Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Christoblog

Articles avec #cartes postales

Carte postale de Bogota

CP5Bogota

Par Aurélien

 

Je suis en échange scolaire en Colombie, depuis 4 mois maintenant. Je n´ai malheureusement eu l´occasion d´aller au cinéma qu´à cinq reprises mais je pense tout de même avoir réussi à capter « l´esprit du cinéma » ici.

A Bogota les cinémas sont majoritairement situés dans le nord de la ville, quartier plus riche. De fait le cinéma en Colombie n´est pas accessible à tout le monde. Ce sont plutôt les gens aisés qui s´y rendent comme le prouve le portier qui est à l´entrée du cinéma et guide chaque personne jusqu´à sa place. Les fauteuils sont agréables (on peut même relever les accoudoirs ce qui est assez pratique pour draguer !). Le budget cinéma augmente aussi pour les Colombiens du fait de la consommation de pop-corn et de boissons gazeuses, dont ils sont très friands !

Cependant, il ne faut pas croire pour autant que Bogota comporte peu de cinémas, il y a une quinzaine de gros complexes (voir photo), et quelques cinémas plus indépendants dans mon quartier, plus pauvre mais plus culturel. J´ai essayé d´obtenir des informations sur ces derniers afin d´aller voir des films plus « originaux », mais il n´existe pas de site les référençant de manière appropriée. Par exemple la bibliothèque près de chez moi diffuse chaque jour gratuitement des films d´archive, datant souvent des alentours de 1950. Le cinéma colombien en soit n'est pas très développé, et les séries télévisées terriblement mauvaises et filmées avec du matériel d´amateur. Ceci étant il existe quelque exceptions de bons films (voir ci-dessous).

Je suis allé voir Pequeñas Voces, le premier film 3D colombien, fait à partir de dessins d´enfants. Il relate la relation aux FARC de leur point de vue, et explique le phénomène d´expropriation des villageois et leur déplacement vers les grandes villes telles Bogota. Il est assez intéressant du fait de l´histoire et surtout de sa forme assez déroutante. On se place vraiment du point de vue des enfants, à tel point que les dialogues entre adultes sont bien souvent retranscris par des grognements puisque les enfants ne les comprennent pas. Je m´attendais à un engouement plus fort de la part des Colombiens pour ce film, puisqu´au final nous n´étions que 3 français dans la salle plus 4 colombiens alors que le film était sorti le jour même !

C´est d´ailleurs une chose qui m´a marquée, le faible taux de fréquentation des salles…

Il en a été de même pour 2 dias en Paris que je suis allé voir dans le cadre du festival du film français : très peu de monde dans la salle. De plus le son était mauvais dans ce petit cinéma situé dans une université. Mais la séance coutait 1 euro contre 4-6 pour les cinémas normaux !

Les deux seules séances ou il y avait beaucoup de monde ce fut quand je suis allé voir des grands films hollywoodiens… Globalement, de mon expérience et de ce que j´en ai retiré en parlant à des Colombiens, ils diffusent principalement des grosses productions hollywoodienne, du style de Contagion en ce moment même. (Que je suis allé voir à reculons pour accompagner des amis, et qui se révèle effectivement très mauvais. Aucune surprise quand à l´intrigue, un virus se répand dans le monde entier, semant le chaos et la panique, jusqu´à ce que les gentils américains trouvent le vaccin…)

La plupart des films ne sont pas doublés mais sont en anglais sous-titré español.

Pour finir quelques films sur le thème de la Colombie ou colombiens :

La sociedad del semaforo (la société du feu rouge) / Maria, pleine de grâce (María llena eres de gracia) / Pequeñas voces (petites voix)

 

Voir aussi : New York, Tarbes, Mendoza, Bologne. Si vous voulez écrire vous aussi une carte postale cinéphile, écrivez-moi.

 

Voir les commentaires

Carte postale de Bologne

CP4Bologne.jpgLa maison natale de Pasolini

Par Julie

 

Bologne, grande « ville de province », héberge une institution importante pour le cinéma : la Cineteca, connue notamment pour son département de restauration des films. Des grands noms du cinéma italien y sont nés: Stefano Accorsi, Pupi Avati, Giorgio Diritti... et Pasolini. Si ici la cinéphilie n'équivaut évidemment pas celle de Paris avec son grand nombre de salles, on a quand même accès à une dizaine de cinémas avec deux ou trois salles en moyenne (je n'ai toujours pas compris s'il y avait des multiplexes à Bologne). Dans l'ensemble la programmation proposée est très intéressante, plus axée art et essai que blockbusters U.S. Ce qui est dommage, c'est que chaque film soit en général proposé par une seule salle et disparaisse en deux semaines (c'était le cas pour Ruggine dont j'avais parlé sur mon blog). Les rares films italiens qui tiennent l'affiche un peu plus longtemps sont les comédies (souvent d'un niveau intellectuel pas ultra-élevé...).

 

Mais apparemment ça n'empêche pas Bologne de continuer à proposer un grand choix de films au public, d'organiser différents cycles par mois à la Cineteca (Eisenstein, Cinéma et psychanalyse, Blake Edwards, L'histoire italienne vue par le cinéma...), et en été d'organiser des projections en plein air sur la Piazza Maggiore. La Cineteca est aussi le rendez-vous de nombreuses activités dépassant le cadre du cinéma : marché bio le samedi matin et autres évènements de l'association Slow Food, bibliothèque consacrée aux arts visuels, etc.

 

Personnellement, je ne suis quasiment pas allée au cinéma depuis mon arrivée à Bologne : la médiathèque de la ville a un immense choix de films de tous pays et époques, qu'on peut emprunter gratuitement. De plus, Bologne, surnommée « la dotta » (la savante), est très axée sur tout ce qui est art et culture (différents évènements sont organisés chaque semaine, valorisant le culturel et le savoir-faire traditionnel). Il y a donc à Bologne un accès au cinéma tel qu'on en trouve dans peu d'autres villes, et paradoxalement de quoi décourager les cinéphiles les plus tenaces d'y aller !

 

Voir aussi : New York, Tarbes, Mendoza. Si vous voulez écrire vous aussi une carte postale cinéphile, écrivez-moi.

 

Voir les commentaires

Carte postale de Mendoza (Argentine)

CP3Argentine.jpeg

Par Felix

 

Je suis expatrié pour un an à Mendoza en Argentine et ce depuis le mois de juillet dernier. Ici, comme ailleurs, c'est toujours un peu l'affrontement entre petites salles arts & essais et gros multiplexes qui se joue. Et clairement, le rapport de force est à l'avantage des seconds. Les petites salles sont biens rares et assez peu prisées des familles argentines qui ont pris l'habitude de se rendre dans les centres commerciaux pour voir "una pelicula".

Je ne me suis rendu que deux fois dans ces grands complexes et j'avoue que ce n'est pourtant pas l'envie qui me manque d'aller plus souvent au cinéma ! Non, c'est juste que bien souvent, la programmation est un peu pourrave, et ne m'offre que des nanars hollywoodiens que je ne daignerais même pas voir en France. Les productions américaines constituent en effet les trois quarts de la programmation des salles argentines, le reste étant réservé à quelques films argentins ou au reste du monde, parfois, rarement, presque jamais même …

Ceci étant, concernant les films français projetés en Argentine, j'ai tout de même eu quelques surprises. « Des hommes et des dieux », « Potiche » ou « Le nom des gens » sont passés dans les salles sous des noms en espagnol plus ou moins fidèles : « De dioses y de hombres », « Mujeres al poder » ou « El significado del amor ». Je vous laisse donc deviner quels films se cachent derrière « Rompecorazones », « Yo maté a mi mama » ou « Mis tardes con Margueurite ». Et sinon, les deux films que j'ai pu voir ici sont « Crazy, Stupid, Love » et « Contagion ».

J'ai bien aimé le premier et les argentins aussi d'ailleurs. Pour le second (ok, je crâne un peu vu qu'il n'est pas sorti en France), j'avoue avoir été un peu déçu. Je m'attendais à un truc qui en mette plein les yeux, qui détonne un peu et au final, Soderbergh filme un peu tout en mode tranquille-pépère, rien ne m'a surpris dans la mise en scène, tout est bien comme il faut et toujours un peu trop souligné. Tout est filmé en plan serré, en plongée/contre-plongée alors que j'attendais un truc plus époustouflant, plus large, plus haletant … plus quoi ! On ne sait jamais où il veut en venir et finalement ne nous sert ni plus ni moins que des séquences dignes d'une compilation de JT de 20H pendant la grippe H1N1. Le scénario part dans tous les sens et du coup, on voit tout le monde et personne à l'écran : les trois actrices oscarisées sont vraiment là pour la par ade et Jude Law est vraiment là parce qu'il est BG (tiens mais c'est quoi ces dents du bonheur qu'il a d'ailleurs?) Matt Damon a quant à lui le même rôle que dans « Au-delà » et c'est finalement Lawrence Fishburne qui s'en sort le mieux dans l'affaire, tout comme Jennifer Elhe qui ressemble à s'y méprendre à Meryl Streep et qui est aussi présente à l'écran que Cotillard et Paltrow réunies ! Le film n'est pas nullissime non plus et quelques scènes valent le détour, mais c'est bien trop déja-vu et un peu trop propret pour être réellement digne d'intérêt ! Hâte de voir les critiques du Festival d'automne ² s'étriper (ou pas) dessus !

Pour finir, le prix des places assez élevé pour les argentins (compter 45 pesos minimum soit plus de 7€) les incite à acheter des copies de DVD piratées que l'on trouve (très) facilement dans les rues, dans les bus ou sur les marchés. Toutes les nouveautés y sont et j'ai même pu voir « Melancholia » qui n'était pas distribué ici après les propos de Lars Von Trier à Cannes (quel film d'ailleurs !). Mon loueur de DVD préféré ne loue donc pas de vraies copies mais des exemplaires gravés, pas vraiment légal quoi. Mais bon, vu que je reste ici jusqu'en juillet et que je ne compte absolument pas me passer des dernières nouveautés, je ferme les yeux sur cette petite infraction et je regarde quelques comédies ou drame US et français dispos.

 

Voir aussi : New York, Tarbes. Si vous voulez écrire vous aussi une carte postale cinéphile, écrivez-moi.

 

Voir les commentaires

Carte postale de Tarbes

CP2Tarbes.jpg

L'Atalante à Bayonne

Par Alain

 

Comment  aller au cinéma quand on vit à Tarbes ? On oublie, ou presque. On comble ce vide par beaucoup de sport et d’activités en extérieur. La région est magnifique, le climat très agréable et la situation géographique offre de belles possibilités que ce soit côté Atlantique, ou Méditerranée quand on a le temps, ce qui est mon cas. Sans oublier l’Espagne, aussi, à moins de deux heures.

Mais revenons au cinéma. Tarbes, son seul et unique CGR, éloigné du centre ville. Immense bloc de bêton posé au milieu de nulle part dont l’apparence extérieure est plus proche d’un blockhaus que d’un lieu festif. Le point positif : des salles confortables et accessibles aux handicapés. Tous les points négatifs : une programmation composée essentiellement de blockbusters, et pas forcément les meilleurs, aucune version originale, et les tarifs, 8,80 € ou 5,90 € avec carte d’abonnement.

Seule et unique solution, aller voir ailleurs et ne pas avoir peur d’avaler des kilomètres ! Le plus proche : Le Parvis Méridien perdu au milieu d’un centre commercial accroché au pied des Pyrénées. Assez loin de la ville, très impersonnel avec des horaires impraticables. J’oublie. Mes remèdes … À Pau, par exemple, avec Le Mélies. Deux petites salles, mais un lieu de convivialité chaleureux qui offre une programmation intéressante plus en adéquation avec le cinéma que j’aime. Les prix sont aussi plus raisonnable, 5 € l’entrée avec la carte d’abonnement. 80 kilomètres aller et retour ! Avec un minimum  pour moi d’une fois par semaine et deux films en moyenne. J’ai pu y voir l’an dernier des films très importants pour moi. Submarino, Des hommes et des Dieux, et plus récemment Une séparation.

Autre possibilité : pousser plus loin et s’arrêter à Bayonne qui propose deux salles, bientôt réunies dans un seul et unique lieu, L’Atalante et l’Autre cinéma. Les films présentés correspondent à ce que j’attends quand je veux aller au cinéma. J’y ai vu dernièrement We need to talk about Kevin, Restless, Melancholia, Et maintenant on va où, L’Appolonide, La guerre est déclarée, Balada Triste, La prima cosa bella ou Beginners… entre autres. 300 kilomètres aller et retour ! Avec un minimum d’une fois par mois et cinq films en moyenne en trois jours.

Quitte à être sur la côte Basque restons-y ! À Saint jean de Luz, par exemple, avec une pensée pour Dasola. Les Écrans Luziens offrent une belle diversité de films dans un cadre agréable, et un accueil chaleureux et très  sympathique. Les points forts : divers festivals intéressants, et des tarifs attractifs avec la carte d’abonnement qui ramène le prix à 5,50 €. J’ai pu y voir Les femmes du 6ème étage, Incendie, Angèle et Tony, et tout récemment … The Artist et Polisse. À 25 kilomètres De Bayonne ! Avec un minimum d’une fois par mois et deux à trois films en moyenne sur un séjour de trois ou quatre jours.

Arrêt quasi obligatoire au Royal à Biarritz, pour le lieu, les souvenirs, et la programmation qui reste intéressante. « Amis du Royal » ramène le prix d’entrée à 4,50 €. En ce moment c’est le seul cinéma de la région qui passe Ceci n’est pas un film. À 8 kilomètres de Bayonne. Avec un minimum d’une fois par mois et deux films en moyenne sur le temps du séjour.

La plupart du temps mes séjours au Pays Basque se font en fonction de la programmation dans les différentes salles et des horaires respectifs pour les films qui me tentent. Pouvoir profiter aussi de la région, hors saison de préférence, de l’océan en particulier, et ce, quelque soit le temps. Il y a longtemps que j’ai appris à aimer le temps qu’il fait.

Ne pas oublier l’Utopia à Toulouse. Bel endroit, et programmation intéressante qui offre une palette de films, d’hier à aujourd’hui, très intéressante. Certaines séances sont à 4 €. J’y ai vu la semaine passée Beauty et Habemus Papam. À 150 kilomètres de Tarbes. Une heure vingt par le train, pour plus de facilités et un aller et retour dans la journée. Je profite aussi de ce passage dans la ville rose pour m’égarer à l’UGC ou au Gaumont, mais plus rarement.

Je parle beaucoup des tarifs, mais après avoir bénéficié pendant de longues années de la carte UGC à Paris, je trouve que les tarifs pratiqués dans la région représentent un vrai budget. Quand on ajoute les coûts des déplacements et autres plaisirs, le cinéma devient un luxe.

J’ai calculé il y a quelques temps que je faisais une moyenne de 1.100 kilomètres par mois, pour essentiellement voir des films. Sans compter mes séjours en Espagne ou mes déplacements sur Toulouse, ville pour laquelle le train reste le plus pratique. Quand on aime … On fonce, mais on devient plus sélectif !

 

Voir aussi : New York. Si vous voulez écrire vous aussi une carte postale cinéphile, écrivez-moi.

 

Voir les commentaires

Carte postale de New York

CP1NewYork

  L'AMC / New York

Par Amélie

 

Après de nombreuses années à Paris et quelques mois à Washington DC, je suis désormais installée à New York depuis début 2011. Dans cette « carte postale » commandée par Chris, je vous parlerai de l’accessibilité des salles de cinéma aux États-Unis.

Compte tenu de la puissance de l’industrie cinématographique américaine, on pourrait s’attendre a ce que le cinéma soit omniprésent dans la vie des Américains. Et pourtant, il occupe un rôle moins important que dans la vie des Français.

Ce qui m’a tout de suite frappé en découvrant les grandes villes américaines, c’est la difficulté à trouver une salle de cinéma. Manhattan et San Francisco ne comptent qu’une quinzaine de salles chacune, en incluant les petits cinémas indépendants (mais en excluant les institutions telles que le MoMA projetant occasionnellement), et on peut marcher longtemps sans en croiser une. Prenez Times Square : il n’y a que 2 complexes de cinéma, alors que l’on en compte 8 autour des Champs Élysées.

Une fois la salle de cinéma identifiée, une autre mauvaise surprise vous attend : les places coûtent 12 à 14 dollars, et les tarifs étudiants n’existent pas. A ce prix-là, on croise les doigts pour que le film soit réussi ! Beaucoup d’Américains choisissent de surcroit de s’arrêter au stand popcorn-boisson, ce qui fait vite monter l’addition.

Certaines personnes autour de moi ont décidé de rayer les salles de cinéma de leur vie, lorsque la peur des punaises de lit est devenue trop forte ou que la naissance d’un bébé impose de prendre une baby-sitter pour sortir. Au-delà de ces problèmes, la télévision est de plus en plus omniprésente avec le développement de séries de haute qualité. Avant les bandes-annonces, les cinémas AMC Loews font désormais 15 minutes de « previews » consacrées aux nouvelles séries télévisées. Enfin, tous les cinéphiles ont un abonnement à Netflix, qui offre un streaming illimité de films et séries pour 7,99 dollars par mois.

Pour ma part, je résiste autant que possible aux contraintes locales, y compris de bruyants spectateurs, car rien ne remplace l’expérience du grand écran. J’ai la chance d’habiter dans l’unique triangle d’or du cinéma new-yorkais : dans un rayon de 5 minutes de marche, j’ai accès à un multiplexe AMC, un cinéma indépendant, et à la Film Society du Lincoln Center. Ce dernier m’offre l’opportunité d’assister à des festivals en présences des acteurs et réalisateurs, ce qui fait oublier le coût élevé de la séance (parfois plus de 20 dollars).

Car oui, c’est ça la magie de New York : les films ne sont que modérément accessibles, mais les stars sont là ! Depuis janvier, j’ai eu la chance de voir entre autres Martin Scorsese, Robert De Niro, Oliver Stone, Cédric Klapisch, Mike Nichols, Jason Reitman et Alba Rohrwacher. Toutes les semaines, je lis dans la presse que Robin Williams, Sandra Bullock, Jennifer Lopez ou encore Bradley Cooper sont en balade ou en tournage à côté de chez moi, et telle une groupie, j’espère bien les croiser dans la rue un de ces jours !

 

Voir les commentaires