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Christoblog

Articles avec #ben mendelsohn

Misanthrope

Moins délirant que le formidable Les derniers sauvages, qui fit connaître Damian Szifron en France, Misanthrope est un polar nerveux et super efficace, porté par un duo hors du commun interprété par la jeune Shailene Woddley et l'insaisissable Ben Mendelsohn (qui irradiait la série Bloodline).

On a rarement vu une mise en scène aussi précise et un montage aussi alerte dans le cadre d'une traque de tueur en série. De la première scène époustouflante au final assez classique, mais d'une belle tension, on suit avec un plaisir constant une suite d'évènements qui s'enchaînent dans une belle unité de style et d'ambiance.

C'est évidemment les capacités à percevoir la dépression du tueur par empathie qui rend le personnage de la jeune enquêtrice Eleanor si attachant. Shailene Woddley, qu'on avait découverte en fille de Georges Clooney dans The descendants, parvient à donner à son personnage une épaisseur mélancolique et attentionnée dont on se souvient.

De la belle ouvrage, qui amène à souhaiter que Szifron s'attaque à d'autres sujets.

Damian Szifron sur Christoblog : Les nouveaux sauvages - 2014 (****)

 

3e

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Bloodline (Saison 1)

Depuis son arrivée dans le petit monde des séries, Netflix essaye de rafler la mise en créant des oeuvres qui semblent confectionnées pour ratisser large, en suivant des méthodes éprouvées.

Cette approche génère des produits formatés qui brillent et semblent attractifs, mais s'avèrent au final sur-écrits et peu originaux.

Si House of cards représentait parfaitement les défauts Netflix, Bloodline confirme à un degré moindre mon opinion. Le principal défaut de la série est son caractère exagérément manipulateur. L'écriture détaillée des épisodes et la mise en scène utilisent de très grosses ficelles qui sont franchement gênantes : un montage alterné bien lourd pour nous inciter à penser quelque chose, la caméra qui ne montre que les pieds d'un personnage pour ménager un demi-suspense, des péripéties inutiles, des personnages qui en rajoutent. Je pourrais écrire plusieurs pages sur tous les menus défauts qui émaillent la série.

Le second problème est le délire accumulatif qui semble s'être emparé des showrunners. On dirait que tous les tics et tous les thèmes d'une série à succès ont été rassemblés dans Bloodline : flashforward à l'échelle d'une saison ou d'un épisode, flashbacks bien lourdingues avec filtre jaune, enquête policière, sexe, histoires parallèles, secrets de famille... On a parfois l'impression en regardant un épisode de Bloodline de regarder plusieurs séries en même temps.

Ses remarques qui empêchent de considérer Bloodline comme une excellent série ne m'empêche pas d'avoir tenu jusqu'au dernier épisode. La structure globale de l'histoire est assez bien vue, et le personnage du bad boy joué excellement par Ben Mendelsohn est tellement détestable qu'on a du mal à ne pas être intéressé par son sort. Les décors naturels de la Floride sont d'autre part parfaitement utilisés.

Pour résumer, une série écrite avec les pieds par des scénaristes qui voudraient à la fois faire Breaking Bad et Six feet under, mais qu'on ne lâche pas avant le dernier épisode quand même. 

 

2e

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