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Christoblog

Articles avec #im sang-soo

L'ivresse de l'argent

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Mais où est donc passé le cinéaste délicat du Vieux jardin, ou de ce chef d'oeuvre qu'est Une femme coréenne ?

En voyant The housemaid, je me posais déjà la question, mais lors de la projection à Cannes, en compétition officielle, de son dernier film, j'ai su que Im Sang-Soo s'était bel et bien égaré quelque part en un territoire rutilant et chromé, où les émotions nuancées n'existent plus.

L'ivresse de l'argent peut être vu comme un décalque de The housemaid, même milieu feutré de super-riches, même goût pour le sexe, à la différence qu'ici ce goût est assumé par une vieille rombière, ce qui ne rend pas le film plus aimable.

L'exercice pratiqué par Im Sang-Soo est sans nul conteste extrêmement brillant techniquement et plastiquement (ces mouvements de caméra !), mais cette maestria s'exerce avec tellement d'ostentation qu'elle nuit à l'attrait du film, dans lequel les personnages sont confinés à des caricatures parfois grotesques, qui rejouent sans fin la même partition sur le thème sexe / pouvoir /argent.

Quant aux derniers plans, je ne les ai absolument pas compris, et la rupture de ton qu'ils entraînent me laisse absolument perplexe.

Un exercice de style aussi brillant qu'inutile.

Im Sang-Soo sur Christoblog : Une femme coréenne / The housemaid / The president's last bang

 

2e

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Une femme coréenne

CIPAAttention chef d'oeuvre.

Je ne m'attendais pas à grand-chose en visionnant ce film de Im Sang-soo. Allait-il ressembler à la meilleure veine de ce réalisateur (le très beau Vieux jardin) ou à celle, baroque, que j'aime moins (The housemaid, The president's last bang) ?

Réponse : au Vieux jardin, en mieux encore.

Impossible de raconter l'intrigue sans en déflorer les rebondissements principaux : sachez seulement qu'on suivra les destinées d'un avocat, de sa femme qui ne trouve plus sexuellement son compte dans leur relation, d'un jeune lycéen amoureuse de cette dernière, du père de ce dernier, de la maîtresse de l'avocat qui jouit en se frottant sur le dos de ces partenaires, de la mère de l'avocat qui trompe son père et connait son premier orgasme à 60 ans, de son père qui meurt sous nos yeux dans des circonstances effroyables (à la Pialat, ceux qui verront le film comprendront), de l'enfant adopté de l'avocat et de sa femme, d'un pauvre bougre qui conduit ivre son scooter, etc.

Bref le film est un drame à l'ancienne, comme les italiens savaient si bien en faire dans les années 60/70, qui mêle avec brio tous les genres : comédie, érotisme, tragédie, chronique sociale et politique. Film somme (et pourtant seulement le troisième de Im Sang-soo, et son premier vraiment connu en Europe), Une femme coréenne est un bijou que je vous conseille fortement : scénario en béton, mise en scène souveraine, et les acteurs sont splendides et d'une rare sensualité (l'acteur et l'actrice principaux jouent également dans The housemaid).

 

4e

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The housemaid

Lee Jung-jae. Pretty PicturesIm Sang-soo fait partie de cette nouvelle vague de cinéastes coréens, extrêmement intéressants, qui nous offrent depuis quelques années une salve de films remarquables comme peu de nations peuvent le faire.

De Im Sang-soo on se souvient d'un excellent film, Le vieux jardin, non critiqué pour l'instant sur ce blog, et du bouffonnant et très étonnant The president's last bang.

Présent à Cannes 2010, The Housemaid mérite vraiment le détour. La réalisation y est brillante : plongée, contre-plongée, champ / contrechamp subtilement dosés, montage rythmé et subtil, décors ébouriffants, jeux des acteurs très fins (sublime Jeon Do-Yeon, déjà excellente dans Secret Sunshine), excellents seconds rôles (la vieille servante). C'est presque trop beau pour paraître vrai.

L'intrigue, remake d'un classique coréen si j'ai bien lu, est digne des grands thrillers psychologiques style Clouzot (je pense aux Diaboliques) ou Hitchcock (veine Notorious, ou Psychose). 

Extrême sensualité (oui, oui, voir au dessus un simple aperçu), suspense, mise en scène franchement baroquisante (cf la dernière scène, onirique), récit par ailleurs limpide, critique sociale balzacienne, le film est donc tout cela à la fois et au final une réussite.  La première scène est à montrer dans toutes les écoles de cinéma comme un exemple de montage parfait.

 

2e

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