Christoblog

Festival des 3 continents 2010 #2

C'est parti : après les traditionnels (et longs) discours des officiels, le 32ème festival des 3 continents est ouvert.

Les quelques mots de Pedro Gonzales Rubio racontant comment son grand-père l'a emmené sur les lieux de tournage d'un de ses films (présenté à Venise) après de longues hésitations ("there were only graves there") est particulièrement touchant.

Alamar (Pedro Gonzales Rubio / sortie en France le 1er décembre 2010)

MK2 DiffusionAlamar est le type de film chéri des festivals (Toronto, Rotterdam, Miami, Toulouse, Berlin, La Rochelle, San Francisco, Buenos Aires ...).

A mi-chemin du documentaire et de la fiction minimaliste, il nous présente comment un enfant issu d'une union mixte (sa mère est italienne, son père mexicain) va vivre le temps des vacances avec son père et son grand-père, entre hommes, isolés sur une des plus grande barrière de corail du monde, dans le Golfe du Mexique.

Dans ce genre de film, comme il ne se passe quasiment rien (pêche, lecture, lutte, dessin, hamac, crocodile, héron, rencontre parcimonieuse d'autres humains, nettoyage des bateaux,  pluie), l'intérêt ne peut être maintenu que par un art évolué de la mise en scène et de la direction d'acteur, et encore plus du montage.

Comme chez le Kiarostami des débuts.
 
Et Alamar, de ce point de vue là, fonctionne très bien et justifie sa moisson de prix festivalière.

Le film possède une saveur particulière que le spectateur gardera longtemps en tête, saveur composée de noblesse des corps et des âmes, de pieds qui ressemblent à des mains, de simplicité retrouvée, de nature bigger than live. Le père et le fils, à la vie comme à l'écran, sont superbes de naturel et de complicité respectueuse. Les rapports humains semblent dans le film mis à nu, désossés, débarrassé de toute graisse superflue (comme les corps). La caméra, très proche des acteurs, scrute avec une rare perspicacité la découverte mutuelle d'un fils et de son père.

Une belle découverte en ouverture, quelques jours avant sa sortie en salle, que je vous conseille si vous voulez laisser errer votre esprit entre eau et ciel, à l'affut d'une intelligence à la fois sensuelle et maitrisée.

Très belle vidéo (interview du réalisateur et extrait du film) ici : Arte, vous y apprendrez la vraie histoire de Blanquita !

2e

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