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Lamb

Pratiquement inexistante des écrans français jusqu'à présent, l'Ethiopie nous offre cette année coup sur coup deux films : Difret, de Zeresenay Mehari, en juillet, et Lamb ce mois-ci.

Autant le dire tout de suite, le film de Yared Zeleke vaut plus par son caractère documentaire que par son scénario, un peu faible. 

Un jeune garçon, Ephraïm, dont la mère vient de mourrir, est envoyé loin de chez lui chez un oncle éloigné. Quand ce dernier lui ordonne de sacrifier sa brebis bien-aimée, Ephraïm cherche à revenir chez lui et à sauver son animal.

Cet intrigue attachante permet de contempler des paysages à couper le souffle, et de s'approcher un peu de la vie quotidienne des habitants de ce pays magnifique. Il donne l'occasion de méditer sur le manque de pluie (réchauffement climatique ?), d'admirer la dignité des familles très pauvres, de s'étonner devant ce christianisme très exotique, et en ce qui me concerne, de dormir un peu. L'ensemble des acteurs, et le jeune garçon en particulier, sont tous très justes.

Instructif, mais pas renversant.

 

2e

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Timbuktu

Encensé par la presse francophone lors du dernier Festival de Cannes (et curieusement pas du tout par la presse anglophone) Timbuktu est un film surprenant et attachant.

Vu son sujet, je craignais principalement deux choses : une démonstration lourdaude et un misérabilisme social. Le film surprend totalement de ce point de vue dès son ouverture par la qualité somptueuse de ces images, son humour piquant et léger, sa joie de vivre communicative.

Abderrahmane Sissako fit preuve d'une intelligence peu commune en montrant dans un premier temps les islamistes comme des pieds nickelés un peu ridicules. L'enchaînement des scènes drôles enchantent le spectateur : l'islamiste qui drague, celui qui fume et qui danse, la marchande de poisson et les gants, la musique introuvable, la partie d'airfootball, les remontrances du vieil imam...

On pressent les failles béantes qui vont fissurer le film dans sa deuxième partie, explosant comme des bombes d'avilissement successif. Le film montre en chemin beaucoup de choses, par exemple le fait que les envahisseurs sont étrangers aux coutumes du pays. 

Timbuktu a des airs de conte, oscillant de l'humour le plus franc (extraordinaire confession du rappeur) à la cruauté la plus sombre (la lapidation). 

Je lui reproche juste une fin un peu décousue et certains rares moments de naïveté, heureusement compensés par une photographie sublime.

A voir.

 

3e

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