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While we're young

A chaque film de Noah Baumbach, je m'efforce de me présenter dans les meilleures dispositions d'esprit possibles, plein de bienveillance et d'ouverture d'esprit.

A chaque fois pourtant je suis (un peu) déçu. 

Avec While we're young, ça partait pourtant pas mal : un couple de quarantenaires qui se laisse séduire par un couple de jeunes, c'est plutôt bien vu.

Surtout quand ce sont Naomi Watts et Ben Stiller qui jouent les vieux tentés par un retour en jeunesse. Le scénario utilise bien dans cette partie les ressorts comiques mis à disposition par la situation : les jeunes écoutent des vinyls et refusent d'être tout le temps scotchés à leur portable (!), les vieux sont addicts des nouvelles technologies. L'oscillation cyclique entre ce qui est ringard et ce qui devient vintage est très bien vue.

On rit franchement à certaines situations (le concert pour bébé par exemple, un grand moment d'horreur comique), même si le trait est parfois un peu trop appuyé, comme souvent chez Baumbach.

Dans sa deuxième partie, en exposant une intrigue moralisatrice qui dessert trop brutalement un des protagoniste, le film perd de sa légèreté et de son équilibre. On retrouve alors le cinéma très appliqué et lourdingue qui m'avait déplu dans Frances Ha, et qui font parfois de Baumbach un Woody Allen en chaussure de plomb (alors qu'il a prouvé dans Greenberg qu'il pouvait faire preuve de finesse).

Ajoutons que les réflexions sur le cinéma documentaire sont très superficielles et on pourra conclure que While we're young est un film bancal, à moitié raté ou à moitié réussi, suivant l'humeur du moment.

Noah Baumbach sur Christoblog : Greenberg (**) / Frances Ha (**) 

 

2e

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La vie rêvée de Walter Mitty

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/13/12/16/15/37/548553.jpgLe nouveau film de Ben Stiller, lancé par un intense matraquage médiatique, mérite-t-il d'être vu ?

Eh bien, oui pour sa première partie, et non pour sa seconde.

Le début du film est en effet à la fois beau et intrigant. Le générique est par exemple très joli, avec ces textes qui s'incrustent dans le paysage urbain. Les premières scènes ont un charme certain, même si Ben Stiller surjoue un peu dans le non-jeu, si je puis dire.

Lorsque Walter est perdu dans la lune, ou imagine d'improbables développements aux situations réelles, les trouvailles visuelles fonctionnent parfaitement bien. L'association d'un certain réalisme (la disparition du magazine LIFE comme toile de fond), d'effets visuels époustouflants et d'un casting très juste (par exemple la beauté non conventionnelle de Kristen Wiig) rend le film très séduisant.

Lorsque Walter Mitty part au Groenland, c'est encore très beau : qu'est-ce qui est vrai dans ce que l'on voit ? Vit-il vraiment ces aventures ? Le passage islandais marque une première dégradation : si les paysages sont superbes, la longue descente en skate est un peu too much.

La deuxième partie du film se dégrade alors progressivement : de la magie tendre du début, il ne reste plus grand-chose. L'imagination de Walter n'est plus visualisée, et le voyage en Afghanistan est confondant d'auto-congratulation ushuaïesque et esthétisante, ego-trip pénible à regarder, jusqu'à cette scène ridicule de football inter-culturel en plein Himalaya.

Raté sur la fin. Dommage.

 

2e

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Greenberg

Il arrive parfois de l'autre côté de l'Atlantique un objet inclassable, ni vraie comédie romantique, ni drame larmoyant, ni critique sociale appuyée, ni film d'auteur plébiscité par la presse bobo occidentale, ni blockbuster. En 2009, Humpday représentait ce type d'OVNI.

Greenberg bénéficie par rapport à Humpday d'une tête d'affiche bankable (Ben Stiller himself), mais présente par ailleurs la même caractéristique : un portrait en creux de ce qu'est l'Amérique aujourd'hui.

Le tableau n'est pas rose, il est gris, voire gris noir, et même peut-être anthracite foncé. Le personnage joué par Stiller est en dépression, il est maniaque (ses courriers : extraordinaires !), new-yorkais,  quarantenaire célibataire, a séjourné en hôpital psychiatrique, et ne fait rien.

Lorsque que son frère part au Viet Nam en voyage (pour affaire, pas pour dégommer du Viet-Cong), il vient occuper sa maison en Californie. Il séduit (si on peut dire) la femme à tout faire (assistante !) de son frère : nunuche sexy et gourdasse, jouée par une formidable Greta Gerwig poupée désarticulée (dévertébrée ?). Et blonde.

Le sexe entre eux est pitoyable, un soutien gorge qui ne se dégraffe pas, un cunnilingus interrompu, c'est à en pleurer, un curetage entre deux portes, et cela fournit deux des plus belles scènes de Greenberg.

Tout dans le film, sous des dehors doucereux, respire l'échec, le ratage complet, l'incommunicabilité profonde. Du Woody Allen période September, ou une sorte de Breat Eaton Ellis sans l'aspect trash. La Californie, sa jeunesse dorée, ses villas avec piscine apparaît comme l'enfer à l'envers, Mullholland Drive sans génie et sous Prozac.

Le film doit beaucoup à l'interprétation très fine de son couple d'acteurs principaux, remarquables tous les deux.

Résumons nous : un film fondamentalement, paisiblement triste, à ne pas voir si on l'est (triste), sous peine de tentative de suicide par défaut, aux wee-wee hours. Même le nom du chien (l'être envers lequel les humains du film arrivent - un peu - finalement - à être humain) est triste : Mahler.

Malheur ?

 

2e

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