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Marché sexuel des filles

marche_sexuel_des_filles.jpgNon, Christoblog n'est pas devenu un site porno.

 

Il faut simplement que je vous parle d'une expérience extrêmement traumatisante vécue lors du dernier festival des 3 continents, à Nantes. Anna, qui était de passage, en parle aussi sur son blog.

 

D'abord, une petite mise en perspective. Il s'agit là d'un roman-porno, genre à part entière, développé par la Nikkatsu à partir de 1971. Il s'agit le plus souvent de films à petit budget, tournés en une semaine. Ils sont érotiques, et non pornographiques, et entrent en résonnance avec les phénomènes socio-culturel du Japon de l'époque. De grands cinéastes y ont fait leurs armes. Je ne connais pas d'exemple similaires dans l'histoire du cinéma mondial.

 

Sans être grand spécialiste, j'ai cru comprendre qu'il existe des romans-pornos burlesques, violents, mélodramatiques ou tragi-comiques.

 

Ici, la situation est d'une noirceur absolue. Le film montre les activités des prostituées d'Osaka, et suit en particulier l'une d'entre elle, qui s'occupe en plus d'un frère handicapé mental. Le film impose des scènes d'une violence psychologique insoutenable. La bestialité des hommes et leur tyrannie sur les femmes sont montrées avec une crudité que je n'ai jamais vu ailleurs. Le réalisateur n'hésite pas à filmer des scènes extrêmement dérangeantes comme une prostituée qui semble éprouver du plaisir durant un quasi viol, ou une fellation effectuée par l'héroïne à son propre frère. Devant ce spectacle on est comme hébété, tant les codes politiquement corrects de nos habitudes sont balayés. On se demande si le cinéaste est en train de dénoncer ce qu'il nous montre avec ostention, ou s'il joue complaisamment avec nos instincts de voyeur.

 

La mise en scène est abracadabrante, passant gaillardement du gros grain noir et blanc à la couleur sans crier gare. Bref, une expérience absolument hors du commun.

 

3e

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