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La fille de nulle part

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/95/58/39/20458649.jpgFilm étonnant, porteur de beaucoup de promesses, puis s'écrasant sur la conscience du cinéphile comme une crotte d'oiseau sur un pare-brise de voiture, le dernier film du sulfureux Jean-Claude Brisseau est un épiphénomène critique classique. On s'extasie devant ce qui est original, parce que c'est original. Du coup le film a obtenu le Léopard d'or à Locarno.

 

La fille de nulle part a été tourné avec un budget dérisoire et les anecdotes de tournage ne manquent pas. Vous savez, celles qui font style fauché mais doué, du genre : "Le film a été tourné dans l'appartement de Brisseau" ou "Les travellings étaient réalisés avec une poussette". 

 

Le fait est que les limites techniques du film sont évidentes : prises de son catastrophiques à l'extérieur, effets surnaturels un peu bricolés. Mais le pire est sans nul doute le jeu de Brisseau en tant qu'acteur, qui est véritablement terrible : il récite son texte comme un élève de 5ème en apprentissage. Au début du film, on imagine que cela fait partie d'un dispositif qui viserait à inventer une sorte de croisement entre les dialogues de Mouret et le style Ruiz, mais cela s'estompe rapidement pour devenir simplement énervant. 

 

Quant au fond du film, il intrigue au début : une jeune fille SDF entre dans la vie d'un professeur de maths veuf à la retraite, qui est en train décrire un livre sur les croyances. L'arrivée de la jeune fille s'accompagne de phénomènes surnaturels que le vieil homme refuse de considérer comme tels. Malheureusement, les élucubrations métaphysiques de Brisseau révèlent petit à petit leur inconsistance, et le scénario part progressivement en quenouille pour échouer lamentablement dans les pires poncifs.

 

Bien essayé, mais raté.

 

2e

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Jules 10/02/2013 11:59

Un OVNI sublime. Voilà ce que c'est ce film.
Alors oui,c'est vrai que la fin déçoit un peu (quoique, elle annonce une sorte d'éternel retour du spectral et ça me paraît une prophétie assez juste...)
Bref, j'ai adoré, j'ai trouvé ça excessivement touchant, ce semi huis-clos inquiétant dans cet appartement plein de culture. Les regards en champ/contrechamp. C'était intense comme moment
cinématographique.

Chris 11/02/2013 14:03



C'est par moment intense je suis d'accord, mais c'est le projet d'ensemble qui me parait peu convaincant, plus quelques maladresses.