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Félicité

Voilà un film que j'aurais aimé adorer. Le mélange d'onirisme et de documentaire brut, la performance des acteurs, le talent du réalisateur : tout aurait dû me conduire à l'enthousiasme.

Malheureusement, après un début tonitruant qui aligne de très jolies scènes, le film s'embourbe lentement dans une sorte de pose auteuriste.

Le mutisme obstiné du personnage principal, joué par la marmoréenne Véronique Beya Mputu, devient de plus en plus pesant. Les inserts bizarroïdes (la forêt nocturne façon Weerasethakul en super 8, la chorale, l'animal) apportent plus d'interrogations que d'émerveillement, et les tics de réalisation (très gros plans, ralentis) apparaissent comme des coquetteries.

C'est dommage, parce que Gomis parvient par moment à nous faire ressentir un sentiment d'étrangeté confondant (la visite chez le riche, les scènes de concert) : dans ces instants, je me suis pris à rêver du film parfait que le réalisateur franco-sénégalais pourrait un jour nous proposer. 

Alain Gomis sur Christoblog : Aujourd'hui - 2011 (***)

 

2e

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Aujourd'hui

Satché se réveille. Il lui reste une journée à vivre. La nuit prochaine il s'endormira pour ne plus jamais se réveiller. C'est comme ça. Il le sait et tous ses proches le savent.

La trame narrative du film, ténue, est cependant pleine d'une sorte de suspense existentiel : Que va-t-il faire de sa journée ? Que feriez-vous dans la même situation ? Est-ce l'heure des bilans, ou celui de profiter de la vie ?

Alain Gomis utilise sa caméra avec une grande maestria, et en même temps une belle douceur. Il ne cherche pas à nous épater ou à être trop démonstratif, il se contente de nous faire sentir les sentiments des uns et des autres à petites touches, en veillant constamment à ce que le sentiment magique de la vie (de l'eau sur un visage, un pied d'enfant, une scène de pickpocket aperçue au vol) soit toujours présent à l'écran.

Le film est porté par l'acteur/poète/musicien américain Saul Williams, impeccable et très beau, et une photographie amoureuse de la lumière sénégalaise. Certaines scènes sont très belles (la dernière du film, celle où Satché se fait faire la toilette mortuaire qu'il subira le lendemain), d'autres sont un cran en dessous (la rencontre avec l'ex-maîtresse, les scènes politiques), mais l'ensemble dégage une atmosphère de quiétude tranquille très impressionnante.

Un beau film serein à découvrir.

Le cinéma d'Afrique noire sur Christoblog : Un homme qui crie

 

3e

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