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Christoblog

Articles avec #emma stone

La favorite

Comme souvent chez Lanthimos, je suis partagé entre l'admiration et l'agacement.

Côté admiration, il faut reconnaître l'inventivité de la mise en scène, l'élan général du projet artistique, la manière amusante de revisiter le film en costume et l'interprétation magistrale des actrices.

Olivia Coleman, que j'ai adoré dans la série Broadchurch et dans le film Tyrannosaur, trouve ici probablement le meilleur rôle de sa carrière. Elle est tour à tour intrigante, touchante, énervante. Le personnage qu'elle campe est l'épine dorsale du film, sa substantifique moelle et son véritable coeur. La tristesse générée par la perte de ses dix-sept enfants permet au personnage d'Anne d'acquérir une épaisseur émotionnelle que Lanthimos n'avait pour l'instant jamais atteint.

Côté agacement, la virtuosité un peu vaine, le capharnaüm des focales et des cadrages qui à mon sens ne parvient pas à donner au film une esthétique cohérente, un récit trop prévisible dans sa dernière partie et quelques longueurs.

Le résultat final est toutefois assez plaisant à regarder même si l'émulation intellectuelle intense que généraient les scénarios des précédents films de Lanthimos est ici en grande partie absente.

Yorgos Lanthimos sur Christoblog : The lobster - 2015 (****) / Mise à mort du cerf sacré - 2017 (***)

 

3e

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Battle of the sexes

Beaucoup de moyen, pas mal de bon et un peu de mauvais dans ce film à la croisée des genres.

Pour le moyen : la mise en scène un peu molle (on peine à reconnaître la vivacité des auteurs de Little Miss Sunshine), la narration sage, une histoire d'amour platement filmée, une bien-pensance qui peine à convaincre.

Pour le mauvais : des longueurs (la première scène de coiffure où on a envie de crier : ON A COMPRIS, T'ES LOURD). Le film aurait mérité d'être raccourci d'une demi-heure.

Pour le bon : une prestation énormissime d'Emma Stone qui parvient à tout transformer chez elle, de la démarche à la posture, et une reconstitution d'une partie de tennis bluffante. 

Au final, un moment de cinéma de moyennement agréable à plutôt plaisant, suivant l'intérêt qu'on porte au tennis, au coming out des tenniswomen lesbiennes, ou à Emma Stone. Pour ma part, c'est le versant féminisme décomplexé qui m'a le plus plu : l'aspect "je les emmerde tous ces connards de phallocrates, et je vais les niquer". 

 

2e

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La la land

La la land est traversé par la même énergie foutraque et euphorisante que le précédent film de Damien Chazelle, Whiplash.

Foutraque, parce que le film ne ressemble à rien, et donne l'impression de chercher sa voie tout du long. 

La première scène est à ce titre exemplaire. Elle semble rendre hommage à la comédie musicale américaine classique, mais apparaît finalement comme un exercice de virtuosité pure. On pourrait penser qu'elle donne le ton du film, mais en réalité, pas du tout, puisque les passages chantés s'espaceront progressivement et ressembleront plus à du Demy qu'à du Stanley Donen.

Parfois aux confins du mauvais goût sucré (la scène du planétarium), souvent d'une justesse de ton ahurissante qui pourrait rappeler Cassavetes (la magnifique scène pivot de la dispute durant le repas), perpétuellement en mouvement et inventif, La la land séduit à la fois par la richesse de ces procédés et la profondeur de son approche.

Euphorisant, parce que le film semble porter en lui l'espoir fou que le cinéma peut tout. La foi que Chazelle semble insuffler à son film emporte toutes nos réticences. Son histoire fonctionne parfaitement et les petites imperfections du film apparaissent presque attendrissantes : Ryan Gosling et Emma Stone ne chantent pas merveilleusement bien, mais leur voix n'en est que plus attachante.

La dernière partie du film, par sa dignité et son originalité, finit par emporter la mise. On est conquis, émus, et passablement scotchés par le tour de passe-passe de Chazelle : montrer la naissance de l'amour dans un frou-frou de couleur primaires, en donnant l'impression d'être le premier à le faire.

La trame de La la land parait à première vue assez simple, voire simpliste (exactement comme celle de Whiplash d'ailleurs). Mais une fois l'euphorie de la vision passé, il faut bien reconnaître que le film est bien plus que ce qu'il paraît être : portrait grandeur nature d'une ville, réflexion sur la fidélité à ses ambitions, éloge de la légèreté, analyse psychologique des rapports de couple, déclaration d'amour au jazz, manifeste pour un cinéma décomplexé, et au final esquisse glaçante des occasions ratées.  

Un beau grand film.

Damien Chazelle sur Christoblog : Whiplash - 2013 (****)


4e

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L'homme irrationnel

Avant de parler d'un film de Woody Allen, il convient de préciser l'angle avec lequel on l'observe. 

En ce qui me concerne, j'ai de sérieuses difficultés à le considérer comme un film normal. Autrement dit, je ne peux guère que le comparer aux autres Woody Allen.

Dans cette optique, L'homme irrationnel s'avère être un met autrement plus épicé que les précédents opus, passablement insipides à mon goût. Le film est fluide, direct, sans temps morts, et réserve de belles surprises scénaristiques. Mieux vaut d'ailleurs ne rien savoir de l'intrigue pour bien en profiter. 

Les personnages paraissent au départ archétypaux, avant qu'une scène pivot dans un bar fasse basculer l'histoire dans un tout autre registre. On retrouve alors un peu de cette noirceur qui était tellement plaisante dans Match point.

Si Joaquin Phoenix assure le minimum, Emma Stone est très convaincante. La scène finale en forme de pirouette rappelle elle aussi Match point (balle de tennis vs lampe torche), et donne à la fin du film un air à la fois féministe et pragmatique.

Malgré quelques scories résiduelles (la lumière toujours trop dorée de Darius Khondji, les discours philosophiques trop superficiels), L'homme irrationnel est une vraie gourmandise.

Woody sur Christoblog : 

Scoop (**) / Vicky Cristina Barcelona (**) / Whatever works (**) / Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (*) / Minuit à Paris (**) / To Rome with love (**) / Blue Jasmine (**) / Magic in the moonlight (**)

 

3e

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Birdman

On savait Inarritu doué. Je n'aurais pas parié qu'il puisse être génial.

Pourtant, Birdman s'avère exceptionnel à tout point de vue. On aura rarement vu la virtuosité de la caméra épouser aussi parfaitement la tortueuse imagination d'un créateur. Birdman est à la fois la tragédie d'un petit homme, la dissection d'un système, une réflexion sur l'art de jouer et un concentré de contemporanéité.

Le principe du "plan unique" est ici utilisé avec une subtilité dérangeante : il ne s'agit pas pour le réalisateur de faire croire qu'il a tourné son film en un seul plan, mais plutôt de suggérer que le monde entier peut tenir dans un théâtre de Broadway et ses environs immédiat - comme il pourrait tenir dans beaucoup d'autres endroits au monde. La caméra furète dans les coins et les recoins avec malice et distinction, les transitions temporelles s'enchaînant avec une maestria ahurissante. Les détracteurs du film peuvent vomir leur bile, le tour de force script+réalisation+montage est proprement unique.

Toute cette science pourrait n'être que poudre de perlimpinpin attrappe-oscars, mais les acteurs et actrices se chargent de donner au film un supplément d'âme : ils décrochent tous quasiment leur meilleur rôle, à commencer par la sidérante prestation d'Emma Stone, qui nous offre une tirade d'anthologie.

L'ego, l'amour, la fidélité, le désir, le jeu, l'acte de jouer, la célébrité, les medias, les relations hommes/femmes et parents/enfants : Birdman englobe tous ces sujets, en les survolant certes, mais en les survolant avec une poésie douce et bienveillante, que ponctue des scènes de duettistes sur le fil, Keaton/Norton, Norton/Stone, Keaton/journaliste, Keaton/Watts...

Il serait illusoire de chercher une profondeur à Birdman, le film ne prétend pas au carottage émotionnel de La vie de l'Adèle ou au vertige métaphysique d'Oslo, 31 août, il lorgnerait plutôt du côté d'un manièrisme à la Gaspard Noé, ou à la Winding Refn, débarrassé de l'obsession de violence (et ... réussi). 

Le film d'Inarritu est comme un morceau de rap : soit vous être emporté par le flow, et le prochain mouvement de caméra est systématiquement un enchantement, parce que chaque minute qui passe renforce le tour de force, soit à l'inverse vous rester à quai, et il est probable dans ce cas que le film vous paraisse vain, fat et artificiel, chaque minute qui passe étant une torture insuppportable.

En ce qui me concerne, film tourbillon, oeuvre totale, pétaradante et sussurante, Birdman s'impose comme le deuxième grand film de l'année, après Snow Therapy.

 

4e

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Magic in the moonlight

Woody se répète. Un titre et une ambiance qui renvoient à Midnight in Paris, la magie qui renvoie à Scoop, la photographie de Darius Khondji qui rappelle (entre autre) celle de To Rome with love, etc. 

On pourrait continuer longtemps la litanie des resucées inutiles pour ce film, dont au final je pense qu'il ne sert à rien.

Ni vraiment désagréable, ni vraiment moche, il n'est pas non plus particulièrement agréable ou spirituel. Pour tout dire, on s'attend à voir tout ce qu'on voit, et aussi tout ce qu'on ne voit pas. Les retournements de situations sont particulièrement insipides, et l'évolution de l'intrigue est aussi excitante qu'un épisode des Feux de l'amour

La lumière de Darius Khondji est trop belle, le jeu d'Emma Stone trop mutin et celui de Colin Firth trop taquin. On s'ennuie souvent et il faut vraiment chercher la jolie petite bête (la révélation de la prière, Dieu est finalement bien inspiré) pour trouver un petit intérêt à ce film qui appartient à une autre époque, un autre siècle.

 

2e

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The amazing Spider-Man

Alors, alors, voyons un peu. Depuis que je me suis initié au film de super-héros, je ne m'arrête plus.

Celui-ci est un remake du film de Sam Raimi, qui donnait en 2002 un nouveau souffle au genre, et que j'avais bien aimé.

Les Américains inventent donc un nouveau concept : le recyclage décennal de la nouveauté. Ainsi, en 2022 vous pourrez peut-être voir un remake du film de Mark Webb, qui lui-même copiait Sam Raimi, qui d'ailleurs lui-même succédait à plusieurs films et feuilletons.

Et pour pousser le concept à son paroxysme, chacun de ces remakes de remake pourra enfanter de suites qui seront elles-mêmes des remakes de suites. Ou pas.

Bref, tout cela n'a aucun intérêt. Comme le film. Pourtant, je l'ai vu dans des conditions pratiquement optimales : en 2D et en VO. Ce qu'il y a d'incroyable dans ce type de produit (on renâcle à écrire oeuvre, ou même film) c'est l'apparente exigence d'éviter toute sorte d'originalité.

Le résultat est donc hyper-formaté, ne ménageant aucune surprise et ne présentant aucun intérêt. Ah si, il y a une scène de 34 secondes qui vaut le coup (le film dure 2h17) : un bibliothécaire écoute de la musique au casque dans un silence total quand un combat dantesque se déroule à l'arrière-plan.

A part ça, tout n'est que chemin déjà parcouru, clichés vus 1000 fois et redites pénibles. A fuir.

 

1e

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Crazy, Stupid, Love

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/82/68/61/19793413.jpgCe qu'il y a de mieux dans Crazy, Stupid, Love c'est l'affiche.

Elle est vraiment jolie avec ses trois photos, ses trois mots qui lui font écho, et son fond noir. Ensuite bien sûr, il y a Ryan Gosling, l'acteur qui monte, qui monte (et c'est le cas de le dire dans ce film si je peux me permettre !!). Certain(e)s l'apprécieront pour ... humm, disons, enfin vous voyez ... et d'autres, comme moi, pour son jeu très attachant, sa façon de froncer les sourcils en accent circonflexe l'air de ne pas y toucher.

Sinon, le film ne présente pas beaucoup d'autres caractéristiques enthousiasmantes. On peut porter à son crédit ce qu'il n'est pas : pas vulgaire comme la plupart des comédies US actuelles, pas complètement dénué de scénario (les rebondissements de la deuxième partie sont plaisants), pas mal réalisé, n'usant pas de ficelles trop grossières.

Il reste cependant un produit très formaté (beaucoup plus que le précédent opus du tandem Requa / Ficarra, I love you Phillip Morris), dont pas grand-chose ne dépasse et qui se termine par un classique happy-end larmoyant. 

Le point fort du film est sans nul doute son casting, assez convaincant.

Ah oui, il faut dire qu'on ne rit pas, ou si peu, ce qui est étrange pour une comédie sentimentale, qui en réalité est ici beaucoup plus sentimentale que comique.

 

2e

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