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Christoblog

Articles avec #damien bonnard

Les intranquilles

J'aime assez le cinéma de Joachim Lafosse, que je trouve habituellement solide et profond.

Le sujet dont il s'empare ici est intéressant : il s'agit de montrer de façon réaliste ce qu'est la bipolarité, et d'en explorer les conséquences sur la sphère familiale. Le film suit scrupuleusement ce programme, d'une façon sage et appliquée. On assiste donc à l'évolution oppressante des troubles comportementaux, impuissants comme tous les proches, qui font par ailleurs preuve d'une grande bienveillance.

Les intranquilles porte la marque habituelle de Lafosse : les situations sont bien analysées, le rapport entre les personnes sont décrits avec beaucoup de finesse, et la direction d'acteurs est convaincante. Damien Bonnard est exceptionnel, donnant à voir la maladie uniquement par son degré de fébrilité plus ou moins élevé, sans recourir à d'expressives mimiques.  

Un film honorable donc, sans être exceptionnel, qui souffre peut-être de quelques longueurs et d'un scénario hésitant sur la façon de finir le film, mais qui mérite d'être vu.

Joachim Lafosse sur Christoblog : A perdre la raison - 2012 (***) / Les chevaliers blancs - 2015 (**) / L'économie du couple - 2016 (**)

 

2e

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Seules les bêtes

Dominik Moll, cinéaste trop rare, nous offre ici un thriller d'une redoutable efficacité, bâti sur une utilisation simple mais efficace de l'effet Rashomon : les mêmes scènes sont vues plusieurs fois sous des angles différents, offrant à chaque fois un complément d'information sur l'intrigue.

On progresse ainsi dans les arcanes d'une histoire tortueuse, marquée par d'incroyables coïncidences, mais qui présente l'immense intérêt de décrire avec une grande acuité deux milieux très différents et rarement montrés au cinéma : les étendues désolées du causse Méjean et le monde des brouteurs d'Abidjan (si vous ne savez pas ce que c'est, alors allez voir le film).

La sensibilité de la mise en scène, la densité du jeu des acteurs (tous incroyablement bons), la qualité du scénario font de Seules les bêtes un divertissement de haute tenue.

Je le conseille.

 

3e

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En liberté !

Rarement les phrases d'accroche figurant sur une affiche m'auront parues plus mensongères que pour ce film.

En effet, en ce qui me concerne, pas de "rires en cascade" à la vision de En liberté !, mais simplement quelques sourires intermittents et de grands moments de gêne quand un pseudo-gag tombe à plat (comme les apparitions successives du serial killer aux sacs en plastique).

Cette comédie qui n'est pas pour moi "hilarante", n'est pas non plus "bourrée d'émotion". Le rôle tenu par Mio Marmaï m'a plus énervé qu'il ne m'a ému. Ce dernier surjoue le déprimé injustement emprisonné, à moins que son personnage ne soit mal écrit, ou que l'impression générale de raté résulte d'un mélange de ces deux carences.

C'est en fait tout le film qui me semble bancal. Pierre Salvadori semble essayer de paraître décalé à tout prix. Que la plupart des critiques se déclarent séduits par ce pensum me laisse complètement interdit. Mettre dans la bouche d'Adèle Haenel un "putain" tous les trois mots, imaginer un cambriolage en vêtement sado-maso, faire fumer un personnage un sac en plastique sur la tête : toutes ces idées semblent avoir germé dans le cerveau d'un élève de collège à qui on aurait donné les moyens de tourner un long-métrage.

Sans rythme, approximativement écrit et laborieusement filmé, En liberté ! ne mérite pas le dixième du bien qu'on a écrit sur lui.

Pierre Salvadori sur Christoblog : Dans la cour -  2014 (***)

 

1e

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Rester vertical

Alain Guiraudie aura donc connu les honneurs de la compétition à Cannes avec un de ses films les moins convaincants, alors qu'il aurait à l'évidence plus mérité cette sélection en 2015 avec L'inconnu du lac.

Autant ce dernier possédait une structure resserrée très prenante, autant Rester vertical part lui dans toutes les directions, sans entraîner l'adhésion.

Le début du film est très réussi. Son étrangeté naïve surprend et inquiète à la fois. Une menace plane, la nature est belle et indifférente. Le personnage principal semble le seul à adopter un comportement normal dans un ballet d'attitudes bizarres.

Hélàs, ce beau début lozérien se gâte quand les allers-retours avec les autres endroits commencent à se mettre en place (la guérisseuse, la maison du vieux, la ville). Le film devient alors un peu mécanique, enchaînant les moments creux et les morceaux de bravoure pseudo-provocante (l'euthanasie sodomite et l'accouchement), dans une ambiance grand-guignolesque qui n'autorise pas l'empathie.

Rester vertical finit par reposer sur les épaules de son acteur principal, Damien Bonnard, qui interprète avec une certaine maladresse la candeur inefficace. J'ai regretté pendant le film que Guiraudie ne fasse pas une place un peu plus grande au personnage de Marie, campée avec une assurance terrienne par la prometteuse India Hair.

La scène finale est au diapason du reste du film : elle en fait trop.

Alain Guiraudie sur Christoblog : L'inconnu du lac - 2012 (***)

 

2e

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