Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Christoblog

Articles avec #horreur

It comes at night

Pour commencer, ne vous fiez pas à ce que vous pourrez lire dans la presse : It comes at night n'est pas un film d'épouvante. 

Vous n'y trouverez en effet aucun élément surnaturel et pas non plus d'effets programmés pour vous faire sursauter sur votre siège.

Au contraire, dans son contexte narratif spécifique (nous suivons une famille isolée dans la forêt alors qu'un virus terrible sévit et que toutes communications sont coupées), le film est admirablement réaliste. C'est d'ailleurs cette veine quasi naturaliste, alliée à une sorte de poésie diffuse et malsaine, qui fait tout le prix de la réalisation de Trey Edward Shults.

Le jeune réalisateur américain réussit un coup de maitre pour son premier film. It comes at night est à la fois original, beau et intrigant. Au delà de ses prouesses formelles (un montage magnifique, une photographie superbe), le film suscite dans l'esprit du spectateur des questions d'ordres très différents : moral (que ferions nous à la place du père de famille), métaphysique (à quoi sert de vivre dans ces conditions ?), politique (la peur de l'autre dans l'Amérique de Trump).

Une réussite sur tous les plans, magnifiée par le personnage du jeune ado noir, silencieux et en proie à des visions terribles. A voir sans crainte.

 

3e

Voir les commentaires

It follows

Difficile de comprendre l'engouement incroyable de la critique pour cette petite série B, certes très bien réalisée, mais fort peu originale.

Vous avez sûrement entendu parler de l'intrigue. Une jeune fille couche avec un garçon, et à partir de ce moment, il y a toujours une sorte de zombie qui cherche à la tuer, sauf si elle couche avec un autre garçon, auquel cas elle refile la malédiction au malheureux partenaire. Et si ce dernier est zigouillé avant d'avoir couché, les méchants zombies (que seules les victimes voient, évidemment) remontent d'un cran dans cette macabre chaîne de Saint-Antoine, pour s'attaquer au maillon précédent.

On voit donc immédiatement toute la subtilité du truc : sexe=mort, sexe=transmission du mal.

Le début du film est assez sympa. La mise en scène cotonneuse de David Robert Mitchell est inquiétante juste comme il faut, même si le tableau de cette Amérique pavillonaire désertée par les adultes a déjà été souvent montrée.

Les choses se gâtent quand la mort en marche est montrée à l'écran. A partir de ce moment, le film ne se distingue pas vraiment d'un autre film de zombie / slasher : même ralentis expressifs, même effets de surprises lourdingues, même teint cadavérique chez les agresseurs, même bande-son inquiétante... J'ai franchement eu l'impression d'avoir vu ce type de scènes mille fois : l'agresseur rôde, il fait un trou dans le mur, tout le monde hurle, et .... c'est un copain qui passe la tête par le trou ! Quelle surprise et quels frissons ! Damned, on a eu vachement peur !

Le ridicule du film atteint son paroxysme dans une scène de piscine dans laquelle tous les stéréotypes du film d'horreur semble réunis : bâtiment inquiétant (limite hanté, tu vois), orage opportun, idée stupide (on jette des sèche-cheveux dans l'eau pour tuer un mort-vivant), trucages approximatifs (on ne voit jamais l'empreinte du corps se dessiner dans l'eau), et tic auteuriste (le nuage de sang façon Kubrick).

Le film n'apporte donc pas grand-chose au genre, si ce n'est une mise en scène assez élégante, un pitch rigolo et une atmosphère particulière. On est très loin de la perfection visuelle et de l'originalité d'un Morse, par exemple.

A réserver donc au fan de "la mère qui se transforme en nymphomane hystérique en zigouillant son fils", ou à celui qui kiffe "les hommes invisibles qu'on repère en jetant une serviette dessus".

 

2e

Voir les commentaires

2 soeurs

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/35/21/03/18373888.jpg2 soeurs est très mauvais, et ne va pas aider à me réconcilier avec Kim Jee-woon, dont je déteste plus ou moins tous les films (A bittersweetlife, Le bon, la brute et le cinglé, J'ai rencontré le diable).

Pourtant, Dieu m'est témoin que je fais à chaque fois l'effort d'essayer de me laisser emporter par ce réalisateur dont l'appétit pour le cinéma de genre semble sans limite. Mais à chaque fois, ses films me laissent de glace.

Ici, dans la catégorie "Je joue à faire peur", on aura droit aux clichés les plus éculés du film d'épouvante en général (plans de coupe accompagné d'un musique stridente) et du film d'horreur asiatique tendance Ring (la jeune fille un peu crade aux cheveux mouillés, et qui perd du sang entre les jambes).

Tout cela est d'un formalisme qui confère au style pompier. Oui, Kim Jee-woon est l'équivalent de ces peintres qui tentèrent de reproduire l'antique en l'amplifiant et en le déformant.

Au final, on n'y comprend absolument rien et je défie quiconque de me dire que le scénario tient la route, et même ... qu'il existe ! Qui est qui, qui fait quoi : ces questions visiblement sont un peu trop complexes pour le réalisateur, qui préfère accumuler les effets sans songer à donner au film un souffle global.

Le film fait preuve d'une affectation extrême, et en matière de cinéphilie coréenne, c'est probablement la porte d'entrée à éviter.

 

1e

Voir les commentaires