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Articles avec #barbara sukowa

Deux

Le pitch du film est intéressant.

Deux lesbiennes âgées qui n’ont pas fait leur coming out (alors qu’elles se connaissent depuis leur jeunesse) sont victimes d’un terrible accident de la vie : l’une des deux est victime d’un AVC.

Barbara Sukowa, qui joue avec beaucoup de conviction « celle qui reste », est impressionnante de classe et de détermination. La mise en scène, d’abord intrigante lors de premières scènes plutôt réussies, tourne rapidement à vide, et finit par paraître un peu prétentieuse.

Les seconds rôles ne sont pas vraiment convaincants : la femme de ménage, le fils, et la fille (jouée abruptement par Léa Drucker) sont réduits à de pauvres stéréotypes.

Je me suis progressivement désintéressé de l’intrigue qui avance vers un dénouement assez prévisible, après avoir suivi un chemin à la fois très balisé et parfois approximatif. L’impression finale, sans être catastrophique, est mitigée.

 

2e

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Hannah Arendt

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/93/88/20485508.jpgPeu de films prennent comme sujet la vie des philosophes. Il faut dire que filmer la pensée en train de s'élaborer est une sorte de défi ultime, et Hannah Arendt n'évite pas entièrement l'écueil de la vacuité, en exposant plusieurs fois son personnage principal allongée, en train de méditer.

Heureusement pour nous, le film montre bien autre chose, et d'abord le portrait d'une femme, avec son histoire très exceptionnelle (avoir été l'amante d'Heidegger n'est pas rien) et beaucoup plus quotidienne (son mari qu'elle appelle Frimousse, ses amies, ses cigarettes, ses parties de billard).

Ensuite, et c'est probablement le plus instructif, on suit le procès d'Adolf Eichmann comme si on y était. Margarethe Von Trotta choisit de ne montrer le nazi qu'au travers de véritables images d'archive, et là se situe sans nul doute le coup de génie du film. Il est tout à fait fascinant d'observer le visage de cet homme, impassible, et évoquant l'honneur comme justification des horreurs commises.

Du coup, l'élaboration du concept de Banalité du mal paraît assez claire. 

La dernière partie du film est peut-être la plus intéressante : elle montre avec brio comment des groupes de personnes peuvent juger d'une oeuvre sans même l'avoir lue, ce qui constitue un phénomène tout à fait classique. L'attitude d'Hannah Arendt, qui refuse obstinément de répondre, considérant qu'elle n'a pas à entrer dans une polémique qui n'est pas de son niveau, est remarquablement rendue. La longue scène finale du discours devant les étudiants permet à l'excellente Barbara Sukowa se déployer tout son talent.

Hanna Arendt est loin d'être un chef d'oeuvre cinématographique, mais c'est sans conteste un film agréable dont on sort plus intelligent.

 

3e

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