon cas.

 

2e

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Aristocrats

Quel beau film que ce premier long-métrage de la réalisatrice Yukiko Sode !

Il y a dans ce long et ample récit polyphonique quelque chose de la subtilité du cinéma d'Hamaguchi, auquel j'ai souvent pensé.

Le sujet n'est a priori pas très excitant : une jeune femme de 27 ans, issue d'un milieu très aisé, est poussé par sa famille à trouver un mari...

L'occasion pour nous de vérifier que le Japon est bien une société très compartimentée (classes sociales, quartiers de Tokyo, rapports hommes femmes), est profondément ancrée dans des comportements ancestraux et sclérosés.

Tout l'intérêt d'Aristocrats est d'illustrer dans un premier temps ce constat glaçant très brillamment, avant de le dépasser tout doucement en donnant la parole à une autre femme de condition modeste, puis en entremêlant leur deux voix, sans donner jamais le point de vue de l'homme.

Le film est d'une subtilité rare, et d'une belle longueur en bouche. Yukiko Sode frappe un grand coup et confirme le retour en forme du cinéma japonais.

A découvrir.

 

3e

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Plumes

Voici un film étrange. Ceux qui iront le voir en pensant voir une farce burlesque (ce que son pitch peut laisser penser : un homme est transformé en poulet par un magicien) en seront pour leurs frais.

Ils découvriront finalement un exercice formel qu'on pourrait qualifier d'expressionnisme en couleur, parsemé de visions parfois étonnantes. Au passage, Omar El Zohairy (qui fut l'assistant de Chahine et de Nasrallah) dresse un tableau peu reluisant de l'Egypte contemporaine, dans laquelle chaque homme semble destiné à faire des reçus ou à compter des liasses de billets.

Enfin, le film est un récit d'émancipation féminine qui se finit par des actes assez forts et plaisants que je ne dévoilerai pas ici.

Tout cela est intellectuellement très stimulant, mais il faut que les futurs spectateurs soient bien conscients que le mutisme forcené des personnages rend la vision de Plumes un tantinet fastidieuse.

 

2e

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House of Gucci

Assez mal accueilli à sa sortie, House of Gucci est très intéressant pour qui ne connait pas l'histoire de Maurizio Gucci, ce qui était mon cas.

Ridley Scott nous conte d'une façon très professionnelle ces mésaventures familiales, qui n'ont rien à envier en férocité à celles de la famille Roy dans Succession.

La première partie du film est véritablement captivante. Lady Gaga révèle un potentiel d'actrice insoupçonné, Adam Driver est incroyablement juste et séduisant, Jared Leto compose un personnage unique avec classe, Al Pacino n'en fait pas trop et Jeremy Irons est glaçant. La qualité du casting est d'un niveau rarement atteint.

La direction artistique est parfaite et la mise en scène redoutablement efficace. A noter que le sujet du film n'est pas du tout la mode, ce qui a été pour moi une vraie surprise. C'est à peine si on voit dans le dernier tiers du film quelques images d'un défilé de Tom Ford.

Le film s'assombrit doucement alors que les années passent, et le récit se délite un petit peu dans la deuxième partie. Le rythme semble s'amollir et notre intérêt s'émousse, peut-être parce que le personnage joué par Lady Gaga devient secondaire. Les tensions dramatiques paroxystiques qui se développent alors manquent d'incarnation, et les 2h37 du film se font par moment lourdement sentir.

L'ensemble constitue toutefois un morceau de choix, qu'on pourra apprécier de différentes façons, suivant qu'on soit plutôt sensible à la munificence des décors, ou à la maestria des acteurs et actrices.

House of Gucci est disponible en DVD et Blu-Ray à partir du 24 mars, édité par Universal Pictures France (Universal France, Facebook, Twitter).

https://www.cinetrafic.fr/film/62338/house-of-gucci

 

2e

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L'ombre d'un mensonge

Le nouveau film de Bouli Lanners, tourné en anglais, présente une première qualité essentielle : nous montrer des paysages écossais (les îles Hébrides) d'une beauté irréelle.

Autre point fort de L'ombre d'un mensonge : le jeu des deux personnages principaux. Bouli Lanners est très convaincant et Michelle Fairley (la Catelyn Stark de Games of Thrones) fait preuve d'une élégance rare.

Pour le reste, le film est modeste. Il vaut pour sa grande justesse dans les choix de mise en scène et ses intentions simples mais efficaces. Clovis Cornillac, par exemple, fait une apparition très touchante.

J'ai été finalement touché par cette histoire d'amour simple mais belle, filmée avec tact et distance, comme une sorte d'understatement émotionnel.

A voir, éventuellement.

Bouli Lanners sur Christoblog : Les géants - 2011 (*) / Les premiers, les derniers - 2016 (**)

 

2e

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Petite nature

Quel sujet casse-gueule !  Un garçon de 10 ans issu d'une famille défavorisée tombe amoureux de son professeur et le drague, à Forbach.

Exprimé comme cela, on peut craindre le pire, du réalisme social glauque à la romance malaisante, en passant par le chantage au suspense psychologique. 

Mais Samuel Theis évite tous les écueils, grâce à une mise en scène élégante et surtout grâce à la prestation exceptionnelle du jeune Aliocha Reinert, qui fait preuve d'une sensibilité formidable. Petite nature avance donc dans son histoire avec beaucoup de tact, à coup de vigoureuses ellipses et sur la base de ce qu'on pourrait appeler un naturalisme poétique.

On est charmé par le rythme faussement indolent du film, sa faculté à capter des fragments de réalité brute et à dérouler une narration qui au final s'avère millimétrique.

C'est très beau.

Samuel Theis sur Christoblog : Party Girl - 2013 (***)

 

4e

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La Mif

La Mif est un film qui peut rappeler dans l'esprit et par la méthode Entre les murs de Laurent Cantet : un mélange subtil de fiction et de documentaire, des personnages qui jouent un rôle basé sur leur propre personnalité, dans un milieu qui leur est naturel.

Au lieu de la salle de classe on est ici dans un foyer d'accueil pour adolescent. Le réalisateur, Frédéric Baillif, choisit un montage original qui fait mouche : chaque séance est centré sur un personnage, et on revoit certaines scènes dans plusieurs séquences, qui revêtent alors une signification différente (un effet Rashomon à répétition).

Au delà des intrigues parfois un peu tarabiscotées, c'est l'énergie vitale des actrices qui porte ce film attachant et efficace. Malgré toutes les horreurs vécues (que pour certaines, on ne fait qu'imaginer) les émotions, l'espoir et l'amitié peuvent continuer à briller. 

 

3e

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Rien à foutre

Ce premier film présenté à la Semaine de la Critique 2021 commence comme du Stéphane Brizé. On se dit qu'il s'agit de nous montrer les conditions de travail difficiles des hôtesses de l'air de compagnie low cost : management à la fois mielleux et impitoyable, objectifs individuels de vente, absence de perspectives, planning démentiel.

Mais on se rend vite compte que la sécheresse didactique de Brizé ne conduira pas le film. Il s'agit plus ici de partager le vague à l'âme étrangement détaché de Cassandre, magnifiquement interprété par Adèle Exarchopoulos, qui tient ici son meilleur rôle depuis La vie d'Adèle.

Plutôt que d'explorer les arcanes sociologique de ce milieu professionnel peu montré au cinéma, on voit donc notre hôtesse de l'air se promener désoeuvrée dans des villes indéterminée, coucher avec des hommes au gré des rencontres d'une nuit, se griser de musique dans des clubs en s'alcoolisant, ou discuter avec ses collègues. Ces déambulations se teintent rapidement d'une connotation plus grave : on comprend que sa mère est décédée récemment dans un accident de voiture.

Rien à foutre change alors de tonalité et devient progressivement un film sur le deuil. C'est lors d'une séquence magnifique (un coup de fil d'Orange), dans laquelle Adèle Exarchopoulos est bouleversante, que l'on perçoit pleinement quel est véritablement le coeur du film.

La dernière partie de Rien à foutre se concentre sur ce sujet et le métier de Cassandre disparait alors au second plan. Elle est un peu plus convenue que la première, mais est très efficace et se conclut sur un dernier plan de toute beauté.

Un première oeuvre d'une grande sensibilité, qui capte parfaitement l'air du temps, à découvrir.

 

3e

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Ali & Ava

Pas si courant de voir un tableau des classes défavorisées anglaises sous forme de feel-good movie ! On est ici bien loin des films de Ken Loach. 

Porté par deux interprètes formidables, Ali & Ava confirme le talent incroyable de Clio Barnard, qui parvient à faire émerger d'intenses émotions d'un background terriblement réaliste.

Le film évite tous les clichés misérabilistes pour tisser une fine trame narrative dans laquelle peut éclore la bulle de sensibilité qui entoure les deux personnages principaux. La réalisatrice réussit formidablement à dessiner une ambiance en quelques plans : feux d'artifice, plan sur la ville, pluie sur un vélum, intérieur confiné. Les larmes viennent souvent aux yeux, sans qu'à aucun moment la sensiblerie ne pointe le bout de son nez.

J'ai beaucoup apprécié la façon dont le personnage d'Ali évolue au fil du film : d'abord très drôle, voire burlesque, puis de plus en plus intérieur au fur et à mesure que ses sentiments évoluent, comme la musique qu'il écoute passe progressivement du rap au folk.

L'amour épaissit et assombrit ces deux-là, en même temps qu'il les remplit. C'est très beau.

Clio Barnard sur Christoblog : Le géant égoïste - 2013 (****)

 

4e

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Robuste

Robuste est un film fragile.

Son scénario n'est pas le point fort du film : il est éthéré et finalement peu stimulant.

Tout l'intérêt du film réside dans la confrontation rêveuse de deux immenses présences : la densité de Gérard Depardieu dans un rôle de vieil acteur mal léché face à la robustesse de lutteuse de Déborah Lukumuena, révélée dans l'excellent Divines.

C'est à la fois peu et beaucoup. Il faut un réglage millimétrique dans chaque scène pour que la rouerie de Georges (qui parfois frôle le génie) ne "mange" pas la placidité inquiète et juvénile d'Aïssa. Mais cela fonctionne globalement, même si certains passages sont un tout petit peu faibles, surtout dans la deuxième partie du film.

L'impression générale est émouvante et intrigante. Il n'est pas si courant d'assister à une rencontre profonde qui n'est pas amoureuse.

A découvrir.  

 

2e

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