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Ici et là-bas

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/27/52/20104061.jpgIl arrive qu'on sorte d'une salle de cinéma en pensant simplement : "Quel beau film".

 

Cela n'est pas si fréquent, les films étant souvent ratés, impressionnants, amusants, affreux, hilarants, légers, intenses, surprenants... mais rarement simplement beaux.

 

C'est pourtant bien l'adjectif qui vient à l'esprit après la projection du premier film d'Antonio Méndez Esparza, tourné au Mexique.

 

De quoi s'agit-il ? D'un musicien mexicain qui a été contraint de s'expatrier aux USA, et qui revient dans sa famille. Il retrouve sa femme, qui est enceinte et va accoucher, et ses deux filles, qui ne l'ont pas vu depuis longtemps. Il cherche du travail, monte un groupe de musique, et cherche simplement à vivre une vie douce et heureuse.

 

Le film n'est pas plus qu'une tentative de filmer le bonheur, mais il l'est intégralement. Le jeu des acteurs et actrices respire la sincérité et la sensibilité. La mise en scène est superbe, à base de plans assez larges et souvent fixes. L'acuité, la douceur, la tendre exigence du regard que le réalisateur pose sur son histoire et ses personnages rendent le film unique.

 

Si parfois on pourra trouver Aqui et alla un peu lent, c'est parce qu'il prend son temps pour décrire les sentiments des uns et des autres. Les moments de joie ou de tension sont captés par une caméra hyper-sensible, et donnent des moments d'intense beauté, comme ce long plan-séquence durant lequel Pedro joue de la guitare, où un de ces derniers plans où l'on voit les deux jeunes soeurs converser à propos du départ de leur père.

 

Au final, Ici et là-bas est un film à conseiller à tous ceux qui aiment un cinéma calme et attentif. Le jury de la Semaine de la Critique 2012, présidé par Bertrand Bonello, ne s'y est pas trompé, en lui discernant son Grand Prix.

 

3e

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