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Réalité

Une petite fille nommée Réalité veut regarder la cassette vidéo (VHS !) que son père à trouvé dans les viscères d'un sanglier qu'il vient d'abattre. Un loser convainc son ami producteur de financer son film, à condition d'enregistrer le plus beau gémissement de l'histoire du cinéma. Un présentateur télé revêtu d'un costume de rat est persuadé d'avoir un terrible eczéma, qui s'avère être à l'intérieur.  

Si ces pitchs ne vous accrochent pas, vous serez certainement peu sensible à Réalité, la dernière fantaisie de Quentin Dupieux, objet aussi inclassable que les précédents opus de celui qu'on appelle Mr. Oizo, quand il pratique la musique électro plutôt que le cinéma.

Dans une Los Angeles à la fois luxueuse et désertique, Alain Chabat promène sa nonchalance tranquille avec une grande classe, jouant la lucidité perdue dans un océan de délire inquiétant. On pense évidemment souvent au réalisateur de Twin peaks, et plus particulièrement à Mulholand Drive. C'est à la fois l'horizon et la limite du film : ses rêves intriqués et ses dialogues absurdes évoquent systématiquement l'oeuvre de David Lynch, sans jamais parvenir à l'égaler, ni même à l'approcher.

Malgré ses réserves, Réalité est sans conteste le meilleur film de Quentin Dupieux. Intrigant et séduisant dans toute sa première partie, il patine dans la deuxième et semble ne pas savoir comment se terminer. La chute est à l'image de cette deuxième partie : ratée si on n'a pas aimé, ouverte si on veut être gentil.

A vous de voir.

 

2e

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Astérix - Le domaine des Dieux

Rien de négatif à dire à propos de l'adaptation d'Uderzo / Goscinny par Alexandre Astier.

Ce dernier reste bien sage et respectueux de l'original, en y ajoutant sa petite patte personnelle, comme par exemple lorsque les romains attaquent le village. A ce moment-là, le centurion Oursenplus prend les accents irrésistiblement drôles d'Arthur dans Kaamelott ("Mais c'est pas vrai !").

Sinon, difficile d'identifier d'autres signes distinctifs, sauf pour les fins connaisseurs qui reconnaîtront quelques répliques culte de la saga arthurienne de sire Astier (le "C'est pas faux" de Franck Pitiot par exemple).

En règle générale, les acteurs qui prêtent leur voix aux personnages sont plutôt convaincants (Roger Carel, Alain Chabat, Elie Semoun, Florence Floresti, Lionel Astier, etc), à l'exception notable de Guillaume Briat qui ne m'a pas plu du tout dans le rôle d'Obélix.

La mis en scène de Louis Clichy est propre et plaisante (j'ai vu le film en 2D) avec d'agréables jeux de lumière. 

Finalement, un des aspects les plus agréable du film est de remettre en lumière la pertinence du scénario de ce volume, particulièrement malin en ce sens qu'il brasse beaucoup de problématiques importantes  : l'acculturation par la colonisation, le confort contre la tradition, l'expansion du tourisme de masse.

Le plaisir qu'on éprouve à la vision du film tient donc à la fois à la densité de son propos et à la vivacité des dialogues. Une bonne soirée.

 

2e 

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