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Articles avec #anya taylor-joy

Le jeu de la dame

Sensation surprise de l'année 2020, la mini-série Netflix consacrée à une jeune prodige des échecs dans les années 50 permet de passer un bon moment.

L'histoire est sympathique, bien qu'archi-rebattue (une vocation et une faiblesse, des apprentissages, des échecs, puis l'atteinte du graal). L'écriture ne brille pas par son originalité, et la réalisation est très sage, avec cet aspect propret et académique qui caractérise les produits Netflix.

Ce qui explique probablement le succès de la série, au-delà de l'aspect exotique du jeu d'échecs, c'est l'incroyable prestation de la jeune actrice Anya Taylor-Joy, qui crève l'écran. C'est peu dire que l'intérêt qu'on éprouve à regarder Le jeu de la dame réside principalement dans sa frimousse d'écureuil, son étude résolue et son allure déliée.

Les scénaristes ont bien aidé Anya Taylor-Joy en affublant son personnage d'une faiblesse qui la rend plus humaine, en développant son personnage dans une optique résolument féministe et en l'entourant d'un casting de seconds rôles exceptionnels, dont l'excellente Chloe Pirrie. Il faut également reconnaître que les décors sont magnifiques, et que les péripéties échiquéennes sont assez bien rendues à l'écran.

Un divertissement sans aspérité.

 

3e

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The witch

Amusant de constater le grand écart des notes sur Allociné concernant ce premier film : 4 pour les critiques presse et 2,2 pour les spectateurs.

On comprend bien, après avoir vu The witch, ce qui peut expliquer cela. Le film de Robert Eggers est un film d'épouvante sans épouvante, un film d'horreur sans effets spéciaux.

Difficile de ne pas apprécier la rigueur de la mise en scène, la beauté des images (très froides ou très chaudes, mais toujours magnifiquement photographiées) et le grand intérêt que suscite le tableau historique très documenté que constitue ce portrait d'une famille dévote du XVIIème siècle.

A vrai dire, l'intérêt du film est très probablement dans cet aspect terrifiant d'une religion chrétienne qui pousse à bout la pratique collective et familiale de l'auto-dépréciation systématique. On se dit d'ailleurs que le réalisateur en rajoute, jusqu'à ce qu'un carton final nous apprenne que les dialogues eux-mêmes sont tirés pour la plupart de sources historiques documentées (procès...). 

Que le diable s'invite gentiment dans cet enfer que constitue la pratique religieuse en elle-même est presque superfétatoire. Eggers propose alors une seconde partie de film qui ne reprend aucun des codes des films d'horreurs : pas de sang, pas d'effet de surprise (ou presque), pas de vision horrifique (ou presque). Tous les évènements anormaux sont simplement suggérés, ou en tout cas largement euphémisés. On comprendra qu'à ce stade l'amateur de Freddy soit déçu. 

A conseiller à celui qui aurait voulu voir Tarkovski essayer de tourner son Exorciste.

 

2e

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