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Le scaphandre et le papillon

Marie-Josée Croze. Pathé Distribution A l'époque de sa sortie, je n'étais pas très motivé pour aller voir Le scaphandre et le papillon.
Pourquoi ?

Parce que j'avais lu quelques critiques tièdes, parce qu'il me semblait top bien connaître l'histoire de Bauby et de son locked-in syndrome, et parce que dans le même genre, le chef d'oeuvre de Dalton Trumbo, Johnny got his gun, me semblait insurpassable.

Résumons nous : voici l'histoire vraie du rédacteur en chef du magazine "Elle", qui fait un accident vasculaire cérébral et qui du jour au lendemain ne peut plus faire qu'un seul geste : cligner d'un oeil (et pas de l'autre, qu'il va falloir coudre pour qu'il ne se dessèche pas). Il va écrire un livre (Le scaphandre et le papillon) en le dictant lettre par lettre (cf la photo ci dessus).

Est ce qu'avec ça Julian Schnabel a de quoi faire un bon film ?

Réponse : Oui. La première partie ("vue de l'intérieur", du crâne de Bauby) est un très très beau morceau de cinéma. Schnabel joue parfaitement de la caméra (flou, cadrage fixe) pour nous faire ressentir ce que ressent le personnage principal qui découvre peu à peu son état.

A partir du moment où le film montre Bauby de l'extérieur, il devient plus conventionnel, mais reste assez juste et raisonnablement intéressant. Il évite absolument le sentimentalisme et l'apitoiement. On découvre des aspects relativement étonnants de l'histoire de Bauby, comme par exemple son sens de l'auto-dérision assez décapant.

Le film est délicat, subtil, et ne cherche pas à tirer les larmes à tout prix.

Et les acteurs ? On a trop vanté la perfomance d'Almaric, qui est bien, mais est ce une si grande performance que d'arriver à ne bouger qu'un oeil ? Les actrices sont belles, attachantes, presque trop, je me demande à quoi ressemblaient les "vraies".
Si vous avez l'occasion, voyez ce film, ne serait ce que pour rencontrer Jean Do. Il en vaut la peine.

 

3e

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