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Promised land

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/52/00/20395857.JPGComme beaucoup d'autres l'ont dit, le nouveau film de Gus Van Sant ne ressemble en rien à du Gus Van Sant. Il faut attendre un des derniers plans du film pour voir un homme en train de marcher et filmé au ralenti : c'est dire !

Passé ce préliminaire, et tentant donc de considérer le film uniquement pour ce qu'il est, je dois avouer qu'il m'a paru plutôt agréable.

Loin d'être le pensum anti gaz de shiste qu'on pouvait craindre, Promised land s'avère être un tableau très juste de la campagne américaine, loin des habituels clichés : les habitants n'y sont pas tous nuls, ni tous sympas, ni tous red neck.

L'avancée de l'intrigue est sympathiquement rythmée par la connivence qui règne entre un Matt Damon décidément excellent dans ce type de rôle de mec mal dégrossi, et une Frances McDormand à croquer.

Les enjeux économiques, moraux, écologiques, commerciaux, sont esquissés avec une grande subtilité, et toujours incarnés à travers un personnage, c'est la grande force du film. Si le coup de Trafalgar qui secoue le film m'a agréablement surpris (je mets quiconque au défi de le voir arriver), la toute fin m'a paru assez fade.

Au final, le film est tout de même recommandable. A noter qu'on entend pour la deuxième fois en peu de temps la chanson de Springsteen Dancing in the dark comme marqueur de l'Amérique profonde (après The place beyond the pines).

Gus Van Sant sur Christoblog : 2007 - Paranoid park (**) / 2008 - Harvey Milk (***) / 2011- Restless (****)

 

2e

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Bannish 22/04/2013 20:25

Affiche pourrie et bande annonce vraiment pas sexy, j'ai craint la tarte à la crème anti gaz de schiste à deux balles. Raté. Le film est tout comme tu dis, et c'est une vraie bonne surprise. C'est
intelligent, plus dépité que manichéen, et, dans un monde de brutes, GVS a introduit les quelques grammes de finesse qui vont bien. Au final, c'est assez réaliste, et l'intrigue se tient. Le duo
principal fonctionne à merveille, pour donner un bon moment de cinéma (mis à part le discours de fin à l'américaine; rhaaaa c'est insupportable. C'est dans les gênes ou bien ? Christophe, un jour,
faudra quand même que tu leur dises pour ça).

pierreAfeu 22/04/2013 19:55

Bien. Par contre, je ne sais pas où tu as lu que le film ne ressemblait en rien à du Gus Van Sant, en tout cas pas chez moi. Comme je le dis à chaque fois, il adapte sa mise en scène à son sujet.
De plus, la résumer à un homme marchant, filmé de dos au ralenti, est aussi réducteur que faux. Sa mise en scène est toujours souple, élégante, évidente. Dans ce film comme dans les autres. Sinon,
nous sommes d'accord sur ce film. :)

Chris 22/04/2013 20:06



Je distingue quand même les films très formalistes, taiseux, et quasi expériemntaux comme Elephant ou Paranoid Park, et la veine plus "cinéma réaliste" comme Harvey Milk. Restless est un peu
entre les deux.