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Le dîner de cons

Un des intérêts des longs voyages en avion, c'est de voir ou revoir des classiques qu'on ne penserait pas forcément visionner dans son salon.

Revoir Le dîner de cons cet été sur la route de St Denis de la Réunion a entraîné chez moi plusieurs types de réactions.

D'abord la surprise. Le film est moins drôle que dans mon souvenir (on ne rit franchement que lors de quelques rares séquences, dont la mémorable scène du producteur belge). Il est aussi corseté à l'extrême : les personnages sont perpétuellement à la limite de la caricature, la mise en scène est très théâtrale, les dialogues sont ciselés au mot près, la photographie et la mise en scène sont un peu datées et très formelles. L'impression générale que donne le film c'est d'être en présence d'un travail d'orfèvre, que ce soit au niveau du scénario, des dialogues ou de la mise en scène.

L'autre grande réflexion que m'a inspirée cette vision à 10000 mètres d'altitude et sur un écran de qualité très médiocre, c'est que la prestation de Jacques Villeret est exceptionnelle et place l'acteur au Panthéon des acteurs tragico-comiques. Son optimisme radical, son empathie instinctive, l'extrême mobilité de son visage, sa faculté à susciter à la fois l'intérêt et l'amusement : ce François Pignon cannibalise l'écran jusqu'à une tirade ultime et magnifique, qui rend justice à la complexité du personnage qu'il a composé jusque là. A côté de Villeret les autres acteurs semblent simplets, caricaturaux ou un peu factices.

C'est probablement le grand mérite du film de retourner son propos avec adresse : bien qu'indubitablement idiot, Pignon est bien le personnage le plus aimable du film et celui auquel chaque spectateur finira par accorder sa plus profonde sympathie. 

 

3e

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