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Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait

Pour peu qu'on ne soit pas allergique au style et aux motifs récurrent d'Emmanuel Mouret (des gens parlent ad libitum de leurs peines de coeur, et tout le monde veut coucher avec quelqu'un d'autre que celui ou celle avec qui il ou elle est), on considérera que ce dernier film est le grand oeuvre du cinéaste marseillais.

Le marivaudage élégant qui constitue sa marque de fabrique se teinte ici de tonalités plus graves et plus profondes. Le résultat est donc aussi brillant que d'habitude, une fois que la musique romehrienne des dialogues très écrit est intégré, mais également plus émouvant.

Toutes les composantes de Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait semblent d'ailleurs bonifiées : l'écriture est souveraine, le découpage du film parfait, l'utilisation de la musique (une sorte de best of de morceaux classiques pour piano) très pertinente, et même la mise en scène, usuellement quelconque chez Mouret, prend ici des couleurs.

Mais l'arme fatale du film, c'est le haut niveau d'incandescence que semblent atteindre acteurs et actrices. Camélia Jordana est brillante, Niels Schneider convaincant en Candide indécis, Guillaume Gouix impérial en goujat malgré lui et Vincent Macaigne trouve ici un de ses meilleurs rôles. Emilie Dequenne porte enfin le dernier arc narratif du film sur ses épaules et propose un personnage bouleversant. Sa prestation, exceptionnelle, justifie à elle seule la note maximale accordée au film.

Du grand Mouret.

Emmanuel Mouret sur Christoblog :  Un baiser s'il vous plait  - 2007 (****) / Fais moi plaisir - 2008 (**) / L'art d'aimer - 2011 (**) / Caprice - 2014 (**) / Mademoiselle de Jonquières - 2018 (***)

 

4e 

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Mademoiselle de Jonquières

Excellente surprise que ce nouveau film d'Emmanuel Mouret, qui s'était un peu perdu au fil du temps dans le radotage libertin et contemporain.

En transposant son goût pour la dialectique subtile et parfois perverse au XVIIIème siècle, Mouret réalise un coup de maître. 

Sa langue châtiée et déliée à la fois se marie admirablement avec l'époque et Cécile de France et Edouard Baert, tous deux excellents, semblent  se délecter des dialogues, il faut le dire, absolument brillants.

Le scénario est suffisamment subtil pour intriguer, séduire, surprendre et enfin renvoyer chacun à sa conscience quand il s'agira à la fin du film de savoir quel personnage est aimable. Ce n'est d'ailleurs pas le moindre mérite de Mouret de donner à voir des émotions profondes à travers le filtre de propos légers, et d'habiller la cruauté du plus beau des sourires.

Une franche réussite, de plus très joliment filmée.

Emmanuel Mouret sur Christoblog : Un baiser s'il vous plait  - 2007 (****) / Fais moi plaisir - 2008 (**) / L'art d'aimer - 2011 (**) / Caprice - 2014 (**)

 

3e

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Caprice

Je suis un fan d'Emmanuel Mouret, période Un baiser s'il vous plait. Cela me fait du coup un peu mal de le voir mal vieillir : il faudra un jour que quelqu'un lui dise qu'à 45 ans il ne ressemble plus à un adolescent.

Qu'il puisse séduire à la suite Virgine Elfira, puis Anaïs Demoustier, avec ses airs de Droopy indécis et trop honnête, n'est simplement plus crédible. 

J'ai donc suivi avec une politesse un peu gênée toute la première partie du film, qui ressemble à du Mouret faisant du Mouret : dialogues distanciés et très écrits, scènes de burlesque visuelles (la tasse de café) et situations improbables (l'amour sous le bureau). 

Mon intérêt s'est un peu réveillé dans la deuxième partie. L'aspect primesautier de l'intrigue disparait au profit de réflexions un peu plus plus profondes et sombres : quel est la véritable nature de l'amour, aime-t-on pour les bonnes ou les mauvaises raisons, peut-on et faut-il réparer ses erreurs ?

Au final, la tendresse que j'ai pour Mouret m'empêche d'être trop dur avec le film, mais Caprice doit tout de même être réservé aux admirateurs du réalisateur. 

Emmanuel Mouret sur Christoblog : Un baiser s'il vous plait (****) / Fais moi plaisir (**) / L'art d'aimer (**)

 

2e 

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L'art d'aimer

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L'art d'aimer est constitué de petites histoires qui ne se connectent que de façon très artificielle.

Ces petites histoires font entendre une musique bien particulière, qui est celle de Mouret : un couple éprouve ses sentiments en tentant un adultère croisé, une femme mûre souhaite céder à ses désirs et en informe son mari, un jeune homme meurt avant d'avoir connu le véritable amour, une jeune femme propose à une amie de coucher avec son mari ("je suis pour le partage des richesses"), etc.

Le hic, c'est que cette fois-ci la petite musique sonne faux. Cela est probablement en partie dû à la structure bancale du film, mais aussi à la prestation des acteurs/actrices, qui surjouent tous et toutes de façon notable.

Un casting pourtant trois étoiles dont personne ne sort indemne, et surtout pas Frédérique Bel, dont on se demande si elle peut vraiment jouer autre chose que les idiotes. Le souci vient peut-être aussi du fait que la franche cruauté des films précédents est ici en berne.

Du coup, le caractère un peu ampoulé des dialogues (renforcé par la voix off de Torreton - oui je sais, à ce stade, ça fait beaucoup) fait plus penser à une parodie de Rohmer qu'à la verve casanovienne.

La dernière histoire est la seule à intéresser vaguement, malgré le jeu toujours très bourgeois de Judith Godrèche. Malheureusement sa résolution convenue en forme de happy end ne la rend pas plus sauvable que le reste.

Le marivaudage est un peu triste pour cette fois.

Emmanuel Mouret sur Christoblog : Un baiser s'il vous plait / Fais moi plaisir

 

2e

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Fais moi plaisir

Emmanuel Mouret est injustement méconnu.

Son précédent film, Un baiser s'il vous plait, était une merveille de comédie. Fais moi plaisir, bien que moins bon, est plaisant à regarder.

Dans sa première partie on retrouve la verve rohmérienne qui faisait mouche dans un Baiser, mélange improbable et parfaitement efficace de propos à sous-entendus salaces, de banalités affligeantes énoncées (comme) en alexandrin, et de moues expressives.

A partir du moment où le héros (Mouret himself) pénètre à l'Elysée, la comédie devient plus visuelle - façon Tati, Sellers ou même Buster Keaton. J'aime moins, même si la mécanique parfaitement huilée fonctionne très bien.

Un vent frais dans la comédie française.

 

2e

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Un baiser s'il vous plait

Virginie Ledoyen et Emmanuel Mouret. Pascal Chantier / TFMExcellent.

Il est toujours jouissif de voir un réalisateur concevoir un projet original, le mettre en oeuvre avec détermination et le réussir de bout en bout.

 

Et c'est le cas ici. Emmanuel Mouret nous donne une comédie sentimentale extrêmement légère tout en étant profonde, dialoguée magnifiquement, intrigante et amusante.

Un bijou, aussi délicieux que ceux de Rohmer ou que certains de Woody Allen, en plus aérien, plus "XVIIIème". Un film parfaitement hors mode, et totalement anti conformiste, que je conseille 1000 fois pour se convaincre que la comédie française, ce n'est pas uniquement José Garcia ou Camping.

A voir de toute urgence pour passer une excellente soirée, en compagnie d'un Marivaux du XXIème siècle.

 

4e

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