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Christoblog

Fish tank

Le premier plan de Fish tank est déjà un bijou. Katie Jarvies est essouflée, elle vient de danser le hip hop dans un squat. C'est un plan fixe, en plongée, superbe.
 
Suit une première partie qui expose le cadre de l'intrigue : paysages urbains de banlieue, insultes et violences, misère affective et sexuelle. Mia a 15 ans, elle n'aime personne et personne ne l'aime, même pas sa mère, ni sa petite soeur.
Elle ne va plus en classe et doit être prochainement placée dans un centre spécialisé. Elles est le poisson rouge qui tourne dans son bocal. Seule la danse semble donner un sens à sa vie.

Puis sa mère ramène à la maison un amant charismatique, Connor (Michael Fassbender, encore excellent), qui va bouleverser le train train quotidien de la mère et des deux filles.

Le scénario de Fish tank commence comme du Mike Leigh pour évoluer vers une intrigue à la fois fine et perverse. Les pistes narratives ouvertes en début de film (le gitan et son cheval, l'audition, le placement en centre) se bouclent progressivement avec élégance. Le sujet principal du film, l'éducation sentimentale et sensuelle de Mia, se développe dans une direction tout à fait inattendue et évite les lieux communs (comme le basculement dans le mélo) avec brio.

Katie Jarvis est une boule de volonté et de sensibilité, elle est bouleversante, exceptionnelle. Elle ne danse pas si bien que ça, mais quand elle le fait c'est avec une telle détermination qu'on ne peut s'empêcher d'être touché. Fassbender dégage une aura similaire à celle d'un Viggo Mortensen dans les films de Cronenberg, ou d'un Joaquin Phoenix.

La mise en scène est extraordinaire. D'une sensualité, d'une élégance qui fait de Andrea Arnold le pendant féminin d'un James Gray. Elle réussit à rendre sensible la beauté de la nature (un vol d'oiseau, un ciel d'orage, une libellule) comme celle de la ville (une barre d'immeuble, des camions nacelles, des poteaux électriques) avec la même virtuosité. Le jeu des focales, des profondeurs de champ, les légers ralentis, les angles de prises de vue inattendus restituent les sentiments de Mia à la perfection.

L'art du montage y est aussi totalement maîtrisé, témoin cette scène superbe dans la maison de Connor, au moment où Mia réalise quelle est la vraie vie de Connor : on croirait du Hitchcock.

Un deuxième film seulement, et déjà un chef d'oeuvre : Andrea Arnold prend rendez-vous.



4e

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Good morning England

Nick Frost. StudioCanalPas d'analyse psychologique ou sociologique poussée dans Good morning England.

Simplement une comédie où chaque personnage est ultra-typé, ou les situations sont poussées à leur extrême sur un mode cartoonesque. Les méchants, ridicules et engoncés dans leurs conventions grisâtres d'un côté. Les gentils, ne vivant que pour le sexe, le fun et le rock de l'autre, risquant quelquefois jusqu'à leur vie sans qu'on croie un seul instant qu'il puisse leur arriver quelque chose de grave.

La libération que représentait le rock à l'époque est illustrée par une série de vignettes qui rythment le film et montrent le lien assez magique qui unit le DJ et ses auditeurs - sujet commun avec ... Good morning Vietnam.

Pour effectuer autant de pirouettes sans tomber dans le ridicule, il fallait une brochette d'acteurs déjantés et crédibles à la fois, dont Philip Seymour Hoffman émerge, sidérant par sa capacité à changer radicalement de peau de film en film.

Pas un mauvais moment, avec une bande-son évidemment excellente.

2e

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Battlestar Galactica

Mary McDonnell, Michael Hogan, Jamie Bamber, James Callis, Tricia Helfer, Katee Sackhoff, Michael Trucco, Aaron Douglas, Grace Park, Tahmoh Penikett & Edward James Olmos. NBC Universal

Comment inciter quelqu'un qui n'aime pas la science fiction à se lancer dans l'aventure du Battlestar Galactica, comme je viens de le faire, en dévorant dans la foulée les 4 saisons et le stand-alone Razor ?

En soulignant d'abord que la série brasse des sujets bien éloignés de la science-fiction habituelle. Ici très peu de combats spatiaux par exemple. Les rares vaisseaux de guerre que vous verrez sont plus souvent en phase d'entraînement qu'en phase de combat. Rien à voir avec Star Trek et Star Wars, donc. Pas d'aliens non plus, ni de paradoxe temporel. Battlestar Galactica est autant une série de SF que Hamlet est une pièce sur le royaume du Danemark.

Un thème cher à la SF constitue tout de même une thématique de la série : celui des robots. L'histoire débute juste après la destruction presque totale de l'humanité par les Cylons, robots conçus par cette même humanité. Les Cylons (ceux qui nous intéressent) se distinguent des Centurions (métalliques et conformes à l'image traditionnelle du robot) par une caractéristique tout à fait extraordinaire : on ne peut quasiment pas les distinguer des êtres humains, et ils peuvent se répliquer à l'infini, atteignant ainsi une sorte d'immortalité.

Un des principaux intérêts de la série réside dans cette interrogation latente, qui soutient un mystère remarquable jusqu'au tout derniers épisodes de la dernière saison : parmi les héros de la série qui est vraiment humain ? qui est Cylon ?

Evidemment les Cylons, qui s'avèrent être des ennemis incompréhensibles au tout début de la série, vont petit à petit être découverts par les humains.

Leurs secrets vont tomber, leur unité s'effriter, et certain(e)s s'uniront aux humains.

La réussite majeure de la série réside dans l'équilibre quasi parfait qu'elle arrive à maintenir entre le plaisir du mystère et de l'aventure (les Cylons comme les humains parcourent le cosmos à la recherche de la Terre) et les délices de la spéculation métaphysique et politique. La série a de ce point de vue l'immense mérite de ne pas reculer devant les questions complexes : l'immortalité, l'altérité, le racisme, l'amour, la trahison, la révolution (peut on tuer pour une cause juste ?), les alliances politiques, la religion (les Cylons sont monothéistes et les humains polythéistes), les regrets, la maladie, etc...

On a souvent comparé Battlestar à un A la Maison Blanche (The West Wing) de l'espace, de par la complexité des thèmes abordés. C'est en grande partie justifié et les images du camp de la saison 3 rappellent sans conteste des camps contemporains (à Gaza par exemple). L'ombre projetée du 11 septembre est également bien présente.

Si l'édifice improbable de la série - dont l'esthétique un peu ringarde peut rebuter et qui est en fait un remake d'une série mineure des années 70 - tient debout, c'est surtout grâce à une distribution exceptionnelle. L'amiral Adama (incarné par le charismatique James Edward Olmos), roc dans les tempêtes, est le symbole du pouvoir militaire. Son second alcoolique, Saul Tigh, et sa femme Ellen vont jouer un rôle majeur dans le développement de l'intrigue. La présidente Laura Roslin, institutrice projetée Présidente suite à l'apocalypse, va lutter à la fois contre ses ennemis et son cancer avec un courage et une habileté remarquables. Tom Zarek est un leader politique révolutionnaire qui finira par sombrer dans les dérives extrémistes. Gaïus Baltar est le personnage le plus ambigu de la série, complexe, lâche, narcissique (exceptionnel James Callis). Ces personnages principaux sont entourés d'un multitude d'autres personnages qui auront, à un moment ou à un autre, un rôle à jouer dans la série (Lee Adama, Kara Thrace, Lieutenant Gaeta, Numéro 6, Sam, etc....).

La saga n'est peut-être pas tout à fait terminée puisque Bryan Singer (Usual Suspects) pourrait être aux commandes d'un film consacré à BSG, et qu'une série prequel (Caprica) arrive sur les écran américains en janvier 2010.

Un souffle de mystère et d'aventure qui balaye tous les épisodes, des thématiques riches et complexes, des personnages attachants et dont la personnalité évolue tout au long des quatre saisons : BSG place l'art de la série au plus haut niveau. Et comme souvent pour les toutes meilleures production de ce type, elle sait se terminer au bon moment, après 4 saisons denses et très différentes, par un final éblouissant.

So say we all.

 

4e

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Le petit Nicolas

Valérie Lemercier et Kad Merad. Wild Bunch DistributionLe petit Nicolas pouvait échouer de bien des façons. En étant trop respectueux de son modèle, en tentant une reconstitution poussiéreuse de l'époque, ou en en essayant d'inventer un style fait de bric et de broc (comme le calamiteux Lucky Luke, à ne pas voir).

Le film échappe à tous ces pièges de brillante façon. Le scénario, qui entremêle les histoires, tient debout.
Le casting est réellement épatant. Kad Merad et Valérie Lemercier sont très bien tous les deux, les enfants aussi. Sandrine Kiberlain trouve (enfin ?) un rôle qui lui va comme un gant. Les seconds rôles sont parfaits.

Mais ce qui fait la réussite du film c'est sûrement la patte d'Alain Chabat dans le scénario et les dialogues : il n'y a vraiment que lui pour retranscrire à l'écran la concision, la verve et le second degré de Goscinny. L'idée de faire figurer l'espace d'un plan Gérard Jugnot en chef de chorale doit être de lui, par exemple.

Le film pourra être jugé un peu trop sage par certains, mais je trouve pour ma part qu'il trouve son équilibre entre émotion, inventions visuelles, comédie et tableau de moeurs. Avec en plus un générique magnifique et un pré-générique particulièrement réussis.

Un excellent divertissement pour ceux qui ont des enfants en âge de lire les histoires de Sempé et Goscinny, qui change agréablement des dessins animés habituels. 

 

3e

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La vida loca

Christian Poveda, le réalisateur de La vida loca, a été tué de plusieurs balles dans la tête début septembre au Salvador. Il avait 54 ans, était fin connaisseur de l'Amérique Latine.

Cela faisait des années qu'il travaillait à son documentaire sur les gangs du Salvador (les "maras"), dont les membres sont outrageusement tatoués.

C'est donc en quelque sorte en sa mémoire que j'ai été voir le film, et évidemment, il m'est difficile d'en parler sans prendre en compte sa tragique disparition.

Des cadavres, il y en a dans le film. Des vrais, hommes, femmes, ados. Filmés dans la rue comme on les trouvent après la fusillade, en train d'être empaquetés dans de vulgaires sacs poubelles, à la morgue, dans des cercueils. Le film est d'abord un coup de poing qu'il faut accepter. Un projectile extrait de l'oeil crevé d'une femme, les larmes d'une autre femme qui apprend en direct la mort de son mec, la douleur d'une mère lors d'un enterrement, des blessures montrées en gros plan. Toute cette mort, cette chair, cette souffrance est filmée de front, sans perspective, sans commentaire. C'est assez déstabilisant.

Puis petit à petit des histoires se dessinent : une jeune Ciné Classicfemme accouche et explore le mystère de sa propre naissance, un jeune homme est interné et se convertit au christianisme sous la pression d'évangélisateurs américains, une organisation humanitaire tente de réinsérer les membres du gang.
Des thématiques émergent aussi. Le gang comme début et comme fin de tout, comme religion, comme ultime lieu de solidarité et de réalisation de soi.
La brièveté de la vie y est aussi palpable, avec son aspect dérisoire, fatal, absurde (à aucun moment nous ne voyons les ennemis des bandes rivales). Le destin de l'un des personnages principaux va nous le faire sentir brutalement.

Finalement le film révèle de l'intérieur une société autonome, dont les valeurs et la morale sont auto-porteuses, et sur laquelle la société "extérieure" n'a que peu de prise. Par un tour de force qui montre l'intensité du film, les juges et policiers finissent par paraître anormaux, étranges. Nous sommes finalement devenus au fil des images des membres de la 18 : la dernière scène montre une intronisation pour le moins brutale.

Qui est peut-être la nôtre.

 

3e

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Mary and Max

Gaumont DistributionMary and Max est un objet cinématographique assez inhabituel. Sorte de Wallace et Gromit sous Lexomyl.

Voici l'intrigue : une jeune australienne, dont le père est taxidermiste de chats estropiés (pour ses loisirs, mieux vaut taire son travail) et la mère alcoolique et kleptomane (entre autre), est laide, solitaire, mal aimée. Elle écrit à un certain Max Horowitz, juif athée de New York, un peu par hasard.

Va s'en suivre une vie de correspondance, avec son lot de drames, de bonheur, de rebondissements. Max est obèse et atteint d'une maladie appelée le syndrome d'Asperger (ça existe, j'ai cherché sur Google), quelque chose dans le spectre de l'autisme. Il sera donc question de psy, d'électrochocs, de thérapies, de numéros de lotos gagnants et de poissons rouges.
Les passages en Australie sont marrons, ceux à New York gris. Tous cela est éminemment macabre (il y a beaucoup de morts), passablement anxyogène, et malgré tout curieusement léger.

On imagine le réalisateur, Adam Elliot, dont c'est le premier long métrage, ayant mûrement et longuement réfléchi son projet. Au final les trouvailles sont multiples, quelquefois très bien vues, mais leur énumération peut tourner au catalogue.

Il manque un je ne sais quoi pour que le film emporte définitivement l'adhésion : un surcroît de noirceur, une spontanéité plus libérée.

 

2e

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Harvey Milk

James Franco et Sean Penn. SND L'ayant raté à sa sortie en salle, je récupère le coup en DVD.

Autant le dire tout le suite le film tient debout grâce à l'interprétation absolument exceptionnelle de Sean Penn.

 

Dégageant une énergie phénoménale, une conscience de soi et de son avenir d'une profondeur vertigineuse, Penn réussit à nous faire aimer et admirer son personnage. Il parcourt les différents registres (politicien avisé, fofolle amoureuse, leader charismatique et courageux) avec une facilité incroyable. Les autres acteurs sont au diapason, tous touchant et convainquant, avec une mention spéciale pour les deux mecs de Harvey.

L'aspect documentaire du film est très intéressant aussi, il permet de voir fonctionner ce qu'est finalement le coeur de la démocratie américaine. La mise en scène de Van Sant est très neutre, sans aucun des effets appuyés de ses films précédents, sauf quelques ralentis. L'utilisation de vraies fausses images d'archives est assez bien vues. A certains moments un très beau plan nous rappelle que le réalisateur n'est pas n'importe qui, je pense par exemple aux reflets dans le sifflet tombé à terre. Plus qu'au niveau de la mise en scène c'est dans la thématique du destin en marche et de la mort annoncée qu'on retrouve le style Van Sant.

Enfin, l'histoire d'amour qui court tout le long du film (cf photo ci-dessus) est assez belle et touchante, il n'est pas si courant de voir des relations amoureuses gay - pas seulement sexuelles - aussi bien montrées.
Un film intéressant, même s'il manque peut-être un peu de rythme.  

 

3e

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Humpday

Alycia Delmore. Pyramide DistributionUn homme marié reçoit en pleine nuit la visite d'un vieux copain perdu de vue, aussi routard et bohême que lui est "rangé".

Au cours d'une soirée arrosée chez des bobos/artistes notre jeune mari fume et boit un peu trop. Il fait le pari (stupide) de tourner un porno avec son vieux copain dans le cadre de la Hump Fest, un festival à la con où chacun peut mater des films amateurs pornos avant qu'ils soient détruits le soir même.

Le lendemain, une fois desaoûlés (c'est dur à écrire ça) que vont faire nos deux compères (par ailleurs totalement hétéros) ?

Laisser tomber ? Ou persister dans leur projet ? Et si oui, pourquoi ?


1-pour le plaisir de jouer et de se mettre en danger
2-pour solder toute pulsion homo potentielle
3-par vanité macho de ne pas céder
4-pour se trouver vraiment, en tant que personne
5-pour enfin mener un projet au bout
6-pour enterrer d'une certaine façon sa "vie de garçon"

Ah Ah, vous voudriez bien savoir comment cela se finit, et le cas échéant, qui se tape qui ? Eh bien, je ne vous le dirai pas, ça gâcherait le plaisir. Un plaisir simple, porté par des acteurs inconnus ou presque, très convaincants, la femme du mari en particulier (voir photo). On s'affranchira des montages approximatifs, des cadres mal cadrés, pour apprécier la véracité cassavetienne des dialogues et des situations. Une vraie tendresse et un charme discret émane de ce film, pas un chef-d'oeuvre OK, mais une sorte d'ovni dans le paysage du film indépendant américain. Qui ne laisse que de bons souvenirs, et une impression douce amère, pas désagréable du tout.

 

2e

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Lucky Luke (en présence de Jean Dujardin et James Huth)

Avant première de Lucky Luke à l'UGC Atlantis de Nantes ce soir.Sylvie Testud. Christine Tamalet

On y va en famille, principalement pour voir Jean Dujardin en vrai. Ce dernier est cool, chaussures noires, jean, blouson de cuir noir, chemise blanche, dents étincelantes et sourire ravageur. Conforme à l'image que l'on peut s'en faire. Huth en basket, jean, T-shirt. Les deux plaisantent avec la salle, n'hésitent pas à chambrer un peu, se laissent aller à une séquence de photos et autographes.

Dans leur intervention on sent comme une justification. Dujardin explique bien qu'il faut prendre le film au premier degré, que c'est un "vrai" film, que Huth est un "vrai" réalisateur. A un moment il avoue que Lucky Luke n'est pas drôle comme personnage. Huth raconte comment il était heureux de tourner en Argentine, et nous annonce qu'on va en avoir pour notre argent de paysages. Bref, ça pue un peu.

Les deux concluent par un prémonitoire : "Si vous aimez le film dites-le, si vous ne l'aimez pas, dites aux gens d'y aller quand même".

Et ben non, je suis honnête moi, je dis la vérité.


Le film est en effet pas loin de la catastrophe. Sans trop détailler, parce qu'il ne sert à rien d'être cruel, mais quand même : le scénario c'est du grand n'importe quoi, la mise en scène est tape à l'oeil au possible. Le plus triste, ce sont les acteurs. Dujardin joue comme il le dit au premier degré un Lucky Luke absolument pas crédible. On repense à ses brillantes performances au second degré, en particulier dans le dernier OSS. Le reste de la distribution ne vaut pas grand chose, à part peut-être Sylvie Testud.

Huth filme les paysages argentins comme des Découvertes du Monde, et semble faire joujou avec ses décors en carton pâte. Il passe d'un style à l'autre sans suite dans les idées : privates jokes (son nom écrit sur un mur, Lucky Luke en lettrage Hollywood, référence à Dutronc), quelques touches d'humour décalé quand même (les ongles de pieds, l'escargot), des allusions directes à la BD, une sorte de final psychédélique (on pense au Joker de Batman en moins bien) et 5 secondes de dialogue brillant (le "je vais lui agrandir son trou de balle").

OK. Je résume. Un gros gloubi-boulga indigeste, sans queue ni tête, probablement un des pires films de l'année. C'est clair ?  

 

1e

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Indigènes

Sami Bouajila. Mars Distribution Il y a deux façons de considérer un film comme Indigènes.

La première est cynique. Elle consiste à brocarder les bons sentiments, à ricaner des effets marqués du scénario, à gloser sur le jeu trop sage des acteurs, à caricaturer les quelques maladresses de mise en scène.

La seconde est empathique. Elle entrera en résonance avec le jeu habité de Debbouze et des autres acteurs (pas loin d'être collectivement parfaits), et vantera les mérites du final alsacien, très beau dans sa lenteur "Désert des Tartares", dans son progressif et inéluctable refroidissement.

C'est un peu court comme analyse, allez vous me dire. Oui, mais c'est comme ça. Et moi j'ai plutôt penché vers la deuxième solution, d'autant plus que le film gagne en sobriété en avançant, jusqu'à un final étrangement elliptique et rudement émouvant.

Rachid Bouchareb aurait en projet de tourner une suite à Indigènes : parviendra-t'il à garder cette sorte d'état de grâce ?

A suivre. 

 

2e

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District 9

Metropolitan FilmExport L'intérêt de District 9 réside principalement dans sa reconstitution "réaliste" d'un camp d'aliens échoués sur terre par accident. La poésie qui se dégage de l'immense vaisseau stationnant au-dessus de Jo'burg (Afrique du Sud) rappelle un peu la sourde nostalgie qui se dégage des romans de RC Wilson.

A part ça, l'analogie avec l'apartheid est évidente, sans que cela prête beaucoup à conséquence.

Le scénario ne vaut pas tripette. Le héros principal est transparent et les clichés sont légions. L'appel téléphonique de l'épouse éplorée par exemple : n'importe quel spectateur devinera dès les premières secondes qu'il y a un piège. Que les méchants n'interviennent pas immédiatement est encore plus bizarre. Etc.....

On se prend à penser à La mouche, le film de Cronenberg, mais l'empereur de l'altérité est évidemment 100 000 kilomètres au dessus de Peter Jackson et de son réalisateur factotum.

District 9 est un divertissement qui n'est pas honteux sans être génial. Ce n'est déjà pas si mal.



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Là-haut

Walt Disney Studios Motion Pictures FrancePixar : le meilleur c'est ce qui est avant.

En l'occurrence un court métrage à propos des cigognes qui apportent les bébés. Une des cigognes est attachée aux basses oeuvres : à elle les petits dont personne ne veut ! D'ailleurs c'est un nuage noir qui fabrique ces petits monstres qui la détruisent peu à peu : bébés requins, bouquetins, hérissons. Dans ce prologue, tout l'art de Pixar est présent. La vivacité, l'humour, l'émotion, le sens de la nouveauté, le rythme.

Le début du film lui-même est dans la même veine. Il passe en revue toute une vie, ses joies, ses tristesses, ses deuils, en quelques minutes absolument magnifiques. Cette ouverture justifie tous les commentaires dythirambiques que vous avez pu lire. Les scènes excellentes se succèdent : le vieux qui descend l'escalier sur son appareil, la maison entourée par les chantiers, les ballons élevant la maison dans les rues de la ville. Chaplin, Miyazaki, et quelques autres peuvent être convoqués au chevet de ce bizarre objet filmique.

Las ! Dans sa deuxième partie le film prend une tournure autrement plus classique. Le vieux grincheux trouve des ressources physiques de jeune adolescent et l'intrigue tourne ... au Disney (même s'il se sert de son dentier comme d'une arme fatale).

Le divertissement reste tout de même très haut de gamme et bourré de trouvailles jouissives, dont un collier pour chien très bien vu. 

 

3e

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A bittersweet life

Kim Jee-Woon est le cinéaste coréen spécialiste des films de genre : horreur (Deux soeurs), western (Le bon, la brute et le cinglé), et ici film de gangster avec gunfight, à la mode HK.

Le film a des airs de Kill Bill et de Vengeance. On pense aussi à certains Scorsese.

Un malfrat va, parce qu'il tombe amoureux de la copine de son boss, avoir un petit moment de faiblesse. Sa nervosité va augmenter et lui faire commettre d'autres erreurs. Ses ennemis vont presque le tuer, mais pas complètement .... dommage pour eux, car dans la deuxième partie du film le héros se venge méthodiquement de tous ceux qui ont voulu sa mort.

Le film est propre, presque trop. La mise en scène est super léchée, avec quelques bonnes idées (le jeu avec les reflets, la patinoire, la scène où les deux protagonistes doivent remonter le plus vite possible un flingue pour pouvoir se tirer dessus, et quelques autres). Mais globalement il manque au film un supplément d'âme, la virtuosité d'un Woo, la perfection chorégraphique d'un Tsui Hark, le romantisme/réalisme d'un Johnny To. Un exercice de style, académique et quelquefois convenu, pas vraiment convaincant sans être complètement raté.


1e

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Non ma fille, tu n'iras pas danser

Alors d'abord, il y a le titre, d'une sophistication inutile.

Ensuite le film.

On a accompagné Honoré dans un tryptique parisien (excellent) qui se termine sur un quai de gare (dit comme ça, on dirait du Lelouch).

En l'occurrence celui de la gare Montparnasse, dans une scène bizarre, hybride, pas entièrement satisfaisante, voire franchement énervante, à l'image de tout le film.

En Bretagne, dans la première partie du film et sur sa terre natale, Honoré fait (en gros et pour résumer) du Desplechin façon Un conte de Noel, en moins bien. Maison familiale, intrigues entre membres de la famille, parents très forts, les points communs sont légion. Chiara Mastroianni jouait dans le Desplechin, la mère était Catherine Deneuve (vraie mère de Chiara), etc... on pourrait multiplier les effets de miroir à l'infini. Cette partie n'est pas convaincante. Honoré à la campagne c'est un peu comme le prince Charles pelletant du fumier, on n'y croit pas trop.

D'ailleurs, le fait de vouloir mettre un bébé animal dans les bras de chaque personnage prouve qu'Honoré n'est pas à l'aise. Faire jouer Julien Honoré (son frère) comme Garrel, pour ensuite mieux le confronter au vrai, bien plus fort, est aussi une marque d'indécision. Et je ne parle même pas des intrigues avortées, indignes d'un cinéaste de la trempe d'Honoré (la maladie du père, a priori très grave, qui disparait ensuite).

La deuxième partie, à Paris, n'est pas bien meilleure. On retrouve un peu le Garrel qu'on aime (ou qu'on aime détester, mais c'est pareil), un Jean Marc Barr quand même un peu salaud sous ses dehors très lisses et un coup de théâtre dramatique comme on les aime chez Honoré, mais sans relief véritable. Chiara Mastroianni, sans inspirer l'antipathie, ne suscite pas des tonnes d'empathie.

Bon, alors, pourquoi je ne peux pas me résoudre à dire que ce film est mauvais ?

A cause de la scène centrale - et bretonnante, représentation muette, superbe, de l'histoire de Katell, scène magistrale et qui éclaire le film de toute sa beauté. C'est peu et c'est beaucoup, mais c'est comme ça.

Aussi loin que ma mémoire puisse aller, je ne trouve pas de film qui se sauve (qui se redresse) par le biais d'une seule scène, allégorique qui plus est.

 

2e

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Mirage de la vie

Une plage bondée de Coney Island.

Deux femmes, l'une blanche, l'autre noire, perdent leur fille dans la foule. Elles sont seules toutes les deux. Leur fille sont curieusement aussi blanche de peau l'une que l'autre. L'une est blonde, l'autre brune. Les filles sympathisent. Un homme les photographie. La femme noire est sans domicile, elle propose à la femme blonde, qui se rêve en vedette de théâtre, de se mettre à son service.
Le temps passe, les filles grandissent ensemble, la femme blonde va réaliser son rêve...

Le titre original du film : Imitation of life, est l'un des plus beau de l'histoire du cinéma, et résume bien son propos. Bien que racontée sur un mode totalement réaliste, l'histoire semble mystérieusement artificielle, comme si elle recouvrait imparfaitement un sens caché, comme si un monstre invisible rôdait dans les belles maisons et derrière les visages trop lisses et trop bien éclairés. Cet aspect du film, qui le rend tendu et revêtu de couleurs changeantes comme la surface d'une bulle de savon, fait irrésistiblement penser à Hitchcock.

La vie de Lora Meredith est elle plus qu'un mirage, elle qui rate et l'amour de sa fille, et celle d'un homme ? Celle du personnageCollection Christophe L. de John Gavin, impossiblement impassible n'est elle pas qu'un paravent parfait, et que cache t'il ? Qui est vraiment Annie Johnson, pour annoncer aussi brutalement à sa maîtresse et meilleure amie de qui sa fille est amoureuse ? Par quelle sorte de démon Sarah Jane est elle habitée pour danser aussi gauchement ?

Mirage de la vie est donc plus, ou autre chose, qu'un splendide mélodrame : une sorte de labyrinthe fait de miroirs (de nombreuses scènes primordiales du film en contiennent d'ailleurs), dans lequel le spectateur est guidé presque malgré lui, ne connaissant jamais exactement la vraie nature de qu'il voit : le sens de la vie, ou son imitation.

 

3e

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Parking

Alors d'abord ce serait bien que quelqu'un me dise si c'est Chung ou Mong-Hong le patronyme de ce jeune réalisateur : avis aux spécialistes.

Premier long-métrage et ma foi belle réussite.

En gros c'est un peu un After Hours taiwanais. Un jeune homme va acheter des gâteaux. Une voiture garée en double file l'empêche de repartir. S'en suit une invraisemblable nuit où se croisent (fort logiquement) un souteneur pathétique, un tailleur de costume décoré de peinture blanche, un mafioso, un coiffeur avec une prothèse, une tête de poisson voyageant d'un lavabo aux toilettes, un vieux couple pleurant un fils perdu, une petite fille en quête de papa, une prostituée fuyant la crise en Chine, un mannequin qui ne peut avoir d'enfant.

De subtils flash-back nous renseignent sur certains personnages, dont le héros principal. Celui là explique tout le début du film.

Mise en scène élégante, surtout dans les choix des cadrages et la façon de filmer la ville. De la poésie, des éclairs de violence. De la belle ouvrage, malgré quelques maladresses (Nini qui regarde la caméra en face, cela a du échapper au monteur, ou quelques imprécisions scénaristiques).

Un cinéaste à suivre. 

 

2e

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Un prophète

Niels Arestrup et Tahar Rahim. Roger ArpajouLa critique a tellement encensé Un prophète, le donnant gagnant à Cannes pour la Palme  d'Or pendant toute la compétition, qu'on s'attend réellement à voir un très, très grand film.

Et c'est vrai qu'Un prophète possède bien des qualités.

Son aspect réaliste est prenant. Sa description de l'univers carcéral contemporain est frappant. L'interprétation de Tahar Rahim est remarquable, pleine de densité, et celle de Niels Arestrup est encore meilleure.

Le scénario se tient, palpitant jusqu'à l'insoutenable dans la première demi-heure. La mise en scène est élégante et puissante à la fois, Audiard impose un style, qui était déjà bien présent dans De battre mon coeur s'est arrêté.

Bien des qualités mais aussi quelques défauts, qui empêche le film d'être le chef d'oeuvre annoncé.

Le scénario prometteur au début s'étiole progressivement. Les aventures de Malik deviennent confuses et longuettes (le film dure 2h28, mais paraît en durer plus de 3), plusieurs des personnages semblant conduire les intrigues secondaires dans des culs de sac.

Le principal écueil est qu'on ne sent pas réellement les raisons de l'ascension de Malik. Si son emprise progressive sur les Corses est clairement montrée, sa légitimité vis à vis du groupe des barbus reste obscure (ils passent de la défiance à la soumission sans qu'on comprenne vraiment pourquoi).

Son aspect "prophétique" est anecdotique (il voit une biche traverser la route avant qu'elle le fasse) et le titre est un peu mensonger de ce point de vue. Certains tics de mise en scène agacent aussi (les écritures sur l'écran, les plans de remplissage, les images très sombres).

Un prophète est un film marquant, mais sur lequel plane cependant l'ombre d'un autre grand film carcéral récent : Hunger.


3e
 

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Inglourious basterds

Diane Kruger. Universal Pictures International FranceJe pensais à l'époque de Reservoir Dogs qu'avec Tarantino, trop ne serait jamais trop.

Pulp fiction me donnait raison, puis Jackie Brown aussi, dans un genre différent.

Ensuite les Kill Bill m'ont laissé perplexe. Déjà un peu trop de combattants (combien déjà, plus de cent ?), trop de scènes juxtaposées en oubliant que finalement un film est un tout, trop peu de sens en réalité. Trop de références cinéphiliques pour initiés. Le quasi anecdotique Boulevard de la mort m'avait franchement interpellé : que devenait Tarantino ? pourquoi la belle mécanique semblait elle tourner à vide ?

Inglourious Basterds ne (re)fait pas de Tarantino un cinéaste de premier plan. C'est un film qui est trop.

Trop long d'abord. Il faut attendre une bonne heure pour commencer à mordre, les deux premières parties sont totalement insipides. Et diablement bavardes : de longs tunnels de dialogues sans intérêt.
Trop caricatural : quand les archétypes écrasent les personnages, l'émotion ne peut plus être au rendez-vous : Mélanie Laurent, vous y croyez une seconde, vous ? (et je ne parle pas du Noir projectionniste, personnage ridicule)
Trop mièvre : la musique de chiotte (la version trafiquée de la lettre à Elise au début est probablement une tentative de singer le grand Ennio Morricone ?) alors que d'habitude la bande son est un point fort de l'univers de Tarantino. La course de Mélanie Laurent à travers champ ! Le second degré du second degré n'est jamais loin du n'importe quoi.
Trop facile : proposer une scène de scalp pour réveiller le public, faire tourner la caméra autour des personnages comme dans le début de Reservoir, mettre des incrusts pour préciser qui est qui, mettre deux ennemis en face l'un de l'autre se mettant mutuellement en joue (ou en testicule pour être plus précis) ...
Trop d'onanisme cinéphilique : le film est bourré de références (aux stars du cinéma allemand, au 12 salopards d'Aldrich, aux séries B italiennes - d'où vient le titre du film lui-même, au cinéma français sous l'occupation), mais ça sert à quoi ?

Trop trop.

Pas assez de rythme, de virtuosité, d'effet de surprise, de cohérence narrative, d'efficacité scénaristique, qui sont habituellement des marqueurs tarantinesques.

Le côté cartoon, qui fonctionne assez bien quand Tarantino reste dans l'univers mythologique américain, résiste assez mal au frottement à l'Histoire. Le problème n'est pas que le Hitler de Tarantino ne soit pas crédible, il est qu'il n'est pas intéressant.

Et l'uchronie que propose le film pose question : que veut elle dire, si Martin Wuttke. Universal Pictures International Franceelle veut dire quelque chose ? L'étape d'après c'est quoi : Tarantino à Buchenwald ? Pour dire quoi, pour faire naître quel type de sentiments ?

Bien sûr tout n'est pas nul : les performances d'acteurs tout d'abord, Christoph Waltz fabuleux et justement récompensé à Cannes, Brad Pitt, qui commence à exceller dans les rôles d'idiot (c'est à se demander). Et puis de temps en temps un éclair de génie (le visage de Mélanie Laurent dans la fumée) ou un zeste d'efficacité (le gunfight dans la cave). Les digressions sur la nourriture et les boissons en général. Le jeu sur les langues (avec mention spéciale pour l'italien).

Mais tout cela ne fait pas un grand film. Juste un Tarantino.

 

2e

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Loin du paradis

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/15/35/p2.jpgFrustrations d'une épouse modèle dans les années 50 aux US : cela vous rappelle quelque chose ?

Eh oui, Loin du Paradis n'est pas si loin du pensum académique de Sam Mendes : Les Noces Rebelles. Dans les deux cas, des cinéastes modernes mettent en scène des situations de mélodrames que d'autres ont parfaitement filmés avant eux.

Quel intérêt, en 2003 comme en 2009, de montrer l'aliénation d'une américaine des années 50 dont le mari est homosexuel, et qui se découvre un penchant pour un homme noir d'un autre milieu social - ce qui n'est pas très bien vu à cette époque, quelle surprise - dans le même style que les cinéastes de l'époque ?

Si les scènes d'homosexualité étaient montrées avec plus de réalisme, si le traitement chromatique de l'image était moins daté, si l'histoire d'amour entre Dennis Haysbert et Julianne Moore était plus développée, on pourrait y voir quelque intérêt.

Pour ma part, je me suis ennuyé ferme et n'ai vraiment jamais accroché, mais peut-être ma vision récente des chefs d'oeuvre de Douglas Sirk y est pour quelque chose : ce n'est pas dans les nouveaux chaudrons qu'on fait les meilleures (vieilles) soupes.

 

1e

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[REC]

Manuela Velasco. Wild SideLes Espagnols sont plus forts que nous pour les films d'horreur.

Témoin ce [REC] assez plaisant et qui a collectionné les récompenses (Gérardmer, Sitges). Le concept est à la mode (Le Projet Blair Witch, Cloverfield), c'est celui de la caméra subjective, c'est à dire que ce que vous voyez est sensé être ce qu'a filmé un des personnages du film. Ici le prétexte est un reportage de télévision sur les pompiers.

Malheureusement, la sortie nocturne de nos amis bomberos va mal tourner, on s'en doute.

L'équipe intervient dans un immeuble dans lequel crie une vieille femme. Rapidement les autorités interdisent aux occupants (et aux pompiers, et aux journalistes) de sortir. On subodore le pire, qui ne manque pas d'arriver : un sale virus rode et pas de mal de monde va être contaminé.

Cela ne fait pas vraiment peur, mais le début est assez intéressant. Disons, jusqu'à l'entrée du biologiste. Pendant cette période on ne sait pas trop où on est. On se moque gentiment des journalistes qui ne veulent jamais arrêter de filmer, le policier essaye de maintenir l'ordre, les changements de tempo sont assez prenants (je pense à ces interviews assez cocasses de tous les habitants lors d'un temps mort dans l'atelier de confection). Ensuite ça devient un peu grand guignol et on voit bien que les réalisateurs ont du mal à finir leur film.

Le scénario tire mieux parti de la caméra subjective que Cloverfield, à mon avis. 

 

2e

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