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Shame

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Attention, cet article contient des spoilers.

 

Dans Shame, on voit très bien ce qu'à voulu faire Steve McQueen. Malheureusement, on voit aussi très bien, et en continu, à quel point il n'y arrive pas.

 

Ce qu'il a voulu faire, c'est montrer l'enfer d'une addiction peu abordée au cinéma, l'addiction au sexe, dont on a commencé à parler récemment seulement, à travers les cas de certaines personnalités, comme Tiger Woods par exemple. Le réalisateur tente donc de nous décrire la spirale pulsion / passage à l'acte / sevrage / rechute / pulsion / etc,  assez classique dans ce genre de situation.

 

Le souci est qu'on ne s'intéresse jamais vraiment aux problèmes de son personnage. Sûrement d'abord par la faute d'un scénario tout à fait bancal, amorçant des pistes tout de suite refermées (le boss, l'amourette avec la jolie secrétaire), et introduisant le rôle de la soeur de façon totalement artificielle. Carey Mulligan semble se spécialiser dans les rôles de cruche, après la maman cruche de Drive, elle s'essaye ici à la cruche pouffiasse avec une conviction moyenne et un résultat déplorable. Jamais je ne suis arrivé à voir les deux personnages comme frère et soeur. Le climax complètement raté (la tentative de suicide alors que Brandon se paye une soirée bien gratinée) est symptomatique de la lourdeur du scénario, qui ne nous épargne aucun cliché.

 

Le film souffre globalement d'un déficit de crédibilité et de mise en perspective.

 

Shame est glacial, glacé, et Fassbender (qui pour une fois semble avoir des difficultés à tenir le manche, si je puis dire) est obligé d'en faire des tonnes (rictus, larme en coin, grimace et prostration) pour nous faire bien comprendre qu'il est mal. La mise en scène, qui m'avait ravie dans Hunger, est ici ampoulée et ne sert rien d'autre qu'elle-même. Bien sûr certains cadres sont bien vus (comme celui du pré-générique) mais c'est le moins qu'on puisse attendre d'un plasticien.

 

L'ennui n'est donc jamais loin, et la déception cruelle.

 

Steve McQueen sur Christoblog : Hunger

 

1e 

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pépito_ 28/12/2011 21:48

Bon, j'avais gardé ton article "spoiler" pour après le film... Et je suis bien d'accord avec toi !
En un peu plus modéré tout de même :-)

Mais New-York New-York est ennuyeux ! On ne sait pas d'où ils viennent (et sans faire de psy de comptoir, je suis d'accord sur l'existence d'un problème dans l'enfance), on ne sait pas quel job il
fait (si ce n'est qu'il est super fort et que son boss va fermer les yeux sur ses conneries), c'est plein de clichés et aucune émotion ne transparaît.

Une grosse déception pour ma part.

Par contre, je trouve Carrey Mulligan pas si mal, et si elle a des racines noires, c'est, à mon avis, pour montrer qu'elle est paumée et fauchée et qu'elle n'a pas le temps de les reprendre, mais
je n'en ai pas parlé au réalisateur ;-)

Chris 28/12/2011 22:47



Oui, bien d'accord avec toi. Et pour les racines noires, je partage ton opinion aussi, j'avais fait la même analyse...



jujulcactus 27/12/2011 10:37

Vu hier soir, & pas du tout d'accord avec toi... Film impressionnant et Carrey Mulligan tout sauf CRUCHE !!!!!

Chris 27/12/2011 20:20



Ha je vois, un petit faible pour Carey....



bobmorane75 18/12/2011 10:27

Ho que je n'ai pas aimé ! je me suis ennuyé mortel. Mal filmé, mal joué, mal raconté... pénible ! tout est bancal, alors que plein de pistes étaient explotables. Pour moi, très mauvais !

pierreAfeu 15/12/2011 14:10

De plus, le sujet de Lady Chatterley n'est absolument pas l'ennui. Le comparer à Somewhere est une insulte et un non-sens.

pierreAfeu 15/12/2011 12:09

Ah non ! Pas Lady Chatterley !!! C'est un film exceptionnel !!!

Chris 15/12/2011 13:40



C'est vrai que je comparerais pas Shame à Lady Chatterley en ce qui me concerne...