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Christoblog

Les bêtes du sud sauvage

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/22/18/20369026.jpgSuis-je donc le seul sur la planète cinéphile, de Sundance à Reykjavik, de Cannes à Deauville, à voir à quel point ce film est imparfait et même un peu roublard ?

 

On dirait.

 

Pourtant, il me semble évident que ceux qui s'extasient devant la petite Hushpuppy le font sur un mode qui n'a pas grand-chose à voir avec le cinéma, mais plus avec la réaction d'une pré-ado qui craque devant un petit chaton en lançant un perçant "il est trop mimiiii". Si la petite actrice au nom compliqué (Quvenzhané Wallis) est touchante, elle ne le doit en effet ni à ses talents d'actrice (de nombreux regards caméra, une expression monocorde), ni à celui de Benh Zeitlin, le réalisateur novice, qui semble parfois même la manipuler.

 

De toutes les façons, la perfomance de la petite fille de 6 ans occulte dans les commentaires les faiblesses criardes du film, à savoir le caractère répétitif des procédés employés, les tics très "auteur fauché" du genre caméra à l'épaule et image sale, la laideur de certaines scènes et les impasses narratives. Le film est en effet un véritable manuel en matière de "comment ne pas filmer ce que je ne sais pas montrer" : comment ne pas filmer un fantôme, comment ne pas filmer une tempête, comment ne pas filmer une digue qui cède, comment...

 

La fonte de la banquise donne naissance à des images particulièrement moches (les aurochs dans les glaçons font très Age de glace 5), mais par un curieux tour de passe-passe les critiques sont prompts à louer la laideur en y voyant avec bienveillance une bienvenue économie de moyens.

 

Quant au fond du film, il n'est qu'une sorte de verroterie new-age sans profondeur, dans laquelle on retrouve alignées des scènes sans grande signification, qui exploitent pêle-mêle les voix disparues, la célébration païenne de la nature, le dérèglement climatique, et la puissance vitale des animaux. Zeitlin cite dans ses références Werner Herzog et Terence Malick. Il lui reste un sacré chemin à parcourir.

 

Un cas d'école en matière de hype Sundance entretenue par l'internationale des critiques complaisants.

 

1e

Commenter cet article

Bannish 22/01/2013 22:16

J’entends ton irritation face à l’unanimité produite par ce film plein de bons sentiments, qui surfe très volontiers sur tous les poncifs du politiquement correct, coloré d’un petit côté new age un
peu old school. Les aspects symboliques sont un peu lourdingues, et l’esthétique elliptique rend sûrement le film plus intelligent qu’il n’est.

Ceci dit, le duo père/ fille fonctionne, il y a une «patte», quelque chose de frais, et on se laisse facilement prendre par cette petite fable socio-écologique.

Chris 24/01/2013 18:04



Oui, ma réaction est un peu plus dure qu'elle ne devrait à cause de la hype autour de ce film, c'est vrai.



Squizzz 20/12/2012 00:06

Je reste un fervent amateur d'un cinéma à l'esthétique marquée, ceci explique peut-être cela ;)

Chris 23/12/2012 15:16



Oui je pense que cela peut jouer si on entre entièrement dans le parti-pris esthétique, ce qui n'a pas été mon cas.



Squizzz 19/12/2012 00:22

J'avais déjà lu ta critique et préféré pas réagir, mais vu que tu me provoques ;)
Je peux comprendre certaines de tes critiques notamment sur le fond du film, histoire de sensibilité personnelle. Même sur l'interprétation de Quvenzhané Wallis qui peut effectivement donner cette
impression pour peu qu'on ne rentre pas dans l'histoire.
Par contre j'ai plus de mal avec tes critiques sur une réalisation de fauché. Effectivement les moyens ne sont pas énormes mais je trouve que cela ne transparaît pas tant que ça à l'écran. La
qualité d'une image n'est pas en rapport avec le budget d'un film, et le choix d'une image "sale" est juste un choix artistique cohérent avec l'atmosphère recherchée. Et puis faut-il qu'un film ait
un gros budget et que ça se voit à l'écran pour qu'il soit bon ? Le récent "The Impossible" démontre le contraire, les moyens sont là, visibles, tout est montré, mais le film n'a pas d'âme. Zeitlin
ne montre effectivement pas ce qu'il n'a pas les moyens de montrer, mais qu'importe car l'essence de son film et de son histoire ne se serait de toute façon pas située là.

Chris 19/12/2012 19:59



Comprenons nous bien, je ne reproche pas au film d'ETRE fauché, je lui reproche de chercher à le PARAITRE. En effet, je pense comme toi que le gros grain, la caméra à l'épaule, les ellipses
narratives osées, les trucages consistants à déguiser des cochons en aurochs, sont au moins autant des parti-pris que des obligations. C'est d'ailleurs un peu cela qui m'énerve dans le film, les
tics "arty" très Sundance. Un exemple évident : pourquoi le bateau de fortune des rescapés est-il hérissé de pieux inutiles - mais très esthétiques ? Autrement dit, je pense que le film aurait
gagné à être un peu moins tape à l'oeil, y compris dans son look arte povera.



Bob Morane 17/12/2012 23:41

Je n'ai pas aimé non plus. Le ton pleurnichard, cet espèce de condescence... et la petiote qui tape vite sur les nerfs

ffred 16/12/2012 23:06

Pas faux, pardon !