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Articles avec #eric judor

Problemos

Dans le milieu de la comédie française, il faut reconnaître à Eric Judor une place à part, qui le situerait dans un monde à la fois absurde et furieusement réaliste, dans lequel sa faculté à jouer « à plat » générerait une sorte de trente-sixième degré accessible à lui seul, s’épanouissant dans le malaise et le hiatus.

Dans Problemos, Judor pousse à l’extrême la logique des discours écologique et féministe, en décrivant une communauté isolée qui se veut égalitaire, confrontée à une épidémie mortelle.

En poussant à l’extrême certaines rengaines, en particulier dans la bouche d’une Blanche Gardin par ailleurs scénariste du film, puis en les confrontant à ce qu'il imagine être le fond de la nature humaine (jalousie, désir sexuel, violence, égoïsme), il engendre de multiples situations cocasses dont il n’est pas aisé de tirer des conclusions.

La construction de la belle maison par le personnage très amusant joué par Youssef Hajdi est par exemple une formidable allégorie de la naissance du capitalisme, à moins qu'elle ne soit une ode à la liberté d’inventer, ou tout simplement un rappel que la normalité s’impose à tous. Judor renvoie donc toutes les parties dos à dos, soulignant avec une méchanceté jubilatoire les travers des uns et des autres.

C’est drôle, parfois très noir, et surprenant. Un vent neuf dans la comédie française.

 

3e

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Wrong cops

Le cinéma de Quentin Dupieux me laisse jusqu'à présent profondément indifférent. 

Réalisé d'une façon très conventionnelle, il essaye de se démarquer par une sorte de bizarrerie qui consiste à faire évoluer une galerie de personnages déphasés (ici des flics pourris) dans un environnement plutôt normal. Le procédé pourrait être générateur de gags ou de moments de poésie décalée, mais on dirait que Dupieux s'ingénie à stopper le développement de ses idées au moment où celles-ci pourraient devenir intéressantes. 

Le film, plastiquement très laid (la photographie est déplorable), ne semble être qu'une suite de sketchs sans queue ni tête, dans lesquels on croise successivement un flic qui deale de la drogue dans des rats éventrés, un autre qui fantasme sur les gros seins, une femme flic perverse, et un dernier qui est poussé au suicide par la publication d'une photo de lui dans un magazine porno gay. 

Wrong cops est une construction intellectuelle dans laquelle quelques idées surnagent à grand-peine (le rôle central de la musique), mais qui n'engendre ni émotions, ni plaisir. Parmi la brochette d'acteurs cabotinant, on notera que Marilyn Manson débarrassé de son attirail grotesque est plutôt bon, ainsi qu'Eric Judor, dont le jeu ahurri fait mouche.

Point le plus intéressant de la soirée : le cinéma distribuait aux acheteurs de billets des bouts de la copie 35mm de Rubber. Pourquoi ? Je ne sais pas.

 

1e

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