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En direct du Festival Paris Cinéma 2013

Jour 1

Prince Avalanche, Ours d'Argent du meilleur réalisateur à Berlin 2013, est un produit typiquement indé US. David Gordon Green produit une fable sur deux types à l'orée de la quarantaine, paumés au fond du Texas. On dirait un mélange de Wes Anderson et de Judd Apatow, sans les qualités de l'un ni l'abattage de l'autre. Indigeste, pour mon estomac en tout cas.

Autre film indé US très attendu, France Ha, de Noah Baumbach (Greenberg), est plus plaisant à regarder, mais le film paraît d'un autre temps. Ils serait sorti en 1979 qu'on aurait pu en faire un petit frère du Manhattan de Woody Allen. Aujourd'hui, il sent un peu la naphtaline à la sauce girly.

La journée décidément assez faible se finit avec un vrai navet, La tendresse de Marion Hansel, avec un scénario pitoyable, une réalisation faiblarde et un jeu d'acteur (Olivier Gourmet, Marylin Canto, Sergi Lopez) qui incite à demander le remboursement en sortie de salle.

Jour 2

Comme souvent dans les festivals, le meilleur succède au pire pour le deuxième jour, avec Ilo Ilo qui a décroché la Caméra d'Or à Cannes en mai dernier. Ce film de Singapour est un bijou de précision et d'émotion. Un vrai coup de coeur, comme visiblement ce fut le cas pour le jury de la Caméra d'Or et sa présidente Agnès Varda, qui en parla très bien lors de la remise des prix.

Jour 3

De retour à Paris le week-end suivant, je retrouve l'ami mymp pour aller voir la dernière production de Peter Greenaway (toujours vivant, et ouais) : Goltzius and the Pelican Company. C'est riche, sucré, regorgeant de sens et de surimpressions sémantiques et visuelles, bref, pas forcément très digeste. Et ça dure 2h08.

Jour 4

Le lendemain, Charlotte Rampling tente de défendre L'oeil du cyclone de Fred Schepisi, mais ce film qui se déroule en Australie représente le pire, dans le genre qu'on qualifie de téléfilm. Je n'ai jamais su exactement ce que ça voulait dire, mais en l'occurence c'est exactement ce que j'ai ressenti. Plat, vain, inutile.

Je file au cinéma Grand Action (ses couloirs obscurs, ses fauteuils élimés, ses salles improbables) pour me plonger dans le deuxième film d'Ozon, Les amants criminels, présenté dans le cadre du cyle Natacha Régnier. C'est barré, provocateur, et finalement plutôt réussi. Le film m'amène à considérer d'un oeil nouveau le cinéma d'Ozon, j'y reviendrai en détail.

Jour 5

Final en apothéose pour ma deuxième projection de La vie d'Adèle, après celle de Cannes. Mon émotion est intacte, puisque je suis au bord des larmes (d'ivresse, d'émotions, de plaisir) pendant les deux derniers tiers du film. L'atmosphère est moite, ma voisine se tripatouille les cheveux pendant tout le film. La projection constitue à nouveau une réelle expérience physique. Je pense que j'irai une troisième fois quand le film sortira.

 

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Paris Cinéma 2013

Pour la troisième année, Christoblog sera présent et accrédité au Festival Paris Cinéma.

Un programme très copieux :

- une compétition qui s'annonce de très haut niveau avec par exemple le très bon film de Justine Triet  La bataille de Solférino que j'ai vu à Cannes, ou Ilo Ilo, Caméra d'or cette année

- des avant-premières exceptionnelles en présence des équipes de film, dont La vie d'Adèle, Le congrès, Grand Central, Frances Ha et des dizaines d'autres

- un hommage à la Belgique

- des rétrospectives Alain Robe-Grillet et Natacha Régnier

- un zoom Afrique du Sud

En tout plus de 300 films projetés dans une quinzaine de cinémas parisiens.

Je ne sais pas trop combien de films je pourrai voir, mais je vous tiens au courant, comme d'habitude.

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Paris Cinéma 2012

http://fr.web.img1.acsta.net/r_628_x/medias/nmedia/18/60/02/54/20129657.jpgAlors que le Festival Paris Cinéma connait quelques problèmes existentiels (cf l'article du Monde du 5 juillet et l'irruption dans le paysage du Champs-Elysées Film Festival), je ne peux malheureusement consacrer que quelques heures au Festival.

 

J'y vois d'abord Renoir, le dernier film de Gilles Bourdos, qui fut le film de cloture d'Un certain regard cette année. Je reviendrai sur le film dans une critique détaillée, mais je peux déjà dire que son académisme extrême en fait un objet de controverse. Un film étrange dont il faudra reparler.

 

Le Festival consacrant une large partie de sa programation à une rétrospective Hong-Kongaise, j'ai également vu Love unto waste. Dans le genre Aucun lecteur de ce blog n'a vu ou ne verra ce film, il se pose un peu là. La fiche Allociné existe, mais est réduite à sa plus simple expression.

 

Ce film de Stanley Kwan est pourtant étonnant : il paraît d'abord être une comédie sentimentale avec comme personnage principal Tony Leung (excusez du peu) et un trio de jeunes filles esseulées, dont deux jeunes taïwanaises. Il vire sans crier gare au drame sordide, en sautant la case thriller sur laquelle on l'attendait pourtant, avant de devenir une sorte de farce macabre, illuminée par le divin Chow Yun-Fat (encore une pointure !). Il emprunte également un détour intéressant du côté de la chronique sociale et du drame élégiaque.

 

Kwan propose une oeuvre dotée d'une vitalité et une capacité de se remettre en question qui dépasse donc largement le tout venant de notre production occidentale, avec en toile de fond une réflexion profonde sur l'impossibilité d'aimer, l'impermanence des choses et l'évanescence des sentiments. Remarquable à plus d'un titre, une très belle découverte.

 

Retour imprévu à Paris le samedi 7 juillet. J'en profite pour voir deux films : Queen of Montreuil de Solveig Anspach en avant-première mondiale, et Laurence Anyways de Xavier Dolan. Le premier est une délicieuse et délicate comédie portée par l'actrice Florence Loiret Caille, le second un film fleuve puissant, romanesque et parfois énervant, bénéficiant aussi d'une remarquable interprétation du principal personnage féminin : Suzanne Clément.

Les deux critiques dans les jours qui viennent sur Christoblog.

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Paris Cinéma 2011

pariscinema.jpgChristoblog est présent (et accrédité) au Festival Paris Cinéma, pour quelques jours. 

Au programme : voir une partie des films en compétition, quelques avant-premières aussi, et picorer si possible dans les nombreuses thématiques proposées par le festival : Mexique, rétrospectives Skolimowski, Don Siegel, Isabella Rossellini, Bernal...

Comme je ne pourrai pas écrire de longues critiques des films vus au fil de l'eau, vous trouverez ci dessous des chroniques qui seront complétées courant juillet par des billets plus complets sur chaque film.

2 juillet


Me voici à pied d'oeuvre pour quelques jours de découvertes cinématographiques. A l'arrivée, bon accueil au stand des accréditations avec remise d'une besace écolo contenant le joli catalogue du festival, et logotée à ses couleurs. On peut demander à regarder un des 8 films de la compétition sur 2 ordinateurs individuels sommairement disposés sur de simples tables. Passer une heure et demie un casque sur les oreilles à regarder un film iranien, pendant que 20 personnes circulent autour de vous, cela doit être une expérience bizarre.

Echauffement avec Cabeza de Vaca, l'histoire d'un conquistador qui a erré 6 ans entre la Floride et le Pacifique, s'intégrant aux peuplades indiennes et devenant chaman. Le film de Nicolas Echevarria (qui était présent lors de la projection) date de 1991 et sort seulement aujourd'hui, précédé d'une flatteuse réputation. J'ai été pour ma part un peu déçu.

Le deuxième film de la journée m'a bien fait rire, comme il a fait rire le festival de Cannes cette anné (il faisait l'ouverture de la Quinzaine) : il s'agit de La fée, du trio franco/australo/belge Abel/Gordon/Romy. C'est vraiment drôle, burlesque et poétique, délicieux. Un vrai coup de coeur, j'ai bien fait de le mettre dans la sélection du festival d'été. Le film sort le 14 septembre. Les 3 producteurs/metteurs en scène/acteurs étaient là, rayonnants et sautillants.

A 22h, mieux valait un film qui tient éveillé. C'est le cas de Ne nous jugez pas (Somos lo que hay), premier film du mexicain Jorge Michel Grau. Le père d'une famille de cannibales décède : comment la mère, les deux fils et la fille vont se débrouiller pour perpétuer le "rite" et trouver la nourriture ? C'est glauque, puissant, très bien mis en scène. Les fans de gore seront déçus, le film lorgne plutôt du côté de la chronique sociale. Il est toutefois interdit au moins de 16 ans. Quinzaine des réalisateurs à Cannes 2010 et prix du jury à Gérardmer. Date de sortie inconnue en France.

 

3 juillet


La journée commence par un film culte : The saddest music in the world, du canadien Guy Maddin, avec Isabella Rossellini (2004), sur un scénario de Kazuo Ishiguro. Le film est indescriptible, ressemblant dans son look au cinéma des années 20 ou 30, noir et blanc, gros grain, décors fantastique. Le scénario est complètement barré : une cul de jatte qui tient un bar à bière canadien organise un concours mondial de la musique la plus triste. A voir, c'est sidérant d'efficacité.

Je retrouve ensuite Nicolas Echevarria, le documentariste mexicain qui nous présente un moyen métrage documentaire sur un cirque de paysans amateurs se produisant dans un village perdu peuplé de Popolocas : de quoi réfléchir sur le rôle éternel et transculturel du bouffon et du spectacle. Ca s'appelle Poetas campesinos. Puis un grand moment : la magnifique Isabella Rossellini herself nous présente un film de papa, son dernier, et sa seule comédie : La machine à tuer les méchants. Le film est une curiosité, présenté à Cannes Classics cette année, qui est plaisante et surprenante. Curieux de constater comme un maître tel que Rossellini peut imprimer sa patte à une oeuvre même mineure. 

Et pour finir, deux films de la compétition officielle. On commence par Curling, du québécois Denis Côté. Le film est une bête à festival (comme on dit bête à concours) : il en est à 55, d'après son réalisateur. Pour ma part, il m'a laissé froid, je détaillerai pourquoi dans ma critique. L'intervention du réalisateur à la fin m'a troublé et a nui à l'image de son film (en ce qui me concerne en tout cas) : je l'ai trouvé sur la défensive, et un peu suffisant. Le film sort à l'automne.

Tout le contraire de Marie Losier, jeune réalisatrice vivant à New-York, qui présentait La ballade de Genesis et Lady Jaye, un documentaire auto-produit dont le tournage a duré 7 ans et qui nous fait suivre la vie de l'artiste/performer/musicien Genesis P-Orridge et de son amour avec la diaphane Lady Jaye. Le film m'a fait découvrir un continent entier de culture que je ne connaissais pas (et pourtant lié à Burroughs, au rock de Cabaret Voltaire, et à d'autres choses dont je connaissais l'existence). Le contraste entre la fragilité apparente et la modestie de la réalisatrice et les outrances des personnages montrés (chirurgie esthétique, performances extrêmes, body art, pandrogynie) est saisissant. Le film sort en octobre en France.

4 juillet


2 incartades hors de Paris Cinéma en début de journée. Séance de rattrapage pour voir Ha Ha Ha, qui n'est pas sorti à Nantes et qui confirme que Hong Sang-Soo est bien le fils coréen de Rohmer et Allen. Délicieux. Puis la première partie de Mafrouza, le documentaire fleuve d'Emmanuelle Demoris sur un quartier d'Alexandrie, découpé en 5 parties de plus de 2 heures chacune. Un vrai choc esthétique et émotionel sur lequel je reviendrai en détail. Je me demande comment voir la suite : sûrement en attendant le DVD.

Retour aux affaires sérieuse au MK2 Bibliothèque avec la compétition, et le film Hospitalité du japonais Koji Fukada. Le film part bien, avec une photographie exceptionnelle et une histoire intrigante, puis se délite petit à petit. On peut le voir comme une sorte de Théorème en mode mineur. Pas de distributeur en France pour l'instant, et le film me semble manquer de personnalité pour en trouver un.

Et enfin avant-première très attendue de Un amour de jeunesse, troisième film de Mia Hansen-Love. Je vous dessine le tableau : salle comble, ambiance surchauffée, introduction brillante de Charles Tesson, puis équipe du film au grand complet sur la scène. Mia Hansen-Love donne un poème de Desnos à lire à Lola Créton, qu visiblement ne s'y attendait pas, bref, c'est chaud. Et puis, patatra, le film est banal et ennuyeux. En sortant de la salle je me cogne pratiquement dans l'actrice principale, toute menue, elle fait 40 cm de moins que dans le film (magie du cinéma !). Je l'ai reconnue à ses grains de beauté sur la joue droite. J'ai hésité à lui dire  un truc du genre : "C'est peu crédible que votre personnage puisse tomber amoureuse de l'autre affreux boulet niais, bouclé et égoiste, on n'y croit pas une seconde". Et puis finalement non. Je n'aime pas faire de peine.

 

5 juillet


Dernières séances. En avant-première, Attenberg, premier film de Rachel Tsangari, réalisatrice et productrice grecque (elle a produit Canine en 2010). Le film entremêle deux sujets : la découverte du sexe et la mort du père. Bien que sérieusement réalisé, le film n'évite aucun poncif du cinéma d'auteur : long plan fixe sur un site industriel, traveling dans un sinistre couloir d'hopital, dialogues légèrement surréalistes et insertions de scènes loufoques qui permettront aux critiques paresseux de qualifier le film de "pop". La réalisatrice est bien sympa, elle débarque de l'aéroport pour venir directement dans la salle, et recevoir ma première question. Sortie le 21 septembre. Beau matériel de promo distribué à l'entrée de la salle (de jolies photos du film sous forme de pseudo cartes postales).

Le deuxième film, Voltiges, présente des similitudes avec le premier : premier film d'une réalisatrice suédoise (Lisa Aschan), sujet un peu lourd, mise en scène stylisée, et belle carrière en festival (Berlin et Tribeca). Le film est classique, un peu plus nerveux que le précédent, mais il n'évite pas les facilités que lui offre le sujet : l'expérimentation de toutes sortes de relations par deux adolescentes sur fond de voltige équestre (exigence, compétition). Sortie le 4 août.

 

Demain retour à Nantes ... et rédaction de quelques critiques détaillées.  

 

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