Christoblog

Les chevaux de Dieu

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/95/65/92/20459750.jpgIl est assez amusant de comparer Les chevaux de Dieu au récent film de Philippe Faucon, La désintégration, qui traitait du même sujet : comment en vient-on à être un martyr de l'Islam dans un attentat suicide ?

Autant le film de Faucon était intellectuel, presque désincarné dans une France froide et austère, autant celui de Nabil Ayouch, tourné au Maroc, est chaleureux, sensuel et romanesque.

On suit tout d'abord l'enfance d'une bande de gamins : Yachine et son frère Hamid, Nabil, Fouad, et quelques autres. L'aspect presque documentaire du tournage dans un bidonville de Casablanca, les péripéties dramatiques de cette période rendent le film tout à fait plaisant.

La montée en puissance de l'islamisme radical est ensuite analysé d'une manière exhaustive et passionnante. On retrouve évidemment les causes habituelles (mais ici subtilement incarnée) : sentiment d'entraide, révolte de classe, utilisation du sentiment d'injustice, glissement progressif du sentiment religieux vers une haine de l'autre, promesse d'un paradis inaccessible, etc.. Beaucoup plus palpitantes encore sont les pistes ouvertes par le film vers des explications plus osées et plus liées aux personnages du film : compétition fraternelle, frustations sexuelles (homo et hétéro).

La mise en scène est de qualité, élégante et énergique, et on se demande bien comment ce film exemplaire n'a pas fait plus parlé de lui.  A voir en urgence.

 

3e

Commenter cet article

Bannish 17/04/2013 20:09

Je suis assez d'accord avec ta chronique bien qu'un peu moins enthousiaste. Le scénario de la fabrique du terrorisme est malheureusement devenu classique, et donc peu surprenant, même s'il est
toujours aussi édifiant.

L'originalité vient pourtant d'ailleurs comme tu le soulignes, avec les pistes ouvertes par exemple sur les problématiques de compétition familiale, ou d'orientation sexuelle. Pour le coup, l'
approche paraissait nouvelle et plutôt surprenante, mais reste finalement à l'état d'esquisse.

A vouloir trop embrasser, ce film mal étreint. Un peu comme un catalogue où l'on n'oublierait pas de mentionner chacun des facteurs sociaux, familiaux ou psycho pouvant conduire à l'élevage
organisé de futurs terroristes.

Cela contribue à mon avis à donner un aspect un peu "middle of the road" à ce film intéressant, mais pas bluffant.

Chris 18/04/2013 19:12



J'essaye toujours d'encourager les "petits films" qui me tapent dans l'oeil en les recommandant particulièrement....



Snova 11/03/2013 21:45

Un sujet très bien traité, un film bien joué, une caméra bien tenue (les plans aériens du bidonville sont parfaitement cadrés), quelques imperfections mais bon! Moi, c'est cela que j'aime le
cinéma.
A noter que le film a été tourné dans le bidonville d'où étaient issus les kamikazes et interprété par des habitants de celui-ci.
Bizarre, l'affiche présentée sur le site du film n'est pas la même que celle que l'on nous a présenté couramment!

pierreAfeu 03/03/2013 22:11

J'ai trouvé le film davantage glaçant que sensuel (mais je vois ce que tu veux dire). Un beau film en tout cas. J'ai quelques petites réserves, mais nous sommes d'accord.

Chris 07/03/2013 00:05



... alors c'est l'essentiel.