Christoblog

La Vénus à la fourrure

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/442/21044235_20130926103625588.jpgLors du dernier festival de Cannes, la dernière journée était consacrée à la projection de deux films agréables, dernières productions de réalisateurs confirmés : La Vénus à la fourrure de Polanski et le très beau Only lovers left alive de Jim Jarmush. Alors que beaucoup de festivaliers étaient déjà partis, c'était amusant - et touchant - de voir que les grands réalisateurs restent capables de grandes choses.

La Vénus à la fourrure se situe exactement dans la suite de Carnage. Il s'agit toujours peu ou prou de théâtre filmé, ici dans une version encore plus minimaliste que dans le film précédent : deux acteurs seulement, Emmanuelle Seigner, compagne du cinéaste - qui trouve ici son meilleur rôle, et l'inénarrable Mathieu Amalric.

Ce dernier joue un metteur en scène un peu imbu de lui-même, qui reçoit une dernière candidate un jour d'audition. Vanda, qui arrive en retard, s'évère être d'une vulgarité (et d'une bêtise ?) extrême ... jusqu'à ce qu'elle joue sur scène.

S'en suit un jeu de chat et de souris dans lequel on peut suivant les goûts discerner une image des conflits féminin/masculin, acteur/metteur en scène, homme/dieux, etc... Une multiplicité d'interprétation possible donc, servie par une interprétation hors norme d'un acteur et d'une actrice au sommet de leur forme.

Le film se croque comme une friandise admirablement dialoguée, dont on ne sait jamais exactement vers quoi elle va nous entraîner, ce qui en constitue le sel, évidemment.

A voir, ne serait-ce que pour la métamorphose progressive et époustouflante d'Emmanuelle Seigner.

Polanski sur Christoblog : Carnage / The ghost writer

 

3e

Commenter cet article

Claude 14/03/2014 23:03

Je n´irai pas dire comme certains faux amis à lui: "Laissez le tranquille, c´est un grand artiste". Grand ou pas, la loi c´est la loi pour lui comme pour tous. Mais justement, parce que c´est la loi, un juge n´a pas le droit de se torcher avec (le juge en question a été dessaisi du cas une fois Polanski parti des US, et pas par hasard)

J´ai lu son autobiographie peu après la sortie de TESS. C´est un excellent bouquin où il se décrit sans complaisance. Il s´explique sur son histoire avec la mineure aux US, le juge, etc. Feeling: Il dit vrai.

Il y a 2 ou 3 ans je visite la famille aux US et je tombe sur un documentaire POLANSKI WANTED AND DESIRED, sorti en 2008 je crois. Je vois et j´entends médusé le procureur déclarer devant la caméra:

"Polanski n´avait pas à aller en taule. J´avais demandé qu´on lui donne un an avec sursis. Le juge n´arrêtait pas de jouer les vedettes avec les journalistes et de leur promettre que le franco-polonais lubrique allait en baver. Déjà une fois il l´a fait passer 45 jours en observation dans un asile-prison bourré de psychopathes. Il pointait l´oreille comme quoi il allait y envoyer Polanski "en observation" encore.

L´avocat du directeur est venu m´informer que le juge lui avait dit en privé qu´il ne renverrait Polanski chez les fous, et demander mon opinion: "Pouvons nous croire ce juge?"

Ma réponse: "Je ne comprends pas que vous l´ayiez cru la première fois".

"Que me conseillez vous, alors?".

"Votre client est en danger"

Polanski a pris l´avion pour l´Europe le lendemain. Sur conseil donc du procureur chargé de lui coller le maximum (c´est leur job) pour échapper à un juge délirant.

dasola 21/11/2013 15:36

Rebonjour, c'est nettement mieux que Carnage qui est une pièce vraiment pas terrible. Pour la Vénus, j'ai pris un grand plaisir de spectatrice et Emmanuelle Seigner est divine avec son façon de
parler très gouailleuse. Bonne après-midi.

ffred 19/11/2013 10:39

Je m’attendais ua pire et c'est le meilleur qui en sort, un Polanski grand cru oui !

Chris 20/11/2013 23:42



Avec une Emmanuelle Seignier explosive !



monsieur prudhomme 17/11/2013 18:16

Je l'ai vu aujourd'hui et j'ai trouvé ce film qui repose beaucoup sur le contraste entre l'apparence d'un personnage et sa véritable personnalité, assez raté. Ce ressort comique est usé jusqu'à la
corde et malheureusement Polanski n'a pas de recette de jouvence pour nous faire oublier la grosse ficelle. C'est invraisemblable, verbeux et finalement "genre" assez ridicule.