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Christoblog

Articles avec #albert serra

Pacifiction - Tourment sur les îles

Mes plus anciens lecteurs savent la force de mon ressentiment envers Albert Serra, depuis une séance  calamiteuse du Chant des oiseaux, durant laquelle j'ai cru mourir d'ennui.

Mais n'étant pas enferré dans mes certitudes, et immergé que j'étais dans l'atmosphère émoliente d'un dernier jour à Cannes, j'ai décidé de me farcir Pacifiction en rattrapage, le dernier jour du Festival 2022.

Mal m'en a pris : j'ai revécu les mêmes sentiments qui m'avaient assailli lors de ma première expérience avec Serra. L'impression constante que le réalisateur joue avec mes nerfs, qu'il se moque complètement de mon plaisir et qu'il n'est conduit que par les errances de son imagination souffreteuse.

C'est peu dire que le film peine à remplir les 2h45 qu'il vole à la vie de ses spectateurs. Chaque plan pourrait durer 2 fois moins, 10 fois moins, ou pourquoi pas 10 fois plus que sa durée actuelle : cela ne changerait rien à ce que le film raconte, ou plutôt ne raconte pas.

Car en réalité l'oeuvre de Serra est probablement plus proche de l'art contemporain que du cinéma. La narration y est inexistante, et le peu d'intérêt qu'on trouve à suivre les indigentes pérégrinations de Magimel réside dans une atmosphère qu'on pourra qualifier de psychédélisme éthéré, ou de spleen queer tropico-kitsch, façon Mandico sous léxomyl.

Dans ce brouet arty sans queue ni tête, on ne sait pas dire ce qui est le plus terrible : la banalité éculée d'un fantasme politique de pacotille, l'esthétique de brochure publicitaire, l'ambiance mal digérée de film d'espionnage ou les effluves malsaines d'un néo-colonialisme dont le deuxième degré n'est pas avéré.

A éviter.

Albert Serra sur Christoblog : Le chant des oiseaux - 2008 (*)

 

1e

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Le chant des oiseaux

Le cinéphile aventureux que je suis s'est levé tôt ce dimanche matin, pour aller voir Le Chant des Oiseaux à 10h20 au Katorza dans le cadre du festival espagnol.

Bon.

Imaginez le film le plus lent, le plus ennuyeux que vous ayez vu jusqu'à présent : Zabriskie point, Still life ou un autre, qu'on va appeler X. Le chant des oiseaux est à X ce que X est à Casino Royal. C'est dire.

Autre image : on vous interdit de bouger (par exemple vous passez une IRM) et en même temps on vous enfonce des aiguilles sous les ongles en vous forçant à écouter un silence total. C'est aussi ça, Le chant des oiseaux.

On devait être entre une quarantaine de spectateurs dans la salle.

La première à craquer fut une dame d'un certain âge. Ensuite il y eut une sorte de quiproquo : un homme parlait fort devant la porte du fond, et on ne savait pas trop s'il tentait un happening ou s'il craquait nerveusement. En réalité, il essayait d'inciter une de ses connaissances à quitter le lieu de torture. Un peu plus tard, deux hommes ont tergiversé assez longuement avant de se décider à sortir : ils devaient hésiter à déranger tout le rang.

A la fin de la projection un malade mental a applaudi, je rêvais de voir les services d'internement d'urgence venir lui mettre une camisole. Les autres spectateurs, qui venaient de souffrir inutilement depuis plus d'une heure trente auraient pu tout aussi bien le lyncher, ça ne m'aurait pas choqué.

Conclusion :

1-ne plus JAMAIS aller voir un film d'Albert Serra

2-se méfier comme de la peste des Cahiers du Cinéma 

NB : Certains d'entre vous, outragés, diront : "il ne parle même pas du film !". Je leur répondrai que c'est parce qu'il n'y a pas de film.

 

1e

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