Christoblog

The grandmaster

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/95/57/15/20415636.jpgDifficile d'émettre des critiques face à une oeuvre aussi démesurée que le dernier film de Wong Kar Wai, cinéaste adulé des cinéphiles, et qui sur ce terrain là ne connaît que Terence Malick comme concurrent sérieux. Rappelons quelques chiffres sidérants : 10 ans pour que le film se concrétise, de nombreuses interruptions dans le tournage (Tony Leung a appris le kung-fu pendant 4 ans et s'est cassé le bras deux fois), la scène initiale sous la pluie a nécessité un mois de tournage, le combat entre Ip Man et Gong Er aussi (et plus de deux ans de montage pour cette seule scène), la construction du bordel a duré 6 mois, etc...

La somme des talents réunis sur ce film, que ce soit pour les chorégraphies, la musique ou la photo, est aussi considérable, comme le nombre de références que convoque WKW (Sergio Leone, Alira Kurosawa).

Bref, si je cite tous ces éléments, ce qui n'est pas mon habitude, c'est parce que le film donne cette sensation d'écrasement, de trop-plein. Les images sont belles, les ralentis sont toujours magnifiques, mais je suis resté relativement insensible devant cet étalage de virtuosité.

C'est d'abord très difficile de comprendre les enjeux qui se jouent en début de film entre les différentes écoles de kung-fu. On comprend vaguement qu'il y a une philosophie derrière les valeurs que véhicule chacune d'entre elles, mais je suis resté sur ma faim.

La deuxième partie, plus intéressante à mes yeux, donne à sentir le poids du temps qui passe, et comme à son habitude WKW excelle à filmer la nostalgie.

Certains éléments m'ont tout de même déçu, notamment les gros plans un peu convenus (gouttes d'eau, sang, flammes), presqu'indignes dans leur facilité d'un grand cinéaste comme WKW. Très étonnant également, les images d'après générique de fin, pas du tout dans l'esprit du film.

Difficile à conseiller à ceux que les arts martiaux laissent indifférents, The grandmaster est un film qui impressionne plus qu'il émeut.

 

2e

Commenter cet article

Clem 08/12/2014 01:57

En tant que véritable maniaque de l'esthétisme, j'avoue que l'univers de WKW me fascine au plus haut point et qu'il m'est pratiquement impossible de formuler une critique honnête sur sa filmographie ! Il pourrait filmer un chien que je serai en extase devant sa photographie... Ainsi, j'ai été emporté du début à la fin par cette fresque. J'avoue ne pas être un fan d'arts martiaux, mais les combats sont hyper chorégraphiés et la poésie n'est jamais loin. Effectivement, le film impressionne plus qu'il émeut, mais quel spectacle visuel (et musical, car la bande-originale démontre elle aussi la maîtrise du cinéaste) !

monsieur prudhomme 02/05/2013 07:24

C'est très manièriste, stylisé; WKW est un perfectionniste empreint de nostalgie. In the mood for kung-fu : j'ai beaucoup aimé.

neil 28/04/2013 13:08

Au contraire moi j'ai été pris du début à la fin, et pourtant je ne suis pas amateur de kung-fu. Je pense même qu'on ne voit pas souvent un film de cette qualité.

heavenlycreature 28/04/2013 11:26

Moi je retiendrai surtout que je me suis ennuyé comme rarement... ce qui me gêne d'autant plus quand j'apprends que WKW a bossé dessus pendant des années... mais là franchement, ça m'a saoulé dès
les premières minutes, je suis resté complètement hermétique à ce qui se tramait sur l'écran...

Chris 29/04/2013 18:06



A part un tout petit intérêt pour l'histoire d'amour, insuffisamment développée.



ffred 22/04/2013 10:27

C'est tout à fait ça...

Chris 22/04/2013 20:12



... merci.