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Christoblog

Articles avec #audrey lamy

Rebelles

Voici plutôt une bonne nouvelle en provenance du cinéma français : une comédie décomplexée, dans laquelle les femmes ont la part belle, qui ne vise pas à autre chose qu'à fournir un bon moment sans second degré, un peu à la mode des frères Coen première manière.

Nous voici donc projeté dans le Nord Pas de Calais, dans un milieu ouvrier qu'on ne voit pas si souvent, au milieu d'un trio improbable de femmes : Sandra (Cécile de France) en ex-miss sur le retour, Nadine (Yolande Moreau) en mère de famille et Marilyn (Audreu Lamy) en punk socialisée.

Quand ce trio se retrouve par hasard en possession d'un beau magot, les évènements vont s'enchaîner sans temps mort, à notre plus grand plaisir. 

Le scénario est parfaitement huilé, la mise en scène d'Allan Mauduit efficace à souhait, et le tout est parfaitement agréable à regarder, ne lésinant pas sur certains écarts parfaitement incorrects et jouissifs (à l'image de la malencontreuse amputation qui démarre l'intrigue).

Rafraîchissant.

 

2e

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Les invisibles

Peut-on faire un bon film avec de bons sentiments ? Le bon sens cinéphile répond habituellement non, même si parfois il arrive qu'un film de ce genre tire occasionnellement son épingle du jeu.

Pour que les bons sentiments puissent faire un bon film, il faut plusieurs conditions. D'abord que le film évite à tout prix la mièvrerie quand il cherche à générer de l'émotion. Les invisibles de ce point de vue respecte parfaitement le cahier des charges : on y pleure souvent, mais les larmes restent toujours dignes, et se mêlent si facilement aux rires qu'on se sent simplement touchés au coeur, plutôt que triste ou joyeux.

Les films de bons sentiments ne doivent pas non plus tricher avec la réalité. Ils doivent montrer les choses comme elles sont, sans les embellir ni les noircir. Louis-Julien Petit excelle dans ce registre : son film ne cache rien de la réalité de ces femmes SDF, mais le fait sans emphase. Les moments difficiles ne sont pas sordides, et les victoires sont modestes. 

Enfin, il faut que l'interprétation soit parfaite et que les acteurs évitent à tout prix le cabotinage, faute de quoi les bonnes intentions deviennent méprisables. Corinne Masiero, toute en retenue, trouve ici un de ses meilleurs rôles : impériale en patronne taiseuse et bienveillante. Noémie Lvovsky est touchante en bourgeoise qui veut aider et Audrey Lamy convaincante en garçon manqué qui fonce dans le tas.

Mais finalement, ce qui rend Les invisibles si aimable et ce qui explique son formidable succès en salle, c'est la prestation des femmes qui jouent les SDF et ont elles-mêmes vécu dans la rue : comment résister à leur incroyable prestation ? Toutes ces femmes sont infiniment touchantes et génèrent naturellement un immense sentiment d'empathie et d'admiration.

Je vous le recommande chaudement. 

 

3e

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Ma part du gâteau

Moins : Allez, le dernier Klapisch est vraiment une sous-merde rétrograde. Autant d'idées reçues dans un seul film, c'est simplement pas envisageable : la pauvre dunkerquoise est vraiment une looser pitoyable, les clichés sont tellement appuyés que le film relève plus de la décalcomanie que du cinéma.

La lourdeur des scènes pseudo-émouvantes n'a d'égale dans le film que la tendance lourdingue de la bande-son. Etc, etc...

Plus : Ben bizarrement le film m'a plus touché que je ne pensais qu'il le ferait. Alors je m'explique : et si Ma part du gâteau dessinait un portrait idéal (au sens de parfait) du méchant du XXIème siècle ? Car enfin, le film refuse une évolution qui parait évidente : celle qui aboutirait à un happy end où le méchant ne serait pas méchant. Ici (et n'est-ce pas le mérite de Klapisch ?) le méchant reste vraiment méchant jusqu'à la fin et, finalement, le mirage de Pretty Woman reste un mirage. Depuis quand a-t-on vu personnage aussi dérangeant que celui joué par Lelouche (ignoble rapace sexuel à Venise, raclure infatuée sur le balcon de l'hôtel londonien, narrant laconiquement sa conquête au téléphone) ?

Le cinéma de Klapisch possède bien des défauts.

Grâce au diable il admet bien des qualités, dont la moindre n'est pas l'empathie. Quand au sens du rythme, le cinéaste et ses assistants semble le posséder à la perfection. J'ai donc aimé, presque malgré moi.

 

3e

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